Steiner n´avait pas peur, il se sentait fort ( armé d´une dague et d´une torche) et sa faim lui éveillait les sens. Ainsi, il percevait le moindre bruissement de feuille, le moindre craquement de brindille, aussi infime soit-il. Il sentait l´air frais de la nuit, à la recherche d´une odeur d´animal susceptible d´être mangé cru. Il cherchait un garuda, ou un eskuriax...de la viande tendre...encore chaude...il en salivait d´envie. Aux aguets, il avançait prudemment, le plus silencieusement possible, il faisait attention à l´endroit où il posait les pieds. Soudain, un brusque tressaillement se fit entendre derrière lui. Il se retourna aussitôt, cherchant du regard d´où provenait le bruit. Il ne bougea plus, attendant un autre signe de vie. Il resta alors, à tendre l´oreille, et à observer le bosquet devant lui. Il allait tourner la tête pour se remettre à chercher un terrier ou des traces de pattes quand il vit le bosquet en face de lui se mettre à frémir une seconde fois. Il était maintenant sûr qu´il y avait qqchose à chasser là-dedans. Dans un murmure,il dit : Petit petit petit...vient voir Papa...qui que tu sois...montre-toi. Je ne te ferai aucun mal. ( il sourit inutilement au bosquet qui commençait à trembler ) . Intrigué et poussé par la fin, il s´approcha de deux pas vers le bosquet tremblant et se pencha , la torche en avant pour l´éclairer. Il entendit alors un cri aigu et perçant, très vite, une chose brune à poils longs lui bondit sur le visage, les crocs sortis. Les dents aiguisées luisaient de salive, Steiner de voyait qu´elles. L´animal ouvrit largement la bouche, il se préparait à mordre ! Plaqué sur le sol, Steiner, surpris n´avait pas encore réagit mais quand il vit la chose se rapprocher de lui pour lui déchiqueter le cou, il eut un réflexe : N´ayant tjs pas lâché la torche, il la brandit devant lui, repoussant l´animal avec la chaleur et la lumière. Il parvint à se redresser et à s´asseoir sur le sol, le front ruisselant de sueur. " Qu´est-ce que c´est que c´te bestiole ? " articula-t-il encore secoué par l´attaque . La bête était retourner se cacher dans le bosquet, énervé et affamé, Steiner se releva, se rapprocha du bosquet une nouvelle fois, et plongea la dague dans le bosquet violemment. Il remua, tranchant tout ce qu´il pouvait. Il y eut un nouveau cri, cette fois, l´animal était mort. Steiner écarta fébrilement les feuillages, et il y découvrit un petit Meiden gisant sur le sol, au milieu des branches. Il saignait de part en part. " Bon, au moins, on a de quoi se nourrir." En effet, le petit Meiden ressemblait à une grosse dinde , il se portait bien et semblait en pleine croissance ( avant de mourir bien sûr). Steiner savait que c´était un petit car, les gros avaient des défenses et celui-ci n´avait que deux minuscules pointes blanches qui pointaient à peine hors de la peau. Il le tira de sous le bosquet et en le sortant, il aperçut un éclat d´or qui brillait intensément. Cet éclat venait du fond du bosquet. Il laissa le Meiden mort près de lui et s´allongea sur le sol pour chercher l´objet qui émettait cet éblouissement intriguant. Il plongea donc une nouvelle fois une main sous le bosquet et tâta le sol, il sentit bientôt un petit anneau qu´il attrapa et sortit rapidement de sous l´arbuste. Eclairé de la torche, il le contempla : L´anneau était tout simple, nu , aucune pierre incrustée dedans ni d´inscriptions louches. Mais il continuait de briller avec force, il semblait fait d´or. Sans doute était-ce cela qui avait attiré le Meiden là. Steiner le mit dans une des poches de sa chemise, prit le Meiden près de lui, ramassa la dague par terre, la rangea dans sa ceinture de cuir brun et reparti pour le " campement". Il retrouva vite le lieu avec Djidane et Dagga qui s´étaient réveillés et qui semblaient préoccupés. En le voyant arriver, leurs figures changèrent d´expression , ils semblaient rassurés et à la fois énervés. Djidane demanda :" Mais où t´étais passé Papy ? On a entendu des bruits et t´étais plus là ! Qu´est-ce que t´as fichu ?
-J´arrivais pas à dormir, chuis aller prendre l´air...me promener... fit Steiner, peu convaincant.
-Vous n´arriviez pas à dormir ? Vous dormiez comme une souche tout à l´heure enfin ! reprocha Dagga, et prendre l´air...on est déjà à l´air libre là Steiner...que faisiez-vous VRAIMENT ? ( l´air méfiant de Dagga troublait Steiner qui n´avait rien à se reprocher, pourquoi faisait-il tout une histoire pour de la " bouffe" ? )
-Bon d´accord...j´avais faim et j´ai voulu aller chasser un p´tit qqchose, c´est tout. Dit-il.
-Y a pas de quoi inventer une histoire...fit Djidane, t´es bizarre Papy, ça va pas ?
-Mais si ! Vous allez pas en faire un plat parce que j´ai pas voulu dire pourquoi j´étais parti non ? J´avais juste pas envie de dire que j´étais un ventre à quatre pattes c´est tout. J´voulais que vous pensiez que j´étais un solitaire romantique et proche de la nature...Bon on se le mange ce Meiden ? répondit Steiner en souriant.
-Un romantique solitaire et proche de la nature ? Papy...t´as fumé là ? plaisanta Djidane. Bref, moi aussi j´ai faim, j´espère que c´est un bon Meiden! Dagga, tu veux bien aller chercher des branches mortes, pour refaire un feu s´il te plais ?
-Oui, j´y vais. Dit-elle en partant.
Une fois seuls, Djidane demanda à Steiner: " Steiner, ça va mon vieux ? T´as l´air bizarre.
-Bon écoute, en fait, j´me demande si j´vais pas laisser tomber pour l´argent que m´a volé ta copine...
-Hey, c´est pas ma copine ! C´est bien plus ! Un peu de respect Papy ! l´interrompit Djidane.
-Oui fin bref, désolé. Mais je sais pas...j´me sens bien avec vous, j´ai comme un sentiment de déjà-vu, c´est comme si...j´vous connaissais déjà...chais pas pk je dis ça. C´est bête, oublie.
-Nan nan, ça se trouve on s´est connus dans une autre vie...c´est pas bête Papy ! Et donc, tu disais pour Dagga ? répondit Djidane sincèrement.
-Bah, j´veux dire, c´est comme si je forçais une amie à me rembourser...j´me sens bizarre. J´ai réfléchi en dormant j´pense. Et maintenant, je me dis que j´veux plus qu´elle me rembourse. J´veux rester avec vous, et vous aider.
-Heu...Steiner là...j´te reconnais plus... qu´est-ce que t´as ? J´t´ai JAMAIS vu comme ça ! Qu´est-ce que c´est que cette espèce de déclaration là ? Tu vas me faire pleurer là. T´es tombé sur la tête ? Du jour au lendemain tu changes comme ça ? Vraiment, c´est pas normal...
-(Les yeux brillants) Alors tu ne veux pas m´accepter dans ton groupe ? Mais ne serais gentil, je vous aiderai, je . ..je...
-Tu vas pas te mettre à pleurer quand même, Papy ! s´indigna Djidane.
-...je...je...(il fondit en larmes bruyamment en s´effondrant sur le sol.)