"Excusez-moi de vous demander pardon pour mon outrecuidance d´oser me risquer à me laisser aller à pousser l´indiscrétion jusqu´à envisager de croire que je pourrais éventuellement dans des circonstances très exactes qui sont précisément les actuelles que nous vivons en ce moment...
-Veuillez donner birth, please.
-Hèh?
-Accouche, moron!
-J´voulais vous demander pourquoi vous boitiez ainsi.
-Aoh c´est une triste histoire... Elle commença le jour de mes quatre ans, lorsque je ingurgitai my first thé à la menthe...
-Euhouimaismavoitureestmalgaréeyaquelqu´unsurladeu
xièmelignej´airendez-vouschezlemédecinjedoisallera
upetitcoinmamèrevientdemouririlfautabsolumentqueje
danseuntangoquelquepartAUREVOIR!"
Sur ce Blasko fonça vitesse grand V à travers le plancher, droit vers le souterrain plein de liqueurs douteuses et moins douteuses.
"Wait a minute, il fallait que je vous ouvre le passage secret d´abord! Awww go to hell."
Notre héros se demande d´ailleurs si il n´y est pas, car il entend une mélopée lancinante qui a tout des trompettes infernales. S´approchant d´un coin de mur, la sueur aux tempes et les mâchoires serrées (son bridge vient d´ailleurs d´éclater sous la pression, 2000 $ foutus en l´air), il jette un coup d´oeil angoissé vers la source de la mélodie sinistre, qui glace le sang...
Un Feldwebel au teint passablement livide contrastant avec son gros nez rouge se mouche une troisième fois dans un large morceau de nappe à carreaux, avant de porter goulûment à ses lèvres un litron probablement acide car bien violacé. Puis, après quelques vocalises, il lance:
"Ein Heller und ein Ba-atzen, die waaaaaren beide mein, ja mein!"
Reconnaissant une inoffensive chansonnette de circonstance pour substances liquides éthyliquement correctes, Blasko ne peut se retenir et court vers celui qu´il reconnaît comme un frère de sang (pas 100 % sang bien sûr, étant donné la proportion d´alcool présente dans ce dernier) en entonnant d´une voix de stentor
"C´eeeest à boire, à boire à boiiiiireuh, c´eeeeest à boire qu´il nous fOUPS"
Malheur, damanation, saccage, sacrilège, enfer, diantre, foutredieu, bite en plomb! Il avait trébuché alors qu´il venait en paix.
Sa MP40, qu´il tenait en bandoulière à côté de la Thompson nouvellement acquise et de son G98 à lunette fraîchement dépareillée, glissa de son dos et...
-Mode Matrix ON-
Un rat qui avait tout vu, tout entendu, tout reniflé, tout senti, tout goûté, tout etc., se dépêcha d´aller farfouiller dans ses affaires, d´y dénicher une culasse de MP38, de se ruer vers la MP40 en pleine chute, tirer le levier de démontage, lui faire faire un quart de tour en pressant la détente (ce qui nécessitait un grand écart impressionnant), séparer l´engin en deux parties avant que, sous l´impulsion de la détente, la culasse ne commençât à bouger, remplacer cette dernière par la culasse de MP38, remonter le tout, disparaître dans son trou avec un rire sardonique et se taper un bon fromage.
-Mode Matrix OFF-
Ainsi la MP40 modifiée acheva sa chute dotée d´une culasse instable, et comme de juste elle ouvrit le feu toute seule en touchant le sol.
Blasko se releva, effondré à l´idée d´avoir perdu un compagnon de beuverie, quand la perplexité prit le pas sur la tristesse.
"Peste, j´avais entendu parler de MP38/40, mais pas encore de MP40/38... Autant garder cette rareté pour moi et continuer mon chemin."