Chapitre 6 : Danger de mort
C’est ainsi que nos amis les journalistes du News news continuèrent leur route, dans la colère et la mauvaise humeur. Everlasting était toujours au volant. Couloume était toujours dans le coffre.
- Ca y est, l’heure est écoulée, je vous pardonne ! s’écria Everlasting avec joie.
- Aaaaah ! s’exclamèrent les sept journalistes.
Les conversations reprirent alors, Claire, Emma et Cyrielle parlèrent cuisine ( « On fait toujours du pain perdu, mais pour innover, j’ai fait de l’oignon perdu. D’ailleurs il faut les faire revenir après… », dit Cyrielle), Jopfleger fit la morale à Couloume ( « La jalousie est un bien mauvais défaut, alors si tu es attirée par Cyrielle, n’hésite pas à le lui dire ! », fit Jopfleger) et Ocelot et Poseidon parlèrent voiture ( « Je suis tenté d’acheter une diligence, comme au bon vieux temps », dit Poseidon).
Puis… cela se passa en une seconde…
- BOUCHEZ-VOUS LES OREILLES ! hurla Everlasting.
BANG ! POUM ! CRIIIIIIIIII, PAM !
Trois voitures avaient rencontré la voiture de nos amis. Tous étaient en état de choc.
- Il faudra que nous parlions de l’insécurité sur les routes dans le prochain journal, commenta Poseidon.
- Oh, mon Dieu ! s’exclama Claire. Benoît ! Benoît ! Répond-nous !
Les filles étaient en larme. Everlasting était en état de mort.
- Il n’avait bu de l’alcool au resto ? demanda Couloume.
Poseidon ne répondit pas.
- Tu me fais penser que j’ai oublié de commander des boissons, dit enfin Poseidon.
Everlasting était toujours inconscient.
- Everlasting était un homme bien, dit Jopfleger. Tant par sa générosité et sa gentillesse que par son goût de l’aventure et sa sagesse. Nul ne pourrait le remplacer. Le remplacer dans notre journal serait une insulte à sa mémoire. Alors…
- Mais attends, Jopfleger, s’écria Poseidon. Tu sais pas t’y prendre, voilà tout. Deux-trois baffes, et le revoilà sur pied.
Poseidon s’agenouilla, leva sa main, puis… BAF BAF PAF !
- Stop, stop, tu vas lui faire mal ! s’écria Emma.
- C’est possible, mais… ça a son efficacité, vous allez voir.
Dix minutes plus tard, rien ne s’était passé.
- Bon, on att…, commença Ocelot.
- C’est un remède à retardement, c’est normal, répondit Poseidon, d’un ton pas très convaincant. Mais… d’ailleurs… Regardez, le voilà qui bouge ses oreilles.
En effet, les oreilles d’Everlasting bougeaient bizarrement, telles des ailes d’oiseau en pleine action.
- Regardez, il ouvre sa bouche…, dit Poseidon. C’est le début de l’effet du remède. Il élève ses sourcils… il fronce son nez… Et il ouvre les yeux ! Alors, Everlasting, tu nous as fait une belle frayeur !
- Je…, dit Everlasting. Je crois que j’ai fait un horrible cauchemar, et ça m’a réveillé.
- Ah oui ? dit Couloume, intéressé. C’était quoi, ton cauchemar ?
- J’étais dans un hôtel, commença Everlasting. En train de manger une entrecôte. Une voiture est passée à travers le mur en cassant tout. Et c’était Mickaël Miceldars le chauffeur. Il lança un avion miniature par sa fenêtre. Son avion explosa, ce qui fit de la fumée, et quand la fumée s’est dissipée, Valentine Waenmacariel apparut. Elle disait : « Harry Potter l’elfe est avec Barbie, et Barbie est devenue une sorcière ». Alors, moi, j’ai pris ma lampe de poche et ma poupée Barbie, j’ai lancé le BarbieSignal vers le plafond, et au lieu de Barbie, une énorme mousse au chocolat m’est tombée dessus et je me suis noyé. Alors, à ce moment-là, je me suis réveillé.
- Etonnant, tout ce qui peut arriver dans ta tête, Benoît, fit remarquer Jopfleger.
- Je suis très sensible à tout ce qui m’arrive, dit Everlasting, en défense.
- On voit ça, mon pauvre Ben, dit Claire.
- Viens, je vais te faire un bon chocolat chaud, dit Emma.
- NON ! s’écria Everlasting. Je veux dire… non, je veux plus de chocolat. Je suis trop bouleversé par ce rêve…
- En tout cas, Guillaume, dit Couloume, ton remède n’est pas si efficace que ça !
- Ben, heu… ouais, mais…, balbutia Poseidon. N’empêche qu’il est vivant !
- Et nous, on fait quoi alors ? dit une voix inconnue.
Les journalistes se retournèrent et virent une petite dizaine de personnes.
- Bon, alors, on fait le constat ? demanda une personne. Les pompiers et la police sont arrivés.
- D’accord, dit Everlasting.
On lui donna le papier, puis Everlasting prit un stylo et compléta la feuille.
- « Raison de l’accident » Euh… « Trois voitures m’ont tamponnées. Elles roulaient à contre-sens. D’ailleurs, depuis que je suis entré sur l’autoroute, toutes les voitures roulaient à contre-sens. C’est à croire que nous sommes en Angleterre. »
- Benoît…, dit Cyrielle.
- Attends, je cherche des trucs à mettre ! s’écria Everlasting.
- Benoît…, répéta Cyrielle.
- Tu veux pas me lâcher, oui ? demanda Everlasting.
- Benoît, nous sommes en Angleterre ! dit Cyrielle.
- En Angleterre… contre-sens…, dit Everlasting. Rouler à gauche… Oh la gaffe ! Oh la gaffe, c’est pas vrai, j’avais oublié !
- Ca, pour une gaffe, c’est une gaffe, dit Poseidon.
- Bon, euh, on va demander une voiture à la police, dit Jopfleger, on leur dira que nous sommes des journalistes en expédition pour un reportage et tout ira pour le mieux.
- O.K., Jo, approuva Ocelot. Dis tout ça en anglais, maintenant.
- Oh, ce sera facile, dit Jopfleger.
Et il partit voir le chef de troupe de la police. Puis il revint, avec un petit sourire.
- Il nous donne leur voiture, dit-il.
- Leur voiture ? répéta Claire. Celle qu’ils ont maintenant ?
- Ouais, répondit Jopfleger. Hé bien, allons-y sans plus tarder. Je vais conduire à ta place, Benoît, tu as besoin de repos.
Les journalistes s’installèrent dans la voiture de police, Jopfleger installa l’objet permettant de faire sonner l’alarme, et nos amis partirent vers le Manoir des Baskerville.