La vérité m´est apparue, claire, limpide. Une évidence, comme un brusque lever de soleil recouvrant les vastes plaines cachées jusqu´alors par les ténèbres de la nuit. Cette succession de saisons d´errance et de détresse, toutes ces années sans but, sans horizon, c´est fini. Je le sais.
La vie est un test, faussement complexe. La tentation est partout, dans la sournoiserie et dans la bonté, dans l´égoïsme et dans la générosité, dans la haine et dans l´amour. Toute émotion, tout sentiment, quels qu´ils soient, nous empêchent d´élever notre conscience comme autant de barrières infranchissables nous séparent de la compréhension.
Je le sais, mais ne peux.
Je suis devant la porte de sortie sans la clé qui ouvre sa serrure. Tout le problème est là. Nous avons chacun nos démons et nos faiblesses, il le sait. Comment rendre mon cœur aussi froid et dur que la pierre, alors qu´il brûle de la passion qui l´anime ? Comment consacrer ma vie à une existence symbolique et spirituelle dès lors que ma chair frisonne au contact de sa peau ? M´assoir pour l´éternité parmi les rares élus aux côtés de l´être suprême me parait bien dérisoire face à quelques décennies de bonheur, seraient-elles volées.
Fourberie. Car ma vie, c´est elle.