Oui, en général, l'invention est régulièrement déconseillée par les enseignants. Justement parce-qu'il y a cette subjectivité qui du coup, donne tout son éclat à cet aspect du BAC où le travail effectué au cours de l'année ne sert en réalité pas à grand chose.
Et quand un prof dit ça à un élève, il ne comprend pas. Souvent car il a du mal à considérer le commentaire et la dissertation comme des choses moins soumises à la subjectivité et l'aléatoire que l'invention.
Le commentaire et la dissert' font appel à des schémas de conception de l'écriture récurrents que l'on peut mémoriser comme des formules mathématiques. Ce sont un peu les identités remarquables du domaine littéraire. Un exemple parfait en est l'apologue. Dès qu'un texte est repéré comme en étant un, on connait d'avance le plan, car c'est toujours le même : d'abord l'art du récit (souvent métaphores, périphrases, anthropomorphisme pour les figures de style puis reste à causer de temporalité, enchainement des évènements, comment ceux-ci sont ils amenés, etc.) et ensuite la visée argumentative du texte (on décrit l'objet de la critique, la critique en elle même puis la "morale" ou la "double morale" du texte.). On peut trouver le même genre de "plan tout fait" (à adapter sur le terrain évidemment) pour le théâtre ou la poésie lyrique notamment.
Hélas, on n'aborde pas forcément ces notions en cours ou sous de mauvais angles (d'autant que je n'ai aucune idée du programme actuel). Pour la dissert', ça demeure un peu plus houleux malgré tout. C'est un sujet à risque qui peut rapporter gros dirons nous. Je me rappelle l'avoir moyennement apprécié au cours de ma scolarité du fait que je détestais passé trois heures à développer mon point de vue pour me faire rétamer à la correction parce-que le prof "n'est pas d'accord". Bon certes, il n'y a pas un million de façon de voir les choses et les sujets restent assez formatés dans la majorité des cas mais voilé, la dissert' ça demeure l'aventure solo la plus totale. Une fois lancé dedans on pourrait presque entendre une petite voix nous narguait d'un "ah t'as choisit ça, ben t'as plus qu'à te démerder tout seul maintenant".