Chapitre 2
Son regard se posa tout d’abord sur son fils, puis sur sa femme qui venaient tous deux de franchir le seuil de la cuisine, il brisa le sceau et regarda une dernière fois son fils avant d’ouvrir l’enveloppe, ce regard, Zack ne l’avait jamais ressentit auparavant, son père avait l’air abattu comme si cette lettre allait encore une fois annoncer le départ d’un proche ou d’un ami.
Après avoir prit connaissance de la lettre, il laissa tomber sa tête en avant en signe de dépit et il du se tenir contre la table pour ne pas tomber.
Il se redressa puis demanda à son fils :
- Zack, tu peux nous laisser un moment s’il te plait. Ta mère et moi devons parler.
Il lança à ses parents un regard d’incompréhension. De quoi devaient ils parler ? Et pourquoi me demander si subitement de les laisser seuls si c’est pour m’annoncer après qu’un membre de la famille nous avait quitté ?
Autant qu’ils me le disent maintenant…
Mais pour ne pas créer de problèmes, Zack acquiesca d’un signe de tête et monta dans sa chambre.
Koran regarda sa femme et après s’être assuré que son fils avait bien quitté les lieux, il lui lança :
- C’est pour demain Eva !
Un long silence s’ensuivit, c’était au tour de sa femme de commencer à perdre l’équilibre et à trembler de tout son corps. Ces signes montraient qu’Eva savait exactement de quoi parlait son mari.
Jamais elle n’avait autant voulu se réveiller d’un de ces rêves qu’il lui arrivait de faire. Mais il fallait qu’elle se rende à l’évidence, jamais elle ne le pourrait, ceci était bien réel.
Koran qui s’était assit, regarda sa femme et vit une larme se former au coin de son œil.
A ce moment-là, il lui conseilla d’allait se reposer en attendant le moment fatidique où il faudrait tout expliquer à leur fils.
Eva lui fit un signe de tête pour donner raison à son mari. Elle repoussa soigneusement la chaise sous la table de la cuisine puis passa devant son mari ; elle aurait tellement voulu qu’il la prenne dans ses bras pour soulager cette peine mais il en fit rien.
- Reposes toi bien Eva ! Lui conseilla son mari.
Eva qui était maintenant arrivée dans le couloir, s’arrêta net, se retourna et fit quelques pas en sa direction.
- Comment voudrais tu que j’y arrives ? ! Lui répondit sa femme avec colère. Il y’a peu de chances qu’il s’en sorte vivant et tu veux que j’essais de faire comme si de rien n’était !
- Comment peux tu penser une chose pareil Eva ? Lui rétorqua Koran.
- Tu sais très bien que nous n’avons aucun moyen de le sauver, tu le sais tout aussi bien que moi !
Koran regarda sa femme pleurer puis s’avança vers elle, la prit dans ses bras et lui dit calmement :
- Nous le pouvons chérie, du moins l’Elfe de nuit le peut lui
Eva recula pour se libérer des bras de son mari, son visage ne montrait rien d’autre que de l’étonnement.
- Mais…mais cela fait onze ans que nous n’avons plus de nouvelles de lui, je ne savais pas que tu avais gardé contact avec lui…
- Je n’ai pas gardé contact avec Zilff !
- Qu’est ce qui te fait penser qu’il voudra bien nous aider alors ?
Koran fit un demi-tour sur lui-même, prit la lettre qu’il avait posé sur la table puis la tendit à sa femme.
- Cette lettre provient de la Comté de Birf Eva, la Comté où se cache Zilff !