Chapitre 3
La maison était plongée dans l’obscurité la plus totale, le silence était si pesant que les pas du chat sur le toit se faisaient très distinctement entendre.
Zack et sa mère dormaient tandis que Koran s’était installé dans le fauteuil du salon, une liqueur d’Ogre à la main. Un des nombreux lampadaires qui éclairaient la rue devant la maison éclairait aussi le salon, ce qui permettait sûrement à Koran de ne pas s’endormir.
Cela faisait bientôt trois longues heures qu’il patientait, installé dans un des deux fauteuils du salon, qui au vu de l’état des accoudoirs était sans nul doute assez vieux.
Il ne devait pas s’endormir, il attendait sa venue, il savait qu’il ne tarderait pas à faire son apparition.
Puis, comme s’ il possédait des dons de voyance, « il » était là, devant lui, assit dans le fauteuil qui lui faisait face.
En un bruit sourd, son apparition avait chamboulé tout le salon, le buffet et les deux armoires avaient bougés de quelques centimètres et Koran se vit reculer d’environ deux mètres tout en étant encore bien assit dans son fauteuil.
Koran ne fut pas surprit par ce petit séisme qu’ « il » avait provoqué à son arrivé, il savait parfaitement ce qu’une téléportation produisait.
Cependant, il voulut s’assurer que la personne qui venait d’arriver était bien celle qu’il attendait depuis près de trois heures, il essaya d’entrevoir le visage de cette personne qui venait de faire son entrée malgré l’épais nuage de poussière qu’avait soulevé le déplacement des meubles.
Au bout d’un moment, Koran vit une main traverser ce nuage de poussière, puis, vit cette même main s’agiter pour balayer ce qui le séparait de son ami.
- Je te salue Koran. Lança t’il d’une voix posée. Comment va mon cher ami ?
- Depuis que j’ai appris ta venue, je vais mieux, je ne te cache pas que la journée fut mauvaise.
- Et comment va ta femme ?
Koran se leva, puis alla chercher un deuxième verre pour son invité.
- Eva est resté enfermée dans notre chambre toute l’après-midi. A chaque fois que je m’approchais de la porte, je l’entendais pleurer, se demandant ce que le futur, ou plutôt le destin, lui réservait.
J’ai préféré la laisser seule…
Alors qu’il remplissait les deux verres de liqueur d’Ogre, un des verres se brisa entre ses doigts.
- Allons Koran, lui lança son invité, essais de te ressaisir, je suis là maintenant, je suis venu comme je te l’avais promis il y a de ça onze ans. Je veillerais sur lui, tu peux compter sur moi !
Au fait, comment va-t-il ?
- Pour tout te dire, nous ne lui avons encore rien…
Koran n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un cri perçant jaillit d’une des chambres du premier étage.