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Un monde sans couleurs, sans joie, une perpétuelle ascension vers le destin, chaque jour le même défi, sans la moindre espérance.
Une terre bannie par elle-même, un temps à l´arrêt et des gens inconscients, indifférents, égoïstes, partagés.
Un jour ensoleillé, un ciel bleu clair exempt de nuages, des cris de contentement qui éclatent ici et là dans de verts jardins.
Des contradictions tristes et plaintives, un mal être constant se propageant dans chacune des pensées, une folle envie de vivre seul et accompagné. Une noirceur implacable, des regards vides et sans espoir, des mots étouffés et insignifiants. Et cette mort qui corrompt la vie de son souffle venimeux, certain et précipité, une complicité quant au gain.
La peur d´être observé, cette crainte quotidienne, un malaise si profond, un malaise si dangereux dans lequel je me complais tous les jours, une envie d´être vu contraire aux désirs vraiment ressentis, des sentiments à moitié cachés pour être à moitié découverts, sans aller plus loin. Je voudrais voir ce monde plongé dans cet infernal mutisme qui crie à l´agonie, je voudrais voir la peine et la souffrance sur chacun de leurs visages, je voudrais partager ce qui me tue, pour être heureux de les voir souffrir, et être si triste et impuissant devant tant de désespoir. Pour pouvoir les sauver... non, attends, il n´est pas question de sauver qui que ce soit, je veux cette maladie au fond de vos coeurs, je vous veux dynamiques et fatigués, toujours ivres et starés*, qu´on soit dans le même rêve, qu´on oublie un peu où nous sommes, qu´on s´empoisonne tout doucement, que cet arsenic si jouissif se répande dans vos corps. Je vous veux pour moi.
Mais j´ai si peur, je suis si seul, je suis si triste, j´ai tant de douleur en moi, tant de choses à partager, et une seule personne à aimer. Je redoute ce monde, tout comme je le chéris, je voudrais ces ténèbres alentour devenir un soleil puissant et généreux, pour qu´ainsi je puisse plonger mes actes dans ce noir si joyeux, et si dérisoire. Tu sais que mes mots n´ont pas de sens et que je les regretterai dès qu´ils seront dits, que demain je les aurai oublié, que nous aurons oubliés ce moment ensemble, dans l´obscurité de cet endroit, où tout le monde est là et où personne ne nous voit, ta main dans la mienne, t´endormant sur mon épaule dans un sourire. La peur du noir, l´envie du noir, je t´aime peut-être, ce n´est aussi qu´un désir, une envie passagère.
J´ignore ce que je dis, peut-être est-ce beau, peut-être est-ce dépourvu de sens, mais ce sont mes pensées, et même si tu ne peux me croire, je t´ai dit la vérité.
Cette envie de noir constante.
Et cette musique, et ces paroles, gorgées de tristesse, et mon verre qui est vide, la peur du prochain, alors, pourquoi? Moi, je voulais juste te voir me sourire parfois, il était bien trop triste, il était bien trop seul, alors, pourquoi? Moi...
Je n´ai pas de difficultés, et cette musique qui tourne qui tourne, des anges, des anges, ils tournent, si beaux quand ils pleurent, je peux voir ce soir, un ange qui tourne encore. Mon verre est plein, la peur de le finir, regarde moi, souris un peu, je ne t´ai rien fait, je veux juste que tu me regardes, que tu me souries, que tu le laisses seul... Alors, sans moi, va-t-en, mais parle moi au moins. Je ne sers à rien, je veux partager toutes tes pensées, les rendre miennes, je veux te lire, je veux que tu me pleures, je veux que tu abandonnes cette fierté, regarde moi, regarde moi, je veux que tes yeux se posent sur moi, un ange, si blanc. Et tu pleures, et tu pleures...
have fun