Chapitre 12 : Pris sur le fait
Everlasting conduisait, Poseidon était sur les genoux de Jopfleger, à la place à côté du conducteur, tandis que Couloume portait Ocelot et Cyrielle portait Claire à l’arrière.
- Guillaume, tu t’es jamais dit qu’il faudrait changer la voiture de service ? demanda Cyrielle.
- La Smart ? Mais non…, répondit Poseidon. Elle est parfaite ! Nous sommes bien installés, c’est confortable, c’est…
- Hem hem ! toussota Jopfleger.
Poseidon aurait juré que Jopfleger avait fait ça en faisant semblant…
- Oui, c’est vrai, il faudrait penser à la changer, Cyrielle, dit finalement Poseidon. Que pensez-vous d’une Twingo ? Ou d’une Clio ?
- Oh, non, prenons une grande et belle voiture ! s’écria Claire.
- Mais elles sont très belles, ces voitures ! s’indigna Poseidon.
- Prenons plutôt un Monospace ! dit Claire.
- Un Monospace…, dit Poseidon. Hum… le budget risque d’y passer… A moins que l’on vende la Smart 5.000 euros… on achète un monospace à 25.000 euros… Ca nous ferait la voiture à 20.00 euros… pourquoi pas ? On met chacun un peu moins de 3.000 euros pour notre journal et c’est parfait !
- Oh, mais non ! dit soudainement Jopfleger. C’est le journal qui va payer, c’est pas nous !
- Oui bien sûr, c’est ce que je voulais dire, Jopfleger ! répondit Poseidon avec un faux rire. Nous l’achèterons sitôt rentré chez nous.
- Au fait, je vais où, là ? dit Everlasting. Je me suis engagé sur l’autoroute menant à Londres, mais je ne sais pas…
- Nous n’allons pas rentré tout de suite, dit Poseidon.
- Alors on achète le Monospace maintenant ! s’écria Cyrielle.
- Pas question ! répondit fermement Poseidon.
- La mamzelle a dit « maintenant » ! cria Jopfleger.
- C’est pourquoi Everlasting va sortir de l’autoroute le plus tôt possible et nous nous arrêterons chez Renault, dit simplement Poseidon.
Nos journalistes continuèrent alors leur route, Poseidon étant sous contrôle.
- Là, je m’engage dans la route menant à Bristol, d’accord ? dit Everlasting.
- Oui, oui, et si tu vois un magasin Renault, vas-y ! ajouta Poseidon.
La circulation était intense. Des voitures de partout. Mais la Smart avait un avantage : elle était assez petite pour que Everlasting se faufile entre les deux files de voitures. Il profitait donc de ce privilège, ignorant les voitures le klaxonnant.
- Bon, je vois aucun magasin Renault, c’est normal ? demanda Everlasting.
- Euh… arrête-toi là-bas et demande à ce policier ! dit Poseidon.
Everlasting fit ce que Poseidon lui avait dit et s’arrêta devant un policier.
- Excuse me, Mr the policeman, commença Everlasting. What’s your name?
- My name’s Mathieu Mrvengeurmasque, répondit le policier.
- O.K., thanks, bye ! répondit Everlasting.
- Mais qu’est-ce que tu dis ? demanda Jopfleger. C’est pas ça que tu devais lui demander !
- C’est que je sais dire seulement ça en anglais ! répondit Everlasting. A moins que… Ah, oui, je me rappelle de quelques phrases, comme… D’you know a shop Renault ? ajouta-t-il à l’adresse du policier.
- You’re going the wrong way down the street, répondit le policier.
- What ? demanda Everlasting. I asked to you where is the nearest shop Renault !
- As for me, I said to you, you’re going the wrong way down the street ! répéta le policier.
Everlasting se retourna et demanda à Jopfleger :
- Hep, Joseph, tu sais ce que ça veut dire « you’re going the wrong way down the street » ?
- Attends, je regarde dans mon dico d’anglais, parce que moi, mon fort, c’est plutôt l’allemand, l’espagnol, l’italien, le grec ancien et nouveau, le truc, le russe, le chinois, le japonais, le créole, le portugais, le néerlandais, le latin, le…
- Oui, bon, tu cherches ce que ça veut dire ou pas ? s’écria Everlasting.
Pour la première fois de sa vie, Jopfleger s’était fait remballé. Il prit alors son dictionnaire de poche d’anglais et chercha ce que ça veut dire.
- Alors, « you », ça veut dire « tu » ! dit Jopfleger.
- Non mais ça on sait ce que ça veut dire ! s’impatienta Everlasting. Cherche plutôt « the wrong way down the street » !
- Ah ? Euh…
Jopfleger tourna les pages de son dictionnaire et dit enfin :
- Alors la phrase entière du policier serait « vous roulez à contresens » !
- Ah…, répondit Everlasting. Euh… So we’re going to France to stop seeing you ! ajouta-t-il à l’adresse du policier. Oh qu’est-ce que j’ai dit !
La Smart fila en vitesse tandis que le policier les sifflait. Puis on le vit téléphoner. Trente secondes plus tard, trois… non quatre sirènes de police se faisaient entendre !
UIIII UUUUN UIIII UUUUUUN
Les quatre voitures de police poursuivaient nos amis.
- Fonce, Benoît ! s’écria Claire.
Tandis que Couloume et Ocelot chantaient :
- Chauffeuuuur si t’es champioooon ! Appuie sur le champignoon !
C’était comme si Everlasting avait obéi à la chanson de Couloume et d’Ocelot. Il roulait très vite. Toujours à contresens, mais personne ne s’en préoccupait, vu l’agitation qui régnait dans la rue.
- UNE IMPASSE ! hurla Everlasting.
- Pas grave, on devait justement changer de voiture ! remarqua Couloume.
- Oui, mais… et les 5.000 euros qui devaient aider à l’achat de la nouvelle voiture… ? dit Poseidon.
- On s’en fout ! dit Jopfleger. Allez, saute de la voiture !
Nos amis sortirent de la Smart et l’abandonnèrent pour sauter par-dessus le mur qui faisait obstacle à leur chemin.
- Oh, pourquoi n’est-on pas resté chez les Baskerville ? demanda Poseidon, en larmes.
- Arrête, c’est cool, on s’amuse trop ! dit Ocelot. Quelle aventure ! Voilà qui fera un très bon article sur la présence de la police en Angleterre !
- Un peu trop, oui, umpf…, dit Jopfleger.
Les journalistes arrivèrent derrière le mur et y virent…
- Un magasin Renault ! s’exclama l’assemblée.
En effet, en face d’une route, un magasin Renault brillait de mille feux. L’enseigne, « Renault », était rouge, clignotait, et était entouré de flèches rose bonbon, clignotante, de trois mètres de longueurs et un mètre de largeur.
La joie de nos journalistes était sans compter la présence des policiers en face d’eux.
- Hello, dit l’un deux. We’ll go to police station.
- To PlaySation ? dit Couloume. Yeah, suivons-les !
- Nous-allons-au-commissariat-Couloume, répondit rapidement Ocelot.
- Tiens, tu sais, parler anglais, toi ? demanda Jopfleger.
- Oui, répondit-il. Je… Il n’y a que pour les maths que je sais pas beaucoup de choses…
Les policiers les emmenèrent dans leurs voitures. Poseidon était avec Ocelot et Everlasting, Cyrielle était avec Claire, et Jopfleger était avec Couloume ( « Bien entendu, il fallait que ça tombe sur moi… », dit Jopfleger).
C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent au commissariat.