je pense que personne ne passera sur ce topic, et que encore moins de personnes (si c´est possible^^) ne lira la suite, mais bon, je poste quand même, tant pis si ça interesse personne^^
Il avait peur. Elle n’allait pas bien, il le savait, le sentait. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Son visage auparavant si doux et calme, si joyeux et insouciant se crispait maintenant en une grimace de douleur. Ico ne savait que faire. Yorda attendait un enfant. Leur enfant. Mais son corps frêle ne pouvait endurer les tortures de l’accouchement. Déjà, la grossesse n’avait pas été de tout repos. Le petit corps chétif et maigre de la jeune fille faiblissait vite et porter un enfant pendant presque neufs mois avait été une lourde tâche pour elle. Son état n’avait fait que s’aggraver, et maintenant que le moment de la libération été arrivé, Yorda été au plus mal. Ico était seul face à ce spectacle qui lui déchirait le cœur. Le seul être ayant jamais compter pour lui mourrait sous ses yeux en voulant donner la vie. Elle souffrait, bien qu’étrangement, pas une seule goutte de sang de maculait les draps blancs, ni sa peau toute aussi blanche et laiteuse, mais elle n’abandonnait pas. Elle donnerait la vie, même si le prix à payer été d’offrir sa vie à elle. Dans un ultime effort, puisant dans ses dernières forces, elle donna naissance à une petite fille. Elle donna la vie. Puis elle mourut.
Ico été ravagé, partagé entre joie et peine. Mais la peine l’emporta rapidement sur la joie. Yorda gisait sur le lit, et sa peau était encore plus pâle que d’ordinaire. La pâleur de la mort. Plus jamais elle ne lui sourirait. Plus jamais elle ne serait avec lui. Il contempla le petit être qui se trouvait dans ses bras. Elle était minuscule, pas aussi frêle que sa mère, mais presque. Sa peau était pâle, et ses cheveux foncés, comme ceux de son père. A vrai dire, elle tenait beaucoup du jeune homme. En regardant ce petit être, Ico sentit ses forces l’abandonner. Il ne pourrait pas vivre sans Yorda. C’était impossible. Il pris sa décision rapidement. Les draps blancs devinrent un linceul. Le soleil sembla briller une dernière fois pour elle. Puis il enterra sa bien aimée, lui disant seulement au revoir, car il savait qu’il la rejoindrait bientôt. Il serra l’enfant, et parti, sur le dos de son vieux cheval, à la recherche d’un village. Il y en avait un quelques kilomètres plus loin. Il ne s’y aventurait jamais, et les villageois l’ignoraient également. A la nuit tombée, il pénétra silencieusement dans le village et abandonna l’enfant devant une porte choisie au hasard. Puis il repartit, ne demandant plus qu’à La rejoindre.
Une malédiction. Un pouvoir. La mère qui transmet à la fille. Le pendant féminin. Un appel lancé. Et entendu. Il s’agite. Les choses changent. Il désire être libre. Complet. Il les sent. Des lambeaux. Juste des lambeaux. Mais il les sent. Des vestiges. Il doit fusionner. Fusionner les fragments de son être. Fusionner en attendant d’être à nouveau complet. Les pouvoirs d’une sorcière raccrochés à des pierres. Des pierres provenant d’une Forteresse millénaire. Il doit donner corps aux morceaux éparpillés de son âme. Ses âmes sont prisonnières dans les statues de sa forteresse. Mais son pouvoir peut voyager. Il répond à l’appel, l’appel du pouvoir féminin. Il le sent dans les pierres. Il fait corps avec les pierres, avec le pouvoir. Et il leur donne vie. Seize colosses. Seize corps pour seize âmes.. Les seize âmes dans sa forteresse. Le seize corps prenant vie dans l’autre. Des corps qui errent dans cette immense plaine interdite aux humains. Ces humains maudits qui lui on fait ça. Qui ont divisé son âme. Cette épée dont la jumelle a déjà eu raison d’une moitié de lui. Cette épée de lumière qui dort dans les mais des humains La clé de tout. Des corps attendant la Libération. Bientôt. Patience…
Il fait encore nuit. Il est seul. Yorda l’a laissé. Et il n’a plus d’enfant à présent. Il veut la rejoindre. Il doit la rejoindre. Elle l’attend. Il part sans se retourner. Il pense. Il pense a la malédiction qui a détruit sa vie. Et qui l’a rendue belle aussi. Il pensait trouver la mort dans la Forteresse. Ses cornes étaient le symbole de sa mort. Mais il avait trouvé Yorda. Il avait tout endurer pour elle. Juste pour elle. Pour qu’elle s’échappe saine et sauve de cette maudite prison. Pour qu’elle échappe aux ombres. A la Sorcière. L’épée. Cette épée de lumière. Son pouvoir qui ouvrait les portes. Le même pouvoir que celui de Yorda. Elle était perdue à jamais. Qui ? L’épée ou Yorda ? Les deux en vérité. Toutes deux ensevelies sous la terre, ne pouvant plus jamais revoir le soleil. A quoi bon porter la lumière si c’était pour finir dans les ténèbres ? Les pensées de Ico étaient confuses. Sombres. Mais toutes revenaient à Elle. Toujours à elle. Elle l’attendait. Seule sous la terre, elle l’attendait. Il avait l’impression qu’elle l’accueillerait avec un sourire, lui tendant la main, comme elle l’avait fait tant de fois, afin de l’entraîner avec elle vers la mort. Il parcourut rapidement le chemin qui le séparait d’elle. Il ne s’occupa pas du cheval, le laissant libre de partir. Après tout, il n’aurait pas besoin de lui là où il allait. Il pénétra dans la petite maison qui avait été la leur, et trouva rapidement ce qu’il cherchait. Un couteau. En passant devant un petit miroir, il regarda rapidement son reflet. Des cheveux noirs. Une peau mate. Et ces cornes cassées. Il se détourna. D’un pas rapide, il arriva devant une tombe. Sa tombe. Il s’allongea dessus. Et se donna la mort.
« J’arrive » furent ses derniers mots.