Ce Black Mass, inutile de s'en cacher, on l'attendait tous un peu comme la fin de la longue et douloureuse traversée du désert de Johnny Depp, qui depuis quelques années s'était complètement perdu dans un surjeu étrange et douloureux qui semblait ponctuer le moindre ses rôles, qui d'ailleurs n'étaient pas particulièrement bien choisis. Il nous revient donc (soit-disant) dans un polar réalisé par Scott Cooper qui, je l'avoue, m'était totalement inconnu jusque là. Le résultat ? Meh. Déjà ce qui m'a frappé c'est la relative discrétion de Depp à l'écran. Alors qu'on pourrait s'attendre à ce qu'il le mette fortement en scène, le film prend bien le temps d'établir sa tripotée de personnages (et son gros casting). Le constat malheureusement c'est que personne ne semble vraiment à l'aise dans tout ça, et surtout pas Depp, qui nous livre une prestation de mafieux assez plate et clichée, malgré un maquillage décidément assez ridicule qui contraste parfois d'une manière vraiment dommageable avec le ton que se donne le film. Tout se veut très froid, très lisse, très classieux, ça manque horriblement de la folie que laissait présager cette tronche pas possible, ça manque de vigueur, d'énergie. La façon dont est organisé le récit comble un peu ce manque de punch et rythme assez bien le film mais force est de constater qu'au final ce Black Mass est assez mou du genou, en plus d'être un peu long pour ce qu'il raconte.