voilà le dernier chapitre.
Il y était enfin. Le dernier des colosses. Celui avec qui la dernière idole se réduirait en poussière. Celui qui lui permettrait enfin de rendre la vie a Mono. Il l’espérait. Il doutait de plus en plus de Dormin, cet être si étrange aux multiples voix. Mais après tout, n’était-il pas étrange lui aussi ? Il se battait pour une cause qui semblait perdue, affrontant des créatures monstrueusement puissantes dans des plaines interdites afin de ramener une morte à la vie, il ne savait plus qui il était, son corps le faisait souffrir, ne lui appartenait plus. Et puis ces voix dans sa tête. Oui, assurément, il y avait bien plus étrange que Dormin. Mais le temps n’était pas aux questions. Car là, devant lui, se dressait, touchant presque les nuages semblait-il, l’ultime colosse. Et il allait le tuer. Parvenir jusqu'à cet être titanesque n’avait pas était de tout repos. Mais ce n’était rien face au combat qui l’attendait.
La peur.
Les éléments se déchaînaient, le vent hurlait et un ciel d’un noir profond crachait des éclairs. La créature se tenait là. Son souffle roque retentissait, aussi puissant que les coups de tonnerre qui résonnaient à intervalle régulier. Ses bras constitués d’une étrange matière incandescente luisaient dans la nuit qui s’était abattu sur le théâtre du combat qui allait décider du destin de cet humain.
Du feu.
Le jeune homme haletait, le souffle court. Il avait été percuté de plein fouet par le projectile envoyé par la créature qui avait senti la proximité de son ennemi. De celui qui venait pour la tuer. Des galeries souterraines, des galeries où se cacher pour approcher la créature. Mais quand la galerie s’achève, il faut sortir à découvert, tenter de se protéger du feu meurtrier du colosse. De ce feu qui détruit tout sur son passage. Ce feu qui fait trembler les antiques ruines dans lesquelles le combat prend place. Le sol qui tremble sous les impacts. Des mottes de terres qui s’arrachent du sol et qui volent en tout sens. Il courrait à en perdre haleine, ne s’arrêtant que lorsqu’un rempart de pierre, si petit soit-il, se dressait entre lui et le colosse, lui offrant quelques instants de repos. Mais malgré ces galeries offrant un abri de fortune, il n’était véritablement à l’abri nulle part.
Le chaos.
Enfin un peu de calme. Le calme avant la tempête. Niché entre les « pied » de ce géant semblant ne faire qu’un avec la pierre, Wanda trouva un peu de repos. Mais le plus dur était à faire. Il était affaibli. Tout ce chemin parcouru sans le moindre repos, son corps meurtri et blessé par les projectiles brûlants du colosse… Mais il ne pouvait plus reculer. Il ne l’avait jamais pu. Il n’en avait jamais eu le droit. Il commença donc sans plus attendre l’ascension de cet étrange corps fait de pierre a sa base. De « ces » pierres ? Peut être bien. Pas le temps de réfléchir. Il ne le pouvait plus avec cet esprit embrumé, avec son âme en morceaux, son âme affaiblie et disloquée qui lui échappait de plus en plus. Il grimpait donc sans réfléchir, aussi vite que ses membres le lui permettaient. Enfin il approchait d’un corps fait de chair.
Epée.
Le cri de douleur de la créature résonna dans la nuit. Une main qui s’approche. Une opportunité. L’ascension qui continue, toujours plus dangereuse. S’agripper de toutes ses forces pour ne pas tomber. La chute serait mortelle. Mais après tout, pouvait-il réellement mourir? Une main. Puis un bras. Encore de la chair. Un coup d’épée puis un nouveau cri de douleur. Une autre de main. L’épée qui le guide. Encore un cri de douleur. Il approche. La tête. Et ces yeux… Le point faible. Le seul endroit où blesser le colosse. Un corps qui s’agite de toutes ses forces pour échapper à un destin funeste. Le corps de la dernière des créatures. Des coups d’épée acharnés, la lame qui se plante et ces gerbes de sang noir. Et toujours les cris. Puis la mort. Un corps qui se désagrège, qui s’écroule. Des membres qui s’agitent, puis qui retombent sans vie. Ces choses noires qui s’approchent, qui sortent du corps du colosse, comme si elles y étaient enfermées et qu’elles recouvraient enfin la liberté.
