Djidane plutôt sonné, se massait doucement la tête endolorit par le choc contre la bassine. Il avait oublié comment il s´était cogné. Dagga était assise près de lui et lui appliquait sur le front un gant jaune poussin humide.
Le réceptionniste de l´auberge revint dans la chambre avec une fiole remplie d´un onguent orange.Sur la fiole était collé une étiquette jaunie aux bords cornés, on pouvait lire dessus : " Pommade du Père Caboche" .
L´homme la tendit à Dagga qui le remercia poliment, il ajouta :" C´est toujours ça qu´on met ici en cas de blessures à la tête. Ca marche très bien. Vous devez en mettre jusqu´à ce que la bosse devienne bleue! D´accord ?
-Très bien, merci ! répondit Dagga en souriant.
Elle déboucha la fiole et une odeur d´orange amère en sortit doucement pour embaumer la pièce autour d´eux. Steiner avait reprit sa lecture dans son coin. Il savait que Dagga s´occuperait comme il le faut de " son Djidane".
Celui-ci d´ailleurs était tout heureux que sa dulcinée s´occupe de lui, mais il avait de plus en plus mal à sa bosse située au milieu du crâne,qui le lançait sans arrêt.
Dagga appliqua délicatement le baume sur la bosse du jeune homme qui contracta son visage sous la douleur,Dagga touchait à peine sa bosse mais elle était extrêmement sensible et au moindre contact,cela le lançait atrocement.
-Ca va Djidane ? demanda la jeune fille.
-Mmh..oui oui...répondit-t-il en grimaçant tandis qu´elle massait de plus en plus fort.
-Je me demande comment tu t´es fait ça...de toute évidence tu t´es cogné à la fontaine mais comment ? Qu´est-ce que tu faisais là-bas ?
-J´en sais rien...AAAAAÏÏÏÏÏÏÏEEEEEUUUHHH purée mais Dagga ça fait mal ! !hurla Djidane n´y tenant plus.
La jeune fille retira brusquement sa main appeurée par le cri de Djidane.Steiner sortit aussitôt de sa lecture pour voir ce qu´il venait de se passer et s´y replongea en voyant qu´il n´y avait rien de grave. Dagga balbutia des excuses et n´osa plus s´approcher de la tête du jeune homme devenu rouge.
-Désolé d´avoir crier mais cette fichue bosse me fait horriblement mal.dit-il.
-C´est pas la peine de crier comme ça...elle voulait juste t´aider hein...grommela Steiner derrière son bouquin.
-Oh toi ça va commence pas.siffla Djidane entre ses dents.
-Bon, vous n´allez pas vous disputer!!C´est pas possible ça! Deux vrais gamins!coupa Dagga. Je vais prendre l´air, vous m´agaçez ! Et Djidane mets-ta pommade tout seul parceque j´appuie trop fort quand je masse.
Elle s´en fut en quittant la chambre d´un pas décidé.
Les deux hommes se jetèrent des regards furtifs et se mirent à rire gaiement.
-T´as vu la tête qu´elle a fait ? ? " Deux vrais gamins ! !! Vous m´agaçez ! !" Ahahaha ! ! rigola Steiner de bon coeur.
-"J´appuie trop fort quand je masse ! " singea Djidane d´une voix aigue en prenant un air pincé.
Ils rièrent ensemble de l´attitude de la jeune fille qui se comportait comme une mère pour eux. Ils riaient aussi d´eux-même car se chamaillaient pour un rien.
Tandis qu´ils plaisantaient sur leur attitude, Dagga était retournée au moulin pour chercher un moyen d´ouvrir la porte cylindrique et délivrer le chocobo qui lui faisait tant de peine à pleurer dans le noir. Elle s´était promis de venir l´aider, et c´était le moment car elle était seule. Elle pénètra dans le moulin et se posta devant la porte toujours fermée. Décidée à l´ouvrir, elle empoigna la poignée ( lol) et la tourna vers la gauche,elle tira ensuite de toutes ses forces vers elle et la porte s´ouvrit sans aucun problème. Persuadée que c´était grâce à sa détermination qu´elle avait pu ouvrir la porte, elle se glissa dans le conduit par une échelle et descendit doucement.Quand elle fut complètement dans le conduit, elle referma la porte, pas entièrement pour lui permettre de ressortir ensuite et continua de descendre.
Le conduit était comme un long tube qui sentait le foin. Il n´y avait pas un bruit. Dagga pensait au chocobo et à rien d´autre, il pourrait y avoir des dangers dans l´endroit où elle débarquerait...la traite des Mages Noirs était-elle dans ce monde ici aussi ? Elle n´y songeait guère à cet instant. Arrivée enfin à terre, elle se retourna: Une pièce aménagée en bois et en terre s´étendait sur 5 mètres environ. Il y avait une petite lucarne poussièreuse au fond. De chaque côté, un petit pot rempli de graines. Il y avait une petite table en bois avec deux petits fauteuils moelleux. Un four, un évier, des petits meubles en bois à naperons et des minuscules gants à cuisine. Dagga découvrait tous ces petites choses avec un regard curieux. Il y avait un petit lit à dentelles rose et blanc près duquel un grand panier d´au moins deux mètres de large était posé contre un mur.
On devait être à 7 ou 8 mètres sous le sol pensait Dagga, sinon elle aurait vu dans le village une grande porte de 3mètres de haut et une minuscule taillée dedans d´environ 50cm et la lucarne poussièreuse n´était pas éclairée par la lumière du jour, elle était d´un noir d´encre, il y avait aussi l´échelle qui devait bien faire 7 à 8 mètres tellement elle était longue à descendre. Elle se demanda où elle était tombée et ne comprenait plus vraiment ce qu´elle faisait là. Elle entendit soudain des pas, de deux personnes différentes, se rapprocher. L´une lourde et l´autre légère. Elle paniqua en se disant qu´elle était en violation de domicile et essaya de trouver un endroit où se cacher car les personnes arrivaient vers la grande porte. Dagga se dirigea alors vers le grand panier d´osier, un coussin rouge sang énorme était posé à l´intérieur. Elle pouvait se glisser contre lui et le panier en s´agenouillant de telle sorte qu´on ne la voyait pas. Elle se serra au maximum contre le panier, tira le coussin sur elle et essaya de ne plus bouger et d´attendre de pouvoir sortir. Soudain, la porte grinça sur ses gonds, un pas lourd accompagné d´un très léger se fit entendre. La porte se referma ensuite lentement dans un bruit sourd et... une petite voix se fit entendre : " Ah, ça fait du bien une petite promenade,coubo ! Tu ne trouves pas Bingo ? "
Le sol se mit alors à trembler sous une secousse, qqchose martelait le sol violemment avec ses deux pieds...Dagga ferma les yeux en priant qu´il ne lui arrive rien...