Jauja
Fiche Technique
Durée: 1h48min (108min)
Date de sortie: Prochainement
Pays: Argentin , danois , français , mexicain , américain , allemand , néerlandais
Langue: Danois
Production: Ilse Hughan, Andy Kleinman, Viggo Mortensen, Sylvie Pialat, Jaime Romandia, Helle Ulsteen
Réalisation: Lisandro Alonso
Scénario: Fabian Casas, Lisandro Alonso
Casting: Viggo Mortensen, Ghita Nørby
Synopsis
Un avant-poste reculé au fin fond de la Patagonie, en 1882, durant la prétendue « Conquête du désert », une campagne génocidaire contre la population indigène de la région. Les actes de sauvagerie se multiplient de tous côtés. Le Capitaine Gunnar Dinesen arrive du Danemark avec sa fille de quinze ans afin d’occuper un poste d’ingénieur dans l’armée argentine. Seule femme dans les environs, Ingeborg met les hommes en émoi. Elle tombe amoureuse d’un jeune soldat, et tous deux s’enfuient à la faveur de la nuit. À son réveil, le Capitaine Dinesen comprend la situation et décide de s’enfoncer dans le territoire ennemi pour retrouver le jeune couple. Jauja est l’histoire de la quête désespérée d’un homme pour retrouver sa fille, une quête solitaire qui nous conduit dans un lieu hors du temps, où le passé n’est plus et l’avenir n’a aucun sens.
Affiche/Extrait
Affiche: http://d1oi7t5trwfj5d.cloudfront.net/6e/7f/5d0320144624800daec50cd2ba8e/jauja.jpg
Bande-Annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19545529&cfilm=228421.html
Cette distribution... ![]()
Il me fait super envie, demain j'irai sans doute voir apocalypse now au ciné mais ma prochaine séance sera sûrement Jauja. ![]()
je cours voir celui-ci dès que possible, il m'intriguait déjà à l'époque et la critique élogieuse des Cahiers donne forcément un peu plus envie.
Waw, et bien ce qu'il faut dire c'est que déjà, c'était d'une beauté presque inégalable. Alonso opère un retour de l'espace et du temps, et par extension de l'image et du son, aux origines du dispositif cinématographique. Il remet la caméra à sa place, et fonctionne dans une économie extrême du montage, mais c'est pas pour déplaire, au contraire. Le récit se situe en 1882 à l'aube du cinéma, et pose son action durant la conquête du Désert argentine, ici en Patagonie. Il n'y aurait presque pas le besoin d'indiquer qu'on a là un pur Western dans tous les sens du terme. Le retour aux Lumière est évident, un format pellicule 35mm et un format d'image 1:33, mais ce n'est qu'un détail quand on voit le travail effectué sur l'utilisation du hors-champ et de la profondeur de champ. Entre lumières naturelle et artificielle qui donnent au décor un aspect surréaliste évident mais qui pourtant ne tâche en rien le réalisme propre au récit. Le champ contre champ? le jump cut? les coupes de montage toutes les deux secondes? des mouvements rapides presque illisibles? Rien de tout ça, Jauja se lit comme un enchaînement de tableaux extrêmement lyriques en mouvement, il fait de la caméra l'oeil du peintre, se plaisant, fixe, à regarder l'homme s'éloigner et se rapprocher ou à errer dans un terrain vide et vaste.
En plus de ce travail fou sur la mise en scène et les idées qu'elle arbore, Alonso, assisté de toute l'équipe du tournage et particulièrement de Viggo Mortensen, applique à son film une forme de philosophie concise s'attardant sur les thèmes de l'absence, du guide, et de la quête de l'homme. Tout ce discours est opéré en finesse et transparaît à travers les bribes de dialogues ou de monologues. Enfin, et surtout, Jauja prend le risque de renouveler le pari de son récit à maintes reprises, ce qui a le don de dérouter naturellement. Mais l'ensemble est écrit avec tant de maîtrise que l'on ne peut quitter l'image des yeux. L'homme absorbé dans l'espace désertique rend notre regard complètement captif, prisonnier du décor envahissant.
Un film risqué à toutes les échelles donc, mais qui réussit avec brio son pari, celui de faire un film complet. Et le Western est un choix adéquat, puisque s'il existe bien un genre cinématographique qui peut se permettre de traiter tout ce que le monde englobe, c'est bien celui-ci. Forcément, il est regrettable que le film profite d'une très faible distribution (moins de 30 salles), mais si l'occasion de voir ce film de Cinéma se présente, il vaut mieux sauter dessus à tout prix.
(8.5)
Je pensais justement à lui, il m'intéresse, ça vaut quoi ses autres films ? Genre Los Muertos ?
