Après quelques heures de vol, Djidane et Dagga arrivent enfin à destination : Lindblum !
« Enfin ! » firent-ils en choeur
Une lueur d’espoir brillait dans leurs yeux : « Rentrer à la maison...rentrer...enfin... », lueur qui se ternit quelque peu en revoyant l’état déplorable de la ville : Une poubelle géante. Djidane avait oublié ce « détail » mais il se souvint alors qu’en arrivant le jour de son souhait, il avait été frappé par la débauche et les détritus qui jonchaient chaque mur, chaque dalle de ce territoire pourtant si beau dans leur « monde réel ».Se reprenant, nos deux amis inspirent profondément et descendent de l’aérocargo.
-Bon, étape numéro 1 : Aller au musée et trouver la fiole ! fit Djidane motivé.
-Allons-y ! » dit Dagga en l’entraînant dans le Quartier Théâtral [Quartier où se tenait le Lindblum Museum, lieu de tous leurs soucis !]
Déambulant dans les rues glissantes d’immondices, notre duo éprouve beaucoup de difficulté à reconnaître la ville et à trouver le musée. Manquant de tomber à chaque pas, enjambant des corps fanés,flétris comme des fleurs mortes, à cause de l’alcool...quelle honte. Vivement qu’ils sortent d’ici définitivement !
Enfin, arrivés devant ce qu’ils ont supposé être le musée, nos deux amis pénètrent nerveusement dans le bâtiment couvert de graffitis,abîmé par des jets de pierre et luisant de jus de toute sorte nauséabonds. Fort heureusement, le musée n’était pas désaffecté, ils trouvèrent à l’entrée un guichet cent fois trop petit tenu par une énorme bonne femme endormie, un fil de bave mouvant à chaque souffle d’expiration, coincée dans une cabine en bois usé, elle semblait prête à exploser [la cabine...et la bonne femme aussi en fait]. L’habitacle semblait vibrer à chaque inspiration et expiration de la baleine. Elle était derrière une vitre trouée à deux endroits, un pour lui permettre de respirer sans doute, et un autre pour recevoir le paiement des entrées.
Tout d’abord décontenancés à la vue de cette curieuse scène, Djidane et Dagga reculèrent d’un pas, puis, repensant au but qui les avait guidé jusqu’ici, ils se rapprochèrent.
-RRRRRRRRRRRROOOOOOOOOOOOOONNNNN ZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzz...fit la grosse femme à cet instant précis, gonflant encore plus la poitrine et faisant trembler les lattes de bois de la cabine branlante.
Dagga sursauta violemment, Djidane la rassura de la main, la protégeant en se postant devant elle. Puis, doucement, il s’approcha très près de la vitre et tapota deux petits coups :
-*Toc toc* Hum...excusez-moi... hésita-t-il.
-RRRRRRRRRRRRRROOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNZZZZZzz… crr... que ? hu ? se réveilla-t-elle.
-Bonjour mademoiselle, hum...nous voudrions visiter le musée...
-MmMmh pfff aahahahaAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAAA !! ! hurla de rire la femme, exhalant une haleine fétide à travers le trou de la vitre.
Djidane asphyxié, manqua de tomber sous le choc. Il vacilla tandis que Dagga, interloquée se blottissait dans son dos.
-QUELLE DRÔLE D’IdéE !! ! PERSONNE NE VIENT JAMAIS VISITER LE MUSéE !! cria-t-elle, amusée.
-Nous sommes des touristes...retenta le jeune homme en essayant de se rendre une contenance.
-C’EST BIEN !! ! CA FERA 20 GILS PAR PERSONNE !! ! fit la grosse dame joyeuse dans un torrent de fétidité.
Djidane, en apnée, paya rapidement et entraîna Dagga dans le musée.
Sur des tapis usés jusqu’à la dernière fibre, devant des murs dans un état déplorable causé par de grandes taches d’humidité, passant près de meubles rongés par les vers...notre cher couple visita le musée, à la recherche de la fiole d’Emeraudia, main dans la main. Dagga n’était pas rassurée et pensait qu’à chaque instant, ils risquaient leur vie : le bâtiment semblait menacer de s’écrouler à tout moment.
Djidane se souvint qu’il avait trouvé la fiole dans son monde, dans la Salle des Trophées du Roi : la dernière salle du musée. Ils y entrèrent, fébriles...