Le lendemain, il s’apprêta au départ. Il remplit son sac de petits gâteaux et de divers accessoires utiles. Quand il fut midi, il mangea puis partit vers le Lac, plus au nord. Un petit sentier tracé par les roues de charrettes allait jusque dans les massifs boisés, au bord occidental du lac. De là, il prendrait les chemins boueux de l’est et partirait vers les Plaines Septentrionales.
Il faisait déjà nuit quand il arriva dans la Forêt du Lac. Les oiseaux avaient arrêté leurs chants harmonieux et Gougou était plongé dans le noir, entendant encore le doux bruissement des feuilles et les clapotis de l’eau. La forêt était luxuriante, et rares étaient les clairières libres, car les animaux sauvages s’y regroupaient souvent.
- J´aurais p´t´être dû réfléchir un peu avant d´me lancer ici, râla-t-il tout seul.
Il alluma sa petite bougie et avança d´un pas incertain entre les hauts arbres qui arboraient des formes bizarres ou terrifiantes. Il sursauta quand une chouette hulula soudain, marquant par ce cri son réveil nocturne.
Le garçon s´était un peu recourbé à cause du froid et de la solitude qui l´envahissaient. Après plusieurs dizaines de minutes, il se coucha en tremblant au pied d´un arbre et s´endormit malgré les racines peu confortables.
Il s´éveilla quelques heures plus tard à peine, tiré du sommeil par le chant des oiseaux. Le soleil était toujours rouge et ses rayons ne faisaient que dissiper les ténèbres... c´était l´aube. Le jeune garçon se leva et remarqua qu´il s´était couché près d´un petit ruisselet. Il s´aspergea le visage de son eau, remplit sa gourde et repartit vers le camp du chef, toujours prêt à affronter les dangers qui l´attendaient pour reprendre son épée.
Sa trouvaille n´était peut-être pas extraordinaire, mais c´était tout de même lui qui l´avait sortie de l´eau, et elle lui revenait donc de droit.
De plus, il adorait les épées ; on lui avait souvent raconté des légendes sur l´Ancien Monde et ses héros. Il n´était pas sûr qu´il aurait été tenté de reprendre son trésor si celui-ci avait été une bourse d´or...
Il poursuivit son voyage forestier à bon train, ne faisant de pauses que rarement. Il s´était mis à pleuvoir peu après son départ. La pluie mouilla ses vêtements, ce qui l´enrhuma très vite. Il continua pourtant de marcher vers le camp de travail. Il allait bientôt être midi, et il y serait le soir même. Fort de cette pensée, il accéléra le pas et sortit sa petite gourde afin de se désaltérer. C´était sa sœur qui la lui avait offerte pour le dernier Noël. Lors de cette fête enneigée, le bonheur était total. Il adorait les soirs de Noël, autour d´un petit sapin acheté pour l´occasion. Sa mère faisait toujours des repas délicieux, qu´elle n´avait pas l´habitude de préparer. La dinde, les cailles, ou encore de la compote de cirhe. Gougou adorait les cirhes. Ces petits fruits avaient un goût et une odeur appétissants. Il se mit à en chercher.
Le petit bois où il s´était retrouvé n´était en tout cas pas exempt de buissons de baies et d´arbres fruitiers. Le jeune garçon remplit sa petite sacoche de pommes et de cirhes, puis reprit la route. Le temps s´était un peu calmé et le soleil commençait enfin à se montrer. Il s´assit sur un petit rocher au bord d´un cours d´eau et dévora ses provisions. Il aimait la forêt. Tous ses détails et ses singularités. Le bruit du vent, le gargouillement de l´eau... Il sortit son petit happeau et joua quelques notes. C´était un présent de son père, cette fois-ci. Il chassa ses souvenirs et se remit debout, prêt à finir son petit voyage.
Il arriva en vue du camp quand le soleil laissa place à la lune. Celle-ci dessinait un croissant lumineux courbé vers la droite dans le ciel bleu indigo. L’enfant n’avait jamais vu ce paysage d’un œil différent de celui du travail, et la nuit rendait la campagne environnante merveilleuse, comme si une once de magie planait dans l’air.
Il renifla, et se mit à analyser la situation d´un oeil clairvoyant et calculateur. " Je suis déjà trempé" pensa-t-il. Il se mit à courir très vite vers la cabane du pêcheur, là où il avait découvert son trésor, et fît une halte pour reprendre son souffle. Il aperçut quelques hommes qui se dirigeaient vers les tentes. Ils était équipés de grandes lances et de torches.
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jata coms dois y aller ciao