Enième manga que je ne connaissais que de nom sans l'avoir acheté, j'ai une fois de plus dû avoir recours au scan pour le lire vu la médiocrité de la disponibilité physique rencontrée dans le monde du manga.
Bon que dire qui n'ait déjà été dit sur ce qui pourrait se hisser comme l'une des meilleures BD post apo ? "Survivant", c'est l'Homme face à une nature impitoyable qui n'a d'autre choix que de se triturer les méninges s'il veut survivre. La débrouillardise, la volonté et le partage sont autant de valeurs indispensables pour tenir le coup. Rien ne laissait présager qu'un gamin frêle comme Satoru allait survivre dans ce monde hostile. On est de tout coeur avec lui. On espère que son objectif sera atteint et en bien. Les 2 premiers tomes sont assez dingues et malgré un lieu fixe, on ne s'ennuie pas une seconde. Et ça sera pareil pour la suite où l'on découvre l'étendue du carnage. Chacune de ses rencontres est singulière, en bien comme en mal.
Même les éternelles questions de la faim et de la soif ne sont pas redondantes, pas plus que ses instants de nostalgie en repensant à sa famille. C'est beau, c'est pur. C'est l'innocence face à la désolation. L'auteur se fait plaisir et non content de nous offrir des paysages de toute beauté, il met à profit sa science du survivalisme pour rendre son manga didactique. Comme tout le monde, j'ai appris beaucoup de choses et qui sait si un jour ça me servira.
Toutefois, j'ai trouvé qu'il y avait certains points fréquemment abordés ailleurs qui n'ont pas été saisis. Je ne sais pas si c'était pour une question de pudeur (qui n'aurait eu aucun sens) ou si c'était pour ne pas choquer son lectorat. Je m'attendais quand même à la menace masculine qui planerait sur les femmes (pas besoin de faire de dessins
), ainsi qu'à la thématique du cannibalisme. Le parcours est très réaliste mais elle ne met pas assez à mon sens le doigt sur la noirceur de l'âme humaine.
Cependant, "Survivant" est un excellent complément à "Dragon Head" (toujours mon numéro 1 du genre
) où il était surtout question de la peur, de la paranoïa et de la folie. Ca se suit sans temps morts et on voit bien que tout a été pensé dès le départ. L'auteur n'allant pas au pifomètre comme c'est le cas de certains (je ne pardonne toujours pas Oku d'avoir massacré "Gantz"). Arrivé à la fin, j'ai juste eu envie de lire "Spirit Of The Sun", lui aussi épuisé, que j'ai manqué de quelques jours avant la fermeture de T411 et qui est toujours introuvable.
J'ose espérer que l'on verra une réédition de ce petit bijou. Ca ferait du bien au monde du manga noyé sous un déluge de daubes. Quant à la nouvelle adaptation, le simple fait que ça soit un shonen en dit long sur le niveau de nullité que ça doit être.
Message édité le 15 février 2023 à 17:55:47 par PoucavePuceau