CONTIENT DES
Je ne dirai pas que je rejoins Schaffer complètement dans la mesure où il n'a pas l'air d'avoir de critique négative à faire du scénario.
Comme on va me demander ce que j'ai trouvé bancal je vais expliquer chronologiquement le moment où je considère que ça déraille (
)
- Les fiançailles annulées entre Troy et sa jolie blonde qui débouchent sur la fin pure et simple de leur relation. Les deux ne se recroisent pas par la suite, alors qu'ils vivent dans le même bourg. Je peux comprendre que compte tenu des moeurs de l'époque et du malheureux quiproquo la situation soit tendue voire irrécupérable (on voit bien l'importance que la cérémonie a pour Troy, sa dévastation quand il tourne les talons)... Mais compte tenu de son amour passionnel pour elle, que le type ne la cherche même pas (et inversement) me parait insensé (à moins que j'aie manqué quelque chose) et c'est l'argument scénaristique qui l'introduit dans l'équation amoureuse. C'est de là que débouchent les incohérences qui suivent pour moi.
Troy qui se marie avec Everdeen alors que son ancienne promise (enceinte de lui qui plus est) ne se manifeste pas malgré l'évènement qui doit faire écho dans toute la campagne alentour et que Troy est un "m'as tu vu".
Le personnage de Everdeen qui se floute en passant de la femme qui se refuse à tout mariage à celle qui se marie à un type haut en couleur, tape à l'oeil et assez vulgaire malgré son aspect fougueux, extraordinaire, vigoureux et magnifique (je concède volontiers que la scène de la trouée des fougères où il la séduit avec son sabre et finit par la prendre est d'une rare puissance et ça fait de lui un prétendant supérieur à Boldwood et Oak par son pouvoir séducteur).
(c'est ici que je rejoins - un peu seulement - W_W car je trouve que l'équilibre et l'intégrité du personnage de Everdeen s'effrite)
La scène de la mort de Troy est assez mal découpée et scriptée, le fusil qui apparait alors qu'il n'est pas sensé être nécessaire (Troy n'a rien à faire là, personne ne suspecte une menace -cela dit c'est sans vraie importance), la mort assez subite mais peu dramatique en fin de compte, car tout le monde le déteste à ce moment là. Je rajouterai que l'écriture du personnage est un peu étrange en général, passant rapidement d'un extrême à l'autre pour finir dépeint comme un rustre accro aux paris... Difficile de croire qu'Everdeen ait pu se laisser séduire par un type aussi stupide par instants. Je comprends bien la passion qui se dégage de lui, et d'elle de facto mais ça me parait improbable.
Pour moi le scénario s'égare du moment où Troy revient pour être tué par Boldwood. On élimine les deux prétendants qui rendent l'amour entre Everdeen et Oak impossible (ce qui le rend si beau et qui affirme la personnalité profondément indépendante d'Everdeen mise en place à partir de la première séquence).
Et puis il y a ce final, ce plan qui maltraite un peu tout ce que les personnages ont pu être dans le courant du film. Intègres, inattendus, profonds et incompréhensibles parfois dans leur obstination.
J'ignore l'importance qu'a eu le roman original pour le screenplay de ce film mais je suis assez triste d'avoir une telle ampleur dans l'image tout du long, une telle maitrise de la narration, cette beauté immense... et de terminer comme ça.
Alors que la séquence finale allait être magique dans le rappel de la scène d'ouverture avec l'utilisation de la même veste en cuir, du grand galop, de la même lumière rasante orangée ( tellement belle cette photographie)... l'histoire bascule sur la platitude d'un amour abouti et annule cette chevauchée fantastique et profondément touchante. C'est uniquement au dénouement de ce dernier dialogue que j'en veux, en lui même il est très beau, le baiser est beau. Mais le retour de Oak et Everdeen vers cette ferme, c'est une défaite ultime des personnages pour moi.
Je m'attendais à une justification du titre dans ce départ éperdu de Oak vers l'Amérique, l'inconnu et les vastes étendues désertes de toute vie humaine, et j'ai eu l'impression d'une grosse incompréhension de l'intention narrative, les personnages s'évaporant dans ce plan final.
Ceci dit, je tire mon chapeau et j'appelle à voir le film ainsi qu'à lire la critique de Schaffer qui fait un éloge justifié d'une réalisation géniale(issime).
