Gougou attendit dix longues minutes avant de sortir de sa petite cachette. Il y avait cinq entrées, plus le quai. Celui-ci n´était pas gardé. Reprenant son idée, il se laissa tout doucement glisser dans l´eau. Elle était tiède, mais il ne voulait pas devenir poisson pour autant... Quand il fût sûr d´avoir quitté terre, il se mit à nager très lentement en direction du quai. A mi-chemin, une des sentinelles arriva au dessus de lui, la torche levée bien haut. Il se plaqua sans bruit contre la paroi et attendit qu´elle s´en aille. La terre n´allait pas tarder à s´effondrer, s´il restait là. Priant tous les dieux du monde de bien vouloir lui accorder leurs bontés, il ramassa un petit galet qu´il lança plus loin vers le quai, tout ça bien sûr avec ricochets. L´homme alla voir à l´endroit voulu, et Gougou continua de nager dans l´obscurité la plus totale. Nul n´aurait pu le voir. Tout ce à quoi il devait faire attention, c´était de ne pas faire de bruit. Il arriva discrètement au petit embarcadère et sortit de l´eau, émettant un petit bruit de clapotis. Deux gardes se tournèrent dans sa direction. Le jeune garçon courut très vite dans une des tentes qui, heureusement pour lui, était vide. Il attendit plusieurs minutes, espérant que les battements de son cœur ne seraient pas trop bruyants. Quand il décida qu´il avait pris assez de répit, il sortit. Il entendit les deux hommes de tout à l´heure discuter.
- Bah... si tu veux mon avis, c´était sûrement un poisson.
- Ouais, sans doute. Allais, vaut mieux reprendre nos postes, sinon on va encore se faire engueuler.
Gougou soupira de soulagement et reprit la direction de la tente du Chef.
Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour y parvenir. L’obscurité quasi totale l’aidait énormément. Il avait vraiment bien choisi le jour qu’il fallait pour s’introduire dans le campement sans être vu.
Soudain pris d’une petite angoisse il vérifia qu’il n’avait rien oublié. Il ouvrit donc sa petite sacoche, révélant les objets qu’il avait emportés.
Une paire de ciseaux, une aiguille à cheveux de sa sœur, une corde, des petits gâteaux aux pommes et des cirhes. Sa dague était toujours dans son petit fourreau. Tout allait donc bien de ce côté là. Il n’avait qu’à apercevoir la tente principale. Elle était d’ailleurs facilement identifiable, avec ses couleurs vermeilles et ses bandes dorées qui marquaient l’entrée. Après plusieurs minutes, qu’il passa à serpenter entre les chapiteaux, il la reconnut, plantée entre trois autres pavillons. Ce qui compliquait la tâche, c’était la sentinelle qui veillait au grain. Si même il parvenait à rentrer dans la tente, le bruit que provoquerait l’ouverture du coffre attirerait son attention. Pour bien faire, il devait assommer le gardien… Bien que de petite taille, Gougou pensa possible de s’en charger. Il se faufila discrètement derrière le pavillon et siffla suffisamment bas pour quel seul le vigile l’entende. Il partit ensuite se cacher derrière une autre tente et sortit sa petite corde. L’homme arriva, le dos courbé et sa lance entre les mains, il avait l’air inquiet. Pensant sûrement avoir rêvé, il se retourna et partit vers l’entrée. Gougou courut très vite sur l’herbe fraîche et, quand il fût à portée de bras, il agrippa le cou de l’homme avec son cher cordage et plia le genou. Il y percuta brutalement la tête du garde qui pencha sur le côté, témoignant de son évanouissement. L’enfant traîna le corps inanimé dans de petits buissons pour le cacher. Il prit l’épée de l’homme et repartit en silence vers la tente du Chef. Le passage étant libre, il y pénétra et vit une large cantine couleur bordeaux disposée dans un coin de la pièce. Il se précipita dessus et à l’aide de ses ciseaux et de son petit fil de fer, il parvint à crocheter la serrure. Heureux comme il se devait de l’être, il vit la magnifique épée d’or et d’argent cloîtrée au fond du petit coffre. On pouvait lire « Arnica », gravé majestueusement sur la lame d’or usée par le temps. Il souleva la lourde épée et la rangea dans le fourreau qu’il avait emporté pour. Il posa délicatement la flamberge de la sentinelle assommée à la place de la précieuse Arnica et referma la cantine. Il sortit, toujours aussi discret, et fila chez lui comme une ombre dans la nuit.
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dois y aller je vx des messages merci bye tlm 