J'comprends ton ban' !
"Elle ne mourut pas. L'un des sabres de Saï traversa de part en part la gorge de l'ennemi, tandis que l'autre se planta dans son oeil, faisant gicler le sang noir. D'un coup de pied, il repoussa le cadavre et se remit en garde, à mains nues.
Tout était calme. L'infecté était seul.
-Ouah... Merci, Saï.
-J'préfère éviter de voir mes amis mourir, quand je peux. Ça va ?
-Ça va.
-Il t'a pas mordue ?
-Aspergée de sang, mais pas mordue. Grâce à toi.
-Désolé d'avoir pas pu réagir, s'excusa David. J'étais comme paralysé, et...
-On s'en fout, trancha Saï en récupérant ses lames. Il est mort, c'est tout ce qui importe. Par contre, on a tiré, et ses potes vont rappliquer. Alors on se magne de sortir. Je préfère être à la surface qu'ici. On bouge ! Vite !
Il repéra un conduit d'aération, ouvrit la grille, alluma un pétard, et le lança dans le conduit, le plus loin possible, avant de refermer.
-On a deux minutes pour mettre le plus de distance possible entre le pétard et nous avant qu'il explose. On se magne.
-Regarde où tu mets les pieds, cette fois ! Lança John.
Saï s'autorisa un sourire, et braqua sa lampe vers le sol. Ils se remirent en marche, plus rapidement cette fois.
Le seul infecté qu'ils rencontrèrent fut proprement éliminé d'un coup de sabre. La surface était proche, toute proche. Ils la sentaient. Plus qu'un couloir à traverser, des escaliers à monter, et...
-MERDE ! Lança David.
-Vas-y, crie encore plus fort, aussi ! Répliqua John en lui giflant l'arrière du crâne.
-Pas besoin. Regardez.
Il tendit la lumière vers l'autre bout du couloir.
-Les escaliers sont à mi-chemin, estima Saï. Jouable, si on court vite. Venez !
Ils se jetèrent en avant. Saï courait, ses amis à ses côtés, vers la surface, et la liberté, aussi réduite soit-elle. En face de lui, les infectés couraient. Derrière lui... Merde !
Pris entre deux feux, ils n'avaient pas d'autre choix que de courir. Et c'est ce qu'ils firent, jusqu'à ce que David trébuche et tombe, se cognant le crâne contre le carrelage de la station. Il se retourna, et regarda. Les infectés étaient presque sur lui. Il n'avait aucune chance. Il lança son arme vers les autres.
-Tuez-moi ! Tuez-moi ! Je veux pas en devenir un !
Déjà le premier se jetait sur lui, lui mordant sauvagement la jambe.
-David ! David, non ! David !
-Tuez-moi ! Tuez-moi ! Tuez-moiiii !!!
-David, mec, on peut pas...
-MAIS TUEZ-MOI BORDEL DE MERDE, ÇA FAIT MAL !
Un coup de feu résonna dans le couloir, au-dessus du vacarme des infectés qui festoyaient, au-dessus des hurlements de David et de ceux de ses amis. Saï glissa le pistolet dans sa ceinture.
-On monte. Magnez-vous."