Est-ce que je suis le seul à être dépité par l'accessibilité navrante dont disposent les softs de nos jours? Où est passé le plaisir immense qu'on avait en déchiffrant une quête depuis les paroles des PNJs et les notes de notre journal sur Morrowind? Où est passé le sentiment d'immensité d'un univers dans lequel on était lâché sans aucune indication, et dont les seules façons de s'y retrouver étaient les panneaux d'indication et les dires des PNJs?
J'en ai marre de ces jeux qui nous prennent dans la main à un tel point que l'on a l'impression de ne faire que suivre des flèches. Déjà Oblivion avait fait un grand pas vers cette impression là, Skyrim n'en parlons pas: une flèche qui pointe l'objectif, il ne manquerait plus que l'on puisse s'y téléporter instantanément, et dans le cadre d'une quête visant à récupérer un objet, pourquoi ne pas se le faire téléporter directement dans son sac, après tout.
De ce que j'en ai vu, j'ai l'impression que TESO va encore plus s'enfoncer dans cet aspect médiocre. Les développeurs parlent d'exploration et de recherche de la part du joueur, et sur les vidéos qui tournent, que voit on? Un cadavre dans une caverne, et à côté une note, qui brille de mille éclats. Oui, un papier, que l'on voit déjà du premier coup d'oeil, et qui, au cas où un joueur borgne et myope de 5 ans ne le remarque pas, ce dernier a une aura. A leur place, j'aurais mis un troll fluo qui danse dessus avec une pancarte "Attention, note à récupérer".
Au niveau des mobs, c'est pareil. Une grosse aura rouge tout autour du corps. Niveau immersion, c'est parfait.
Bref, je n'ai pas envie d'y croire vraiment, mais je pense que le temps des jeux bac-à-sable est révolu. Evidemment, des studios indépendants continuerons certainement à en engendrer par-ci par-là, mais au niveau des MMO, on ne verra sans doute plus jamais de jeu tenant vraiment la promesse de laisser "libre cours à la personnalisation de son avatar". Comparez juste Star Wars Galaxy et son indigne petit fils SWTOR... L'un nous plonge dans un univers qui nous paraît immense et où on sent qu'il va falloir se faire une place par soi-même, prenant le soin de nous laisser nous débrouiller et en comprendre les mécanismes, l'autre n'est ni plus ni moins qu'une aventure solo comportant un scénario bridé, mais dans lequel on peut croiser d'autres joueurs, qui étonnamment ont connu exactement les mêmes péripéties.
Bref, je regrette ces jeux d'avant. Ces vrais jeux où TOUT était possible. Où on se créait SON histoire, et pas celle que l'on nous imposait. 