Chapitre 8 :
Alors que les deux autres unités, à savoir Aillaume et Huyvhar, avaient réussi leurs missions, celle de Asgheir avançait plus lentement en raison de son plus grand nombre.
Le soleil se levait à l’est, et s’ils ne se dépêchaient pas, les espions ennemis allaient les découvrir.
Alors, arrivés au sommet d’une colline, Asgheir, sur son destrier, lança d’une voix rauque :
« Voyez ce village, c’est là que nous attendent nos alliés quand l’heure est critique ; au galop, soldats ! »
L’unité se mit à avancer avec une célérité presque magique vers le village qui se dressait juste devant eux.
Arrivés devant les portes, il parla dans le vide, comme s’il se doutait que quelqu’un était là.
« Ouvrez les portes, l’alliance a triomphé »
Le garde se leva sur les remparts et regarda le roi asgharien, impressionné par la flamme qui l’entourait.
Quelques secondes plus tard, il cria : « Ouvrez les portes, c’est le roi Asgheir ! »
- Que vas-tu faire ? lui demanda Stirald.
- Je n’en ai pas la moindre idée, dit-il en riant.
Le maire de la ville attendait l’armée et ses chefs sur la place du village ; il était entouré d’une dizaine de gardes du corps.
- Bonjour, monsieur le Maire.
- Désarmez le, soldats.
- Vous ne faîtes plus confiance à votre souverain ?
Il se laissa faire mais dit tout de même en souriant « Ce ne sera pas nécessaire, ami ».
Le maire était tout blanc et recula de quelques pas quand Asgheir mit pied à terre.
- Je voudrais m’entretenir avec les habitants, si vous le permettez.
Ainsi, le maire du village rassembla tout son peuple sur la place pour écouter le discours du charismatique gardien.
- Combien d’entre vous connaissent la vérité sur ce monde ? Combien d’entre vous sont prêts à la connaître ? Combien d’entre vous ont peur de la connaître ?
Aucune voix ne s’éleva de l’assemblée
- Je vais vous dire la vérité sur le monde, même si elle risque d’être dure à accepter.
L’ennemi se mobilise plus loin dans le sud, les royaumes du monde sont attaqués, les hommes pleurent, souffrent et meurent dans des souffrances horribles. L’empereur Arhdan est là, et il rêve de prendre le monde par la force, et de faire taire la justice. Combien d’entre vous le laisseront faire ? Je sais que certains ici se rallieront à une des 2 causes, le bien ou le mal.
Alors choisissez votre camp ou restez neutre, mais en restant ici, vous laissez vos familles en péril, elles sont en proie à la violence future de l’ennemi qui est inexpugnable pour le moment. Mais si vous vous ralliez à notre cause, celle de protéger les cristaux du monde, qui constituent toute source de vie, vous vivrez fiers, vous vivrez heureux de vous battre pour une cause qui en vaut la peine, celle de sauver le monde, ne prenez ces mots à la légère, ils sont vrais et justes. Combien d’entre vous se joindront-ils à notre armée, l’armée du Feu Divin ? Je vous laisse le choix, soldats !
Aussitôt, des cris de ralliement s’élevèrent de l’assemblée qui n’avait pas perdu un mot du discours. Ils criaient, sensibles à la cause qui les concernait tous, celle dans lequel le monde était, ce monde en pleine mire ennemie.
- Ceux qui se joignent à moi, nous partons ce soir au coucher du soleil, reposez vous et préparez vous car la route sera longue et périlleuse.
Asgheir se retourna et vit que le Maire avait maintenant un sourire jusqu’aux oreilles suite à son discours.