Chapitre 15
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- Où a-t-il bien pu passer ?
Steiner dévalait les rues l´air hagard, comme perdu, et demandait à tous ceux qui le croisaient s´il avaient vu un grand avec une grosse masse de cheveux rouges sur la tête, et l´air dangereux.
Au début pas de réponses, et tout le monde évitait de répondre.
Désormais il avait droit à des réponses évasives, allant des « malheureusement », à même un « fuyez, pauvre imbécile ». Cela commençait sincèrement à l´inquiéter, d´autant que personne n´avait l´air d´avoir envie de répondre à ses questions. Cependant tout semblait le conduire vers un lieu précis dont il n´avait aucune idée.
Enfin, déjà qu´il avait peu dormi la nuit, il était encore dérangé par des problèmes avec un fou à l´air de meurtrier sanguinaire.
« Réveillez-moi, s´il vous plaît », n´arrêtait-il pas de penser.
Mais rien, et il continuait à marcher encore dans ses pensées, hésitant, boitillant.
Le chemin tout tracé des regards en biais le mena à la sortie de la ville. Un crieur public semblait faire de la publicité pour quelque chose.
- Vous n´auriez pas vu un géant avec des cheveux rouges et des griffes ? Questionna Steiner.
- Hum, cela ne me dit rien, désolé ! Mais écoutez, monsieur, peut-être est-il parti à mon parc ! Là-bas vous trouverez de l´incongru, de l´inattendu, de l´exceptionnel ! Venez faire un tour, ce n´est pas cher !
- J´y penserais, merci.
Steiner, voyant que le chemin s´arrêtait là, décida de faire demi-tour. Rien ne l´attendait plus loin, si ce n´est le parc de l´autre homme.
« Un attrape-nigauds sans doute », pensa-t-il.
Il traversa la rue, et se ressaisit pour retrouver un pas beaucoup plus énergétique.
« Un parc...A quoi peut bien servir un parc ? Cet homme veut juste obtenir de l´argent avec des imbécillités. Qui pourrait bien avoir envie d´y aller ? »
Il se mit à se concentrer sur cette idée, puis entendit une voix familière derrière lui. Une voix qui lui était désagréable.
- Salut Steiner ! On va au parc qui viens d´ouvrir, ça te dit de ne pas venir ?
- Grumpf ! Hein ?
C´était Djidane, avec Grenat au bras. Il souriait d´un air ironique, en grimaçant, ce qui faisait apparemment beaucoup rire Grenat.
- Brigand ! Où va-tu avec la princesse ?
- Je viens de le dire Pépé, au parc. C´est un endroit qui viens d´ouvrir, où il y a apparemment des monstres en cage. Tu ne devrais pas venir, tu aurais trop peur...rigolait Djidane.
- Quoiiiiiiiii ? Je viens, je protégerais la princesse !
- Ha...heu...non ?
Mais Steiner avait l´air convaincu de faire une bonne chose, même s´il reniait ce à quoi il pensait quelques minutes avant.
Ils repartirent vers ce fameux parc. L´homme à l´entrée les accueillit comme s´il n´avait jamais vu Steiner auparavant et les invita à rentrer à l´intérieur – contre la petite somme de cinq cent gils.
Djidane entra avec le sentiment léger de s´être fait avoir. Mais ce qu´il allait trouver à l´intérieur valait le détour.
Il y avait un grand espace de verdure, avec de magnifiques arbres aux couleurs dorées et rouges dans le ciel d´automne. Tous les environs respiraient la fraîcheur et le bien-être, en incitant à la marche et à l´exploration. Les visiteurs étaient immédiatement surpris par les cages, et par leur contenu : des créatures aussi magnifiques que surprenantes...
Dans les environs, on pouvait voir des maidens et des phacoches, quelques oiseaux, mais rien d´exceptionnel. Par contre, un peu plus loin, on contemplait des créatures plus insolites : des renards, des oiseaux multicolores, des reptiles, des nymphes, des nagas...
Et plus l´on avançait plus les yeux découvraient des merveilles incroyables...il virent même un Big Dragon, enfermé dans une cage immense extrêmement protégée.
Vers la fin de leur visite, ils décidèrent d´aller voir les fauves, sur l´envie soudaine de Grenat, qui disait adorer les félins.
Ils partirent donc vers le coin un peu plus éloigné et vide où étaient enfermés les redoutables bêtes.
Le coin était ravagé.
Du sang était éparpillé au sol, des cages éclatées, des barreaux brisés, des vitres en miettes. C´était un chaos indescriptible.
Steiner dégaina son épée, et Djidane ses dagues, tandis que Grenat sorti sa massue.
Il semblait bien qu´ils allaient se battre. Il marchèrent prudemment en suivant les ravages, ce qui n´était pas vraiment difficile.
Puis il arrivèrent à un angle, qu´il dépassèrent pour voir de l´autre côté une scène de combat.
Tarask se tenait là, armé de ses griffes, en position de combat, avec un air haineux sur son visage habituellement indifférent. On aurait dit l´un des fauves qui se tenait dans les cages.
En face de lui il y avait son ennemi. Un tigre. Mais pas n´importe quel tigre.
Celui-ci était énorme, au moins trois fois la taille d´un tigre normal. Ses dents étaient immenses, et ses griffes aussi aiguisées que des sabres.
Les deux combattants dégageaient une force et une bestialité énorme.
Djidane, d´un regard furtif, aperçu les autres créatures des environs massacrées aux alentours.
Puis le combat commença.