Préparatifs
Ark et Messaline passèrent une semaine à l’infirmerie avant de pouvoir remarcher. Mysiar semblait être en hypothermie ; en dormant il frissonnait, délirait, transpirait et grimaçait. Les médecins étaient, d’après ce qu’ils disaient, incertains de son cas. Ils marchaient dans la chambre, leurs carnets sous le bras et la main sous le menton. Après deux semaines, Mysiar montrait de moins en moins de combativité, la maladie semblait remporter la victoire.
Un éclaireur entra en trombe dans la salle d’attente, essoufflé.
- Sir Ark, deux hommes veulent vous voir. Ils prétendent être vos camarades.
- Huyvhar et Stirald. Je vais les accueillir.
Il se leva et se rendit dans le hall du château, un large sourire adressé à ses hommes. Ceux-ci le lui rendirent et Huyvhar s’inclina.
- Mon commandant !
- Mes amis ! Vous êtes venus.
- Capitaine, à peine étions nous en ville que paysans et citoyens nous contèrent votre périple dans ces plaines nues et froides. Je ne pensais pas que mon respect pour vous pouvait encore grandir. Je m’incline bas devant votre seigneurie.
Stirald regarda Ark dans un sourire un peu triste ; il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.
- Stirald ?
- Mysiar va mourir, n’est-ce pas ?
Un lourd silence s’installa rapidement. Ark baissa les yeux et sortit lentement son épée. Il s’entailla la main en empoignant la fine lame d’or et releva les yeux vers les deux autres.
- Si cet homme meurt… je jure sur mon honneur que cette guerre lui appartiendra.
Il se retourna et prit la direction de l’infirmerie. Le souverain elladien s’y trouvait. Dès que le paladin fut rentré, il serra sa main ensanglantée. Il avait du sentir le liquide chaud car il s’essuya sur son manteau.
- Que diable avez-vous encore fait ?
- J’ai fait une promesse.
- Une… ? Soit, là n’est pas le problème.
- Où est-il, selon vous ?
- Serbijia arrive, commandant ! Nous n’avons pas la puissance nécessaire pour les refouler ; ces hommes sont des assoiffés de sang, de guerre et de mort. Nos hommes ont toujours compté sur la tempête pour protéger la ville, mais si Alaric est vraiment un paladin, il trouvera un moyen de stopper le vent.
- Je sais cela, mais je n’ai pas encore assez de force pour rivaliser avec cet homme. Il n’attaquerait pas Ellada Arma s’il n’était pas sur de lui. Nous devons les prendre par surprise, Elladen. C’est notre seule chance de résister à leurs assauts.
- Que faire ? Nos éclaireurs indiquent que des milliers de cavaliers avancent vers nous. Ils seront là dans une poignée de jours !
- Avez-vous confiance en vos hommes, Monsieur ?
- Certes oui, ils sont loyaux et braves.
- Alors envoyez votre cavalerie dans la plaine afin qu’ils installent rapidement un camp de garnison. Cette barrière les stoppera dans leur avancée et nous permettra de fortifier la ville du mieux que nous pouvons.
- Ma cavalerie? Mais vous êtes fous, ma parole ! Qui défendra la ville ?
- Vous et moi, Elladen. Votre infanterie n’est elle pas en mesure de protéger des remparts ? Votre fierté ne l’est elle pas encore plus ?
- Vous avez raison, Ark. Vous parlez bien et vite. Nous vous suivons dans votre folie, mon ami.
- Je vous remercie de cette confiance, Elladen. Mettons nous au travail dès que possible.
Ainsi, Elladen, Roi d’Ellada, convoqua son peuple sur la place et prononça son discours.
« Gens de ma cité ! L’heure des loups a sonné ! Les sombres murs de cette ville crouleront bientôt dans le sang et la mort. Déjà les Serbijiens se mobilisent, déjà notre armée s’apprête. Citoyens, avez vous peur de mourir ? Je n’ai personnellement pas envie de laisser nos maisons à ces barbares. Combien d’années de dur labeur avez vous compté avant de voir notre village grandir et s’élever au rang de capital ? Avez vous oublié cette fierté qui coule dans nos veines ? Je ne l’ai pas oubliée, moi. Ces gens imaginent peut-être que le froid qui règne ici n’est qu’un artifice, ce n’en est guère un, sachez le ! Alaric, ce chien de l’Est, pense à vous en ce moment. Il pense sûrement que vous feriez de bons sacrifices à Ahriman ! Je vous somme de mourir fièrement ou de vivre à l’ombre. Que la force qui m’anime en ce moment soit vôtre. Que nos hommes rapportent les têtes de ces Serbijiens, que le héros ramène la tête du paladin déchu, et que notre peuple meurt dans un tourbillon de haine ! Car la bataille sera rude. Ne pensez pas que je suis enthousiaste à me battre, je ne le suis pas plus que vous. »
Ark applaudit le premier, un sourire aux lèvres. Le peuple suivit ; bientôt, les cris et les acclamations fusèrent. Dans un adieu déchirant, les cavaliers elladiens quittèrent la ville, s’abandonnant à la plaine hostile. Le paladin remonta tout de suite au château, organisant les défenses.
Le soir venu, la ville était prête, brillant de milles feux tel un brasier. Et dans ces flammes immenses se tenait Ark, commandant de Sofia.
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J´ai pas trouvé ça bien du tout en écrivant et je m´excuse si c´est moins bien 
Ceci dit, je vous prépare une grande bataille pour après .