Et Levia vient de me filer un car scolaire entier, rempli de volontaires pour suivre Olivia, Chrom, Sully et Titana !
Bon, je vous préviens, je suis dans ma période dark, là.
La scène qui suit, si elle n'est que textuelle, n'en est pas moins violente, et les âmes sensibles devraient s'abstenir.
Je précise pour les courageux, que j'ai jamais fait FE9, et que ma partie de FE10 remonte à un putain de sacré bail. Il y a donc peut-être des incohérences. Merci de m'en excuser.
"C’était mauvais. C’était très mauvais. L’ennemi les submergeait, et bientôt la forteresse des mercenaires de Greil ne serait qu’un fort de plus aux mains des troupes de Begnion. Bien qu’elle aurait juré que ça n’arriverait jamais, elle se rendait bien compte qu’ils devaient fuir. Et que la vie avait un prix.
« Soren ! T’as un plan ?
-Laisse-moi chercher, Boyd… Laisse-moi réfléchir, bon sang ! On doit sauver tout le monde, et… »
Titania le coupa.
« Stop. Pas besoin de te casser la tête. Je vais prendre mon cheval et ma hache, et aller dire à ces gens ce que je pense de leurs méthodes.
-C’est hors de question.
-Pas tant que ça. Pendant que je parlementerai vous fuirez. Les ennemis vont affluer au nord quand j’aurais commencé à discuter. Vous partirez par le sud.
-Et tu nous rejoindras comment ?
-Je m’arrangerai. Je m’arrange toujours.
-Titania, c’est hors de...
-Ike. Ma décision est prise. Je vais me préparer. »
Elle quitta la tente du stratège.
Elle savait que la vie des autres devrait peut-être passer par la perte de la sienne, et elle l’avait accepté en rejoignant les mercenaires. Cependant, elle n’avait aucune envie de mourir, et les larmes coulaient le long de ses joues quand Oscar vint la rejoindre aux écuries.
« Salut.
-Est-ce que tu sais ce que tu fais, Titania ?
-Il n’y a guère de choix. Et toi, que fais-tu ?
-Je ne te laisserai pas faire ça seule.
-Si, Oscar, parce que c’est ainsi que j’ai décidé de terminer ma carrière. Tu dois vivre, toi. Vis pour moi, Oscar. »
Il était dans son dos. Il posa une main sur son épaule, et elle consentit enfin à le regarder. Ses yeux brillaient aussi de larmes.
Il l’embrassa. Ce fut court, mais intense, et elle faillit protester lorsque leurs lèvres se détachèrent.
« Je devais te dire ça avant.
-Oscar…
-Reviens-nous en vie. C’est tout ce que je te demande. »
Et il quitta l’écurie.
Titania galopait sur son destrier vers les murailles nord de la forteresse, sus à des ennemis qui ne lui prêtaient pas la moindre attention. La hache atteignit le premier des trois gardes au niveau de la visière de son heaume, et envoya voler à une dizaine de mètres esquilles d’os, cervelle, sang et acier, avant de tournoyer et de s’abattre sur la tête du second. Le troisième et dernier dégainait quand la bête se cabra et lui imprima dans le torse un trou en forme de fer à cheval.
Elle s’autorisa un sourire, mais déjà les renforts arrivaient. Elle renvoya sa monture au galop, et passa dans l’infanterie en frappant de droite et de gauche, déchiquetant indifféremment des torses, des têtes et des épaules, laissant sur son sillage des morts, des blessés et des moribonds, dans un groupe fendu en deux. Les premières flèches sifflèrent à ses oreilles, et de la main gauche, presque sans viser, elle envoya une de ses hachettes. L’un des archers grimaça, baissa les yeux vers l’arme de jet qui dépassait de son torse, avant de s’effondrer. Elle en envoya trois autres avant de volter et de revenir vers l’infanterie.
Les archers ne savaient pas viser et tombaient comme des mouches, et les soldats en face semblaient surpris de voir une telle furie seule. Ils n’en menaient pas large, et quand elle traça dans leur groupe un nouveau sillage sanglant, ce fut la débandade. Tous s’enfuirent en tous sens. Titania laissa libre cours à sa joie, et se mit presque à rire, sans cesser de bouger pour éviter les tirs d’un éventuel ennemi embusqué. Jubilante, mais pas imprudente pour autant.
Un troisième régiment se jeta à sa rencontre, et elle les chargea. Son cheval défonça de sa tête le torse du premier, l’envoyant valser au milieu des hampes des lances de ses camarades, tandis que la hache s’abattait à droite et à gauche. Elle commençait à croire possible ce qu’elle avait promis aux autres. Survivre et les rejoindre.
C’était sans compter sur un bretteur plus courageux, ou plus adroit que les autres, qui frappa d’estoc, dans la faille de l’armure du cheval. La lame s’enfonça jusqu’à la garde dans l’œil de la bête. Le destrier ne hennit pas, il se contenta de tomber, au galop, envoyant sa maîtresse rouler dans la poussière, et quand sa hache lui échappa, Titania se sut perdue.
Elle aurait préféré périr sur le champ de bataille, d’une flèche dans la tête ou d’une lance dans le cœur, mais c’était trop demander aux soldats impériaux après les pertes qu’elle leur avait infligées. Un pied lourdement protégé s’abattit sur son poignet, le brisant net, et lui tirant un hurlement de douleur. Ils la firent taire, et lui infligèrent, là, dans la poussière du champ de bataille, au milieu des cadavres, les pires outrages qu’on puisse infliger à une femme, avant de la faire souffrir et de l’achever, enfin, après deux heures de destruction mentale comme physique. "