Soupir de regret pour cette histoire emportée par sa propre fin.
DE L'INTRIGUE PRINCIPALE
J'avoue qu'elle m'a aussi laissé plus ou moins indifférent, mais à la limite c'est pas ce qui m'a le plus gêné dans le film. Pour les points que tu relèves Oula, j'ai lu à plusieurs reprises que ça élaguait sévèrement le bouquin et que ça changeait un peu le personnage principal, je pense que ça doit expliquer ce genre de sursauts un peu brusques à mon goût. Je serai curieux de le lire mais je pense pas que le ferai ![]()
Ben j'aurais aimé le ressentir comme ça mais c'était pas le cas ![]()
Non mais je suis un peu triste après avoir écrit ma "critique" car j'aurais aimé que ça soit comme je le souhaitais
.
Ce plan de fin est faible et décevant, elle qui marche en s'appuyant sur lui... Un plan plus sobre sur l'enlacement aurait été tellement mieux.
Non mais je n'aime pas
. J'entends bien ton point de vue (particulièrement pour l'histoire de l'apologie du célibat que je n'aurais pas aimée non plus), mais pour moi ça fait un effet inverse.
(je tire la gueule devant mon péssé là
)
Et monsieur Oak aurait aussi bien pu résister à la tempête de la solitude, partir seul comme un arbre sur sa lande déserte
Oui. Je suis d'accord en fait. Et j'en veux au plan de fin en fait plus qu'au dénouement.
L'enlacement comme plan final aurait été autrement plus mieux je trouve. Avec le détourage des visages par la lumière du soleil levant en plus, tellement beau.
Il y a dans ce plan de fin une retombée de l'intensité qui a fait battre mon coeur pendant tout le film et je le regrette.
sa race de balise spoiler qui marche pas.
Je suis assez d'accord.
Les amateurs de Festen n’auraient sûrement jamais imaginé il y a une vingtaine d’années voir Thomas Vinterberg, une des figures de proue du Dogme 95, réaliser la quatrième adaptation d’un classique de la littérature anglaise. Là où on aurait pu s’attendre à retrouver sa mise en scène nerveuse et ses caméras portées, à ce qu’il dynamite un peu les codes de l’adaptation, il surprend encore se montrant assagi, presque méconnaissable. Le film est, à première vue, très fidèle au roman tout en élaguant et en allant à l’essentiel, ce qui lui donne à mon goût un rythme un peu cahotant et une résolution trop rapide. C’est le cas typique d’adaptation où je serais curieux de lire l’œuvre originale afin de mieux comprendre les personnages et leurs revirements souvent abrupts, certains étant brossés un peu trop rapidement à mon goût.
En dehors de ces points qui m’ont moins convaincu et parfois empêché d’être emporté par l’histoire, le film a de grosses qualités à faire valoir, qui mettent tout le monde d’accord : la photographie, la musique et les acteurs. Les paysages bucoliques de l’Angleterre sont parfaitement mis à profit à grands renforts de levers et couchers de soleil, la vie aux champs des paysans et des domestiques est montrée sans idéalisation mais avec un grand respect pour cette petite communauté soudée face aux épreuves. C’est en partie là que la bande originale fait la différence, même si les compositions sont superbes, on retient particulièrement les chants qui ponctuent le film au gré des célébrations, et marquent des moments forts de l’intrigue plutôt que des pauses.
Enfin, ce n’est pas pour rien si les performances des acteurs ont été soulignées par la critique. Carrey Mulligan confirme depuis Drive sa capacité à incarner des personnages moins fragiles qu’ils n’en ont l’air, mais torturés dans leur quête du bonheur et prompts à faire les mauvais choix. Matthias Schoenaerts, révélation de Bullhead et confirmé chez Audiard, se montre tout aussi à l’aise dans ce rôle plus paisible d’un fermier à la vie simple, qui n’a d’autre ambition que de se marier et fonder une famille. Michael Sheen n’est pas en reste, avec un rôle étrangement proche de celui de Bill Masters dans l’excellente série Masters of Sex, et communique parfaitement le désarroi de ce quarantenaire cherchant à tout prix à se remarier et fou amoureux de l’héroïne. Une belle fresque en somme, qui mérite d’être découverte au cinéma et rend curieux de