Chapitre 6
Cela faisait au moins une heure que le soleil s’était levé, le ciel sans nuage et les chants des oiseaux annonçaient une journée radieuse. L’air frais du matin se faufilait par la fenêtre que Koran avait entre ouverte et se propageait dans toute la cuisine, ce qui fit frissonner Zack.
Zilff, encore debout, adossé contre le mur qui faisait à Eva, se servit un verre de lait puis répondit à Zack :
- Je vais répondre à toutes tes questions Zack, mais avant ça, je dois t’expliquer certaines choses. Et vu le temps qu’il nous reste avant que nous prenions la route, le mieux serait que tu ne m’interromps pas.
Zack regarda ses parents d’un air incompréhensif puis se tourna vers Zilff, puis fini par acquiescer.
D’un geste lent et hésitant, Zilff prit une chaise, s’assit, puis prit place autour de la table. D’après son air pensif et désabusé, Zack en conclu qu’il aurait préféré lui expliquer le pourquoi du comment un autre jour, le plus tard possible sûrement ou peut être jamais.
Zilff ôta son chapeau aux allures de sombreros, s’avança un peu plus de la table, prit une grande inspiration puis commença son monologue :
- Il y’a dix-huit ans de ça, je n’étais encore qu’un Elfe --- tout Elfe devient Elfe de nuit quand celui-ci perd la vie, puis ressuscite moins de douze heures après --- un certain évènement, que je te ferais part plus tard, m’a permis de croiser la route de tes parents.
Zilff s’arrêta de parler un bref instant quand il vit que Zack s’apprêtait certainement à lui poser une question, puis, reprit aussitôt son récit :
- Ce jour là, alors que tes parents et moi conversions, trois énormes créatures ont surgit de nulle part.
Pris de court, nous n’avons pas eu le temps de nous préparer lorsqu’ils ont engagé la bataille. Une de ces créatures toutes velues projeta ta mère en arrière sans qu’elle ne pu riposter.
A ce même moment, je pris une flèche de mon carquois, brandis mon arc et tua d’un coup net une des créatures. La flèche avait atteint la nuque.
Ni une ni deux, ton père vengea ta mère en assenant un coup de son épée dans l’abdomen de la seconde créature. Malgré l’épaule droite démise, le coup porté fût assez puissant pour l’anéantir.
Zilff marqua une courte pause et vit deux gros yeux le fixer, Zack l’écoutait très attentivement.
- Après ce coup fatal, ton père alla secourir ta mère, touchée aux côtes. Je me retrouvai donc seul devant la troisième et dernière créature.
Sans m’attarder, je chargea mon arc, tira et toucha la créature à la jambe, ce qui apparemment ne lui fit aucun effet. Décidé à l’avoir en pleine tête, je positionna à nouveau une de mes flèches sur l’arc, le brandit, mais, surpris par un cri poussé par ta mère, la flèche alla se loger dans un bosquet à proximité.
Sans avoir eu le temps d’armer mon arc une troisième fois, la créature fonça sur moi et me porta un coup dans la jambe droite.
A défaut de rester debout, je m’agenouillai, puis, dans un mouvement qui fit s’élever quelques feuilles mortes, il m’assena un coup de hache à la nuque.
Il venait de me porte le coup fatal.
La bouche à moitié ouverte, ses mains jointent soutenant sa tête qui s’était apparemment alourdie tout au long du récit de Zilff, Zack fixait l’Elfe avec un regard si intense, que Zilff aurait parié qu’il l’avait hypnotisé.
Voyant l’attention que lui portait Zack, et ses parents, il décida de continuer sans plus attendre.
- Je disais donc que la dernière créature encore présente sur le champ de bataille, venait de me trancher la tête, pour me laisser mort, gisant dans les hautes herbes de la colline.
Il fut si heureux de son duel gagné, qu’il avait levé la tête vers le ciel et avait humé l’air, pensant peut être qu’une récompense lui tomberait des airs.
Sa fierté allait le tuer.
Ton père qui était resté jusqu’à présent auprès de ta mère, se leva et affronta mon meurtrier.
Dans un bruit assourdissant, auquel le début de l’orage prenait part, une pluie d’étincelles jaillit, dû à l’entrechoquement des deux armes.
Ni ton père, ni son rival n’avait l’ascendant sur l’autre. Les coups qui au début étaient vifs et rapides, devenaient plus lents et bien plus puissants aussi. Ce qui tourna au désavantage de ton père, vu la force Herculéenne de son assaillant.
Dans un fracas de métal et de cris, ton père tomba à plat ventre sous la vivacité et la force de la créature.
Prêt à anéantir ton père, elle fût projetée en arrière par une force inconnue.
Reprenant ses esprits, ton père se releva non sans difficulté, puis se tourna vers la créature et la vit immobile en bas de la colline.
Mais lorsque ton père se retourna pour revenir auprès de ta mère, il vit son assaillant se relever et remonter la colline à toute allure. A peine eu t-il le temps de dégainer son épée que ce dernier fût foudroyé en un instant.
La dernière créature venait de succomber.
Alors que ton père releva la tête pour scruter le ciel, il réalisa que celui-ci n’était pas assez gris et qu’aucun grondement ne se faisait entendre, ce qui aurait pu justifier l’éclair qui venait de tuer son assaillant.
Derrière ton père, malgré sa blessure aux côtes, ta mère s’était légèrement relevé et venait de recourir à de la magie noire pour anéantir la créature.
Finissant enfin son récit, Zilff acquiesça d’un signe de tête lorsqu’il vit que Zack mourrait d’impatience d’ouvrir la bouche.
- De la magie noire ?
Se tournant vers sa mère, il lui dit :
- Tu es une magicienne ? J’ai un peu de mal à suivre tout d’un coup…
- Oui mon fils, j’en suis une. Et si nous te le disons que maintenant, c’était seulement pour ta propre sécurité.
Secouant vivement sa tête de gauche à droite, Zack avait l’impression de rêver, toutes ces révélations lui paraissaient complètement absurdes et donc irréelles.