Moui, je suis loin d'avoir été autant convaincu que Dr malheureusement ![]()
J'ai bien compris que le réal veut faire dans l'épure avec son 4:3, ses (très) longs plans fixes avec Viggo qui marche et l'absence quasi totale de narration, mais je n'ai pas vraiment accroché. J'ai surtout eu énormément de mal au début, avant qu'il n'y ait le moindre enjeu, car à part la beauté formelle pas grand chose à quoi se rattraper. Mais même se dispositif n'est pas en soi très original, je n'ai pas pu m'empêche de penser à Meek's Cutoff sorti il y a 5 ans qui a exactement les mêmes caractéristiques, ou même à Gerry pour le côté "on marche dans des cailloux pendant 1h".
En plus, je n'ai vraiment pas compris où ça voulait en venir sur la fin, je me sentais vraiment trop extérieur à tout ça. Le genre de film où je ne sais pas si je peux reprocher quelque chose de précis à part le fait de ne pas adhérer aux parti-pris du réalisateur en fait, donc j'en viendrais à la même conclusion que Dr: si ça vous tente, allez-y, mais faut savoir à quoi s'attendre.
Vous l'avez vu dans quel cinéma ?
J'aimerais bien voir Meek's Cutoff tiens! avec Paul Dano je crois? Mais oui je suis d'accord sinon blazco, le film n'invite pas vraiment le spectateur en son sein.
ward_littel
pour ma part au Métropole de Lille.
J'essaierai d'y aller ce soir si la pluie veut bien s'arrêter. ![]()
Yo.
J'en ressors et je suis assez circonspect.
Je c/c ce que j'ai écris sur un autre site:
"J'aurai tant voulu être transcendé.
Le film est certes incroyable visuellement, les paysages sont magnifiques et parfaitement exploités (même si le rythme est vraiment très lent, c'est volontaire mais quasi insupportable au milieu du film), mais cette multiplication de fausses pistes servant à comprendre le "sens" du film m’énerve presque, étant donné qu'aucune ne fonctionne: le film aurait pu choisir des directions bien plus satisfaisantes et qui lui donnaient une certaine puissance, et au lieu de ça il choisit de n'en prendre aucune. Reste ce cadre unique, Mortensen parfait dans le rôle, cette incroyable musique de Buckethead."
Le 26 avril 2015 à 18:09:44 Lt-Schaffer a écrit :
Ah, hum, blazco me refroidit un peu.
Reste tiède! Baisse les yeux!
Bon bah j'ai eu tout ce à quoi je m'attendais. C'est superbe évidemment mais au delà de ça c'est surtout d'une plénitude ultra enivrante. C'est lent, oui c'est lent, une fois une action terminée, au lieu de se précipiter couper, le plan reste, prend bien le temps de laisser se savourer. Évidemment ça ne plaira pas à tout le monde, il y a dans cette contemplation, ce calme, quelque chose d'angoissant. D'autant que le film entier est construit autour de ce parti-pris.
Viggo marche dans les cailloux, il chevauche dans les splendides plaines d'Argentine, capturé dans l'œil attentif d'un cadre 1:33. Les plans sont fixes, ou presque. Il cherche sa fille. Enfuie ? Enlevée ? Quelle importance ? Il la cherche et il marche, c'est tout ce qu'il y a à savoir, et c'est superbe. Le trevail sur le cadrage et la profondeur de champs est ahurissant de beauté. Une peinture, à chaque fois. Évidemment quelque peu poseur parfois, mais en quoi est-ce un mal ? C'est l'essence du film qui veut ça, et les nuages qui recouvrent lentement le ciel étoilé que Viggo admire en s'endormant, ce sera non seulement le plus beau plan fixe que j'aurais vu cette année, mais cela s'imbrique parfaitement dans le récit et dans l'œuvre globale.
Pour le dernier acte on se projette dans un mysticisme étrange et beau, qui achève ce tableau de maître de la manière la plus parfaite. Rien n'est laissé au hasard et pourtant tout est remis entre les mains de la beauté pure, car en plus d'être splendide sonne vrai. Coup de cœur.
J'ai toujours pas compris en quoi la fin est parfaite et vraie franchement ![]()
Bah je peux comprendre qu'on se retrouve totalement extérieur au délire. ![]()
Non mais honnêtement t'as compris quoi, je suis curieux ?
Il y a une toupie ? ![]()
Bah je pense pas qu'il y'ait d'interprétation plus correcte qu'une autre, moi je me suis contenté de savourer la beauté du moment et ça m'a suffit pour trouver ça génial.
Je me doutais un peu que j'aurais ce genre de réponse ![]()
Pour tout te dire j'ai même pas vraiment ma propre interprétation. ![]()