Jauja est un film particulier, et dont il peut-être difficile de rentrer dedans, mais une fois fait, c'est magnifique. Le film commence on ne sait trop comment, scènes d'exposition, personnages parlants peu, paysages sympathiques mais bien loin d'être magnifique, et une histoire n'avançant pas. Tel est la première demi-heure.
Mais une fois passée, c'est comme si nous voyagions au sein d'un but spirituel que le film nous ferait passer. Le cadre du western prend enfin place, la violence est présente, alors que nous contemplons ces vastes étendues verdoyantes de Patagonie. Les codes du western sont employés, mais détournés, dans le but à ce que l'auteur puisse s'exprimer de la meilleur des façons possible.
La beauté nous touche, la musique, souvent discrète nous fait rêver éveillé. Cette descente aux enfers du personnage interprété par un Viggo Mortensen toujours aussi grandiose, nous fait nous-même descendre dans la paralysie que provoque la poésie de "jauja". Et puis... la fin. Nous ne comprenons pas, tout devient étrange, tout devient lié, mais tout reste magnifique. Aucune explication rationnelle à avoir, et je pense qu'à vrai dire, cela pourrait éventuellement gâcher le ressenti que je ressors du film. C'est beau.