Il me tentait bien ce Pan, enfin rien que la trogne de Jackman vendait un peu du rêve, et puis surtout c'était l'occasion de nous offrir un beau film d'aventure fantastique, un peu à la manière de ce que nous avait mijoté Sam Raimi, et même si je ne connais rien à la genèse de l'histoire (ni le Disney, ni le Spielberg, ni même lu le livre) c'est le genre d'histoire qui semblait très bien se porter à ce genre de choses...
Bon, j'ai surtout vu un beau gâchis... La mise en scène de Wright est indubitablement efficace, voir même parfois carrément géniale, mais c'est un film qui ne sait vraiment pas ou il va, sans parler du fait que ça pue un peu charcutage au montage, en tout cas c'est le bordel... Ca se ressent dès le début : on commence par une intro plate au possible, une histoire d'orphelinat pendant une guerre, ce qui certes a déjà été fait et refait par Del Doro, mais bien, avec une vraie justesse concernant aussi bien l'ambiance que le contexte ici. Ici les péripéties quelconques côtoient des personnages sans la moindre consistance, qui semblent juste bâclés... Et c'est un peu représentatif de tout le film, rien n'a de consistance, tout se mélange sans le moindre travail de réflexion derrière. On nous chante du Nirvana dans un film qui se complait dans la fantaisie la plus niaise et la plus guimauve, la moitié du casting surjoue comme on a rarement surjoué et l'autre moitié semble paumée, comme s'ils s'étaient retrouvés dans le studio par hasard...
Et c'est d'autant plus triste qu'on nous présente ici d'excellentes choses. On a une mise en scène parfois plutôt magistrale, qui nous offre ,encore une fois parfois, des moments d'action incroyables et jouissifs. On a aussi une direction artistique assez inspirée qui crache laborieusement ici et là de très beaux décors, au milieu des costumes fantasques et étouffants... Sans oublier la composition de John Powell, endiablée et épique, qui offre un fond sonore des plus agréables à cette mixture désaxée. Mais tout ça ne suffit pas, loin de là, d'autant qu'à son milieu le film semble prendre l'envie désespérée d'en finir et commence à accélérer complètement, faisant souffrir aussi bien ses enjeux que son rythme, pour ne devenir vite qu'un laborieux sprint vers la libération, dont on n'a qu'une envie c'est d'en détourner le regard, l'apothéose étant atteinte dans une scène d'action finale bordélique et oppressante tant les images de synthèses et les retournement improbables fusent dans tous les sens, au point d'en devenir juste vomitif.
C'est triste, c'est triste de voir tant de si bonnes choses poussées vers le bas par tant de mauvaises choses, et c'est d'autant plus regrettable que ça m'a coupé toute envie de découvrir les œuvres précédentes dans l'univers de Peter Pan...