Douleur.
Encore un réveil dans cette forteresse. Un parmi tant d’autres. Un réveil près de Mono. Non, pas seulement. Ces hommes… Cet esprit brumeux, de plus en plus brumeux. Cet esprit et ce corps ne lui appartenant définitivement plus. Mono. Il devait les tuer. Tuer ceux qui l’avaient tué elle. Mais il voyait tout de loin, ne pouvait presque plus agir. Les hommes approchaient. Une menace. Une flèche. Puis cette épée dans sa poitrine. Ces gerbes de sang, ce sang noir… Le même que celui des colosses. Etait-il devenu comme eux ? Peut être… Qu’importe. Mono allait revivre.
Oubli.
Des bribes de souvenirs. Des lambeaux. La noirceur. Ces voix… Dormin.
«Nous sommes enfin libres, nous sommes délivrés de nos chaînes. Notre âme est de nouveau complète. Notre pouvoir est encore affaibli, mais il retrouvera sa grandeur. Nous reprendrons ce qui nous est dû, nous sortirons de ces plaines qui ont été notre prison. »
La fuite des hommes face à ce Dieu sombre à la tête surmontée de cornes. Ce dieu maudit qui libéré de ses entraves. Une fuite, mais également la fin d’un combat. L’épée abandonnée. La lumière. Cette lumière aveuglante qui l’avait guidé jusque là et qui a présent faisait si mal a ce corps qu’il ne contrôlait plus. Une lumière qui désagrégeait petit a petit les quelques forces du Dieu à peine libéré, ce dieu encore faible possédant un corps tout aussi affaibli. Les voix… Elles moururent avec tout le reste quand la lumière l’englouti.
Renaissance.
Mono se leva, ne sachant pas où elle se trouvait, regardant tout autour d’elle. Une vaste pièce éclairée. Des bruits qui résonnent. Agro. Le cheval de celui qui était son frère, et même plus que ça. Mais où était Wanda? Agro avança lentement vers le fond de la grande salle, aussi vite que sa patte blessée le lui permettait. Où avait-il pu se faire mal ? Pourquoi tous ces débris, des éclats de pierres partout autour d’elle, comme si la pierre avait explosé ? De l’eau. Des cris. Un enfant. Un enfant maudit, né d’un corps maudit. Un enfant avec des cornes. Le dernier qui porterait les marques de la malédiction. Une malédiction qui n’aurait plus lieu d’être a présent. Des escaliers sans fin. Pas d’issue. Un jardin mystérieux tout en haut de la forteresse. Des fleurs blanches. Aussi blanches que la peau de la jeune fille. Un endroit où vivre. Et où mourir.
Petite note : donc voilà j’ai fini ma fic, enfin, car oui c’était le dernier chapitre. C’es un choix bizarre, mais pour moi ico se déroule avant sotc, c’est trop facile de se dire, le gosse a des cornes, c’est ico !! Je pense que l’histoire est beaucoup plus complexe que ça. Parce que comment ico serait-il sorti de la forteresse pour finir dans un village ? C’est mono qui l’aurait amené en s’enfuyant avc agro ? sauf qu’il y a plus de pont, et que mono elle est du genre boulet, comme yorda. Donc sotc ne peut que se passer après. Enfin, c’est mon avis a moi personnel de moi toute seule hein, parce que je refusais que ico et yorda soient morts. Et en y repensant, j’aurais pu faire une troisième fic qui remonterait aux origines de la malédiction, mais là je bosserais sans vraiment avoir de bases, je devrais beaucoup inventer et j’ai pas envie de dénaturer le jeu et le monde qui va avec.
merci a ceux qui m'ont lue.