Allez, j'suis sympa, la suite de Apocalypse arrive, mais d'abord je rappelle le début.
-On y est, lança Pierre. Vous voyez des infectés ?
Le petit train s'arrêta dans un crissement métallique. Le silence reprit ses droits sur le petit groupe tandis que les faisceaux de cinq lampes de poches balayaient les environs.
-Que dalle, lança David. Bonne nouvelle.
-Pas vraiment, répondit John. Restez sur vos gardes, quand même.
Sans un mot, Julie sauta du petit train, et raccrocha sa lampe à son pistolet, qu'elle brandit devant elle.
-Vous venez ? On doit aller chercher de la bouffe.
-Si ça existe toujours, râla John en sautant.
Saï, quant à lui, se contenta de vérifier que sa mitraillette était bien accrochée à sa sangle, et que ses katanas coulissaient bien dans leurs fourreaux, puis il sauta à terre, avant de dégainer ses lames.
-Je passe le premier, lança-t-il.
Le silence était inquiétant, mais le bruit les attirait. Eux, les infectés, les victimes du virus X qui ravageait le monde moderne depuis maintenant six mois, véritable apocalypse qui creusait le fossé entre les forts et les faibles, et entre la vie et la mort. C'est lors de cette apocalypse, cette « Nuit de l'enfer », que les capacités latentes de Saï s'étaient réveillées. Le jeune homme avait montré une maîtrise de la mitraillette qu'il n'aurait jamais soupçonnée, qui, couplée à son talent pour les arts martiaux, faisait de lui une machine à tuer, et une habileté surprenante à mener des hommes et à commander.
La petite partie du groupe Sept qu'il avait amenée le suivit sans contester dans l'étroit couloir qui menait vers al surface. Ça lui faisait bizarre, mais ce n'était pas désagréable. Il était tombé par hasard sur la Résistance, groupe de défense anti-zombies armé comme ils le pouvaient, bien souvent avec des pistolets, courants dans la région, plus rarement avec des armes lourdes, comme mitraillettes ou fusils à pompe. Dès son arrivée, au vu de ses capacités, Saï avait été affecté au groupe Sept, groupe d'intervention d'une vingtaine personne chargée de sortir de leur base dans une station de métro pour aller chercher des biens de première nécessité ou des informations, et pour toutes les missions dangereuse. Un groupe d'intervention parmi les autres.
Saï se figea soudain, et les quatre autres s'arrêtèrent derrière lui, silencieux.
-Éteignez les lampes, ordonna Saï dans un murmure, en s'exécutant.
Bientôt l'obscurité, totale, insondable, reprit ses droits.
Saï ne voyait rien. Il n'entendait que le bruit régulier de l'eau qui, suintant du plafond de la station de métro où ils venaient d'arriver, gouttait sur le sol, et la respiration de ses amis. Cinq respirations, en comptant la sienne.
Et des bruits de pas, irréguliers, traînants, mal assurés. Ses mains se resserrèrent sur ses armes. Ils n'étaient pas seuls.
-Infecté, avertit-il.
-On est pas sourd, souffla Julie, juste dans son oreille.
-Je sais. On avance discrètement, et on se place, en ligne, face à notre gauche. À trois, on allume nos lampes, et on le canarde.
-Ça roule, murmura Pierre.
Saï avança, suivi par les autres, à pas de loup, dans la petite salle d'attente. L'infecté, toujours dans sa marche hagarde, sans but, semblait ne pas les avoir repérés. Bien. Saï fit un pas de plus.
Son pied buta dans une canette vide, qui partit rouler à l'autre bout de la salle.
LA respiration de l'infecté se fit plus rapide, il arrêta de marcher. Ils étaient repérés.
-LUMIERES !
Les cinq torches s'allumèrent, éclairant l'infecté qui se jetait sur eux. Proche. Trop proche. Bien trop proche.
-FEU ! FEU ! FEUUU !
Julie n'avait pas attendu ses ordres, et tirait déjà de ses deux pistolets. John envoya une balle de magnum dans le torse de l'infecté, tandis que Pierre et David dégainaient.
Inutile. Trop tard. Déjà l'infecté, qui semblait ne pas sentir les balles se ficher dans sa chair, avait saisi Julie aux épaules et plongeait la tête vers son cou et ses épaules pour la mordre malgré ses tentatives de résistance. Elle savait que s'il la mordait, elle était condamnée. Et elle ne voulait pas mourir.
Elle ne mourut pas. L'un des sabres de Saï traversa de part en part la gorge de l'ennemi, tandis que l'autre se planta dans son oeil, faisant gicler le sang noir. D'un coup de pied, il repoussa le cadavre et se remit en garde, à mains nues.
Tout était calme. L'infecté était seul.
-Ouah... Merci, Saï.
-J'préfère éviter de voir mes amis mourir, quand je peux. Ça va ?
-Ça va.
-Il t'a pas mordue ?
-Aspergée de sang, mais pas mordue. Grâce à toi.
-Désolé d'avoir pas pu réagir, s'excusa David. J'étais comme paralysé, et...
-On s'en fout, trancha Saï en récupérant ses lames. Il est mort, c'est tout ce qui importe. Par contre, on a tiré, et ses potes vont rappliquer. Alors on se magne de sortir. Je préfère être à la surface qu'ici. On bouge ! Vite !
Il repéra un conduit d'aération, ouvrit la grille, alluma un pétard, et le lança dans le conduit, le plus loin possible, avant de refermer.
-On a deux minutes pour mettre le plus de distance possible entre le pétard et nous avant qu'il explose. On se magne.
-Regarde où tu mets les pieds, cette fois ! Lança John.
Saï s'autorisa un sourire, et braqua sa lampe vers le sol. Ils se remirent en marche, plus rapidement cette fois.
Le seul infecté qu'ils rencontrèrent fut proprement éliminé d'un coup de sabre. La surface était proche, toute proche. Ils la sentaient. Plus qu'un couloir à traverser, des escaliers à monter, et...
-MERDE ! Lança David.
-Vas-y, crie encore plus fort, aussi ! Répliqua John en lui giflant l'arrière du crâne.
-Pas besoin. Regardez.
Il tendit la lumière vers l'autre bout du couloir.
-Les escaliers sont à mi-chemin, estima Saï. Jouable, si on court vite. Venez !
Ils se jetèrent en avant. Saï courait, ses amis à ses côtés, vers la surface, et la liberté, aussi réduite soit-elle. En face de lui, les infectés couraient. Derrière lui... Merde !
Pris entre deux feux, ils n'avaient pas d'autre choix que de courir. Et c'est ce qu'ils firent, jusqu'à ce que David trébuche et tombe, se cognant le crâne contre le carrelage de la station. Il se retourna, et regarda. Les infectés étaient presque sur lui. Il n'avait aucune chance. Il lança son arme vers les autres.
-Tuez-moi ! Tuez-moi ! Je veux pas en devenir un !
Déjà le premier se jetait sur lui, lui mordant sauvagement la jambe.
-David ! David, non ! David !
-Tuez-moi ! Tuez-moi ! Tuez-moiiii !!!
-David, mec, on peut pas...
-MAIS TUEZ-MOI BORDEL DE MERDE, ÇA FAIT MAL !
Un coup de feu résonna dans le couloir, au-dessus du vacarme des infectés qui festoyaient, au-dessus des hurlements de David et de ceux de ses amis. Saï glissa le pistolet dans sa ceinture.
-On monte. Magnez-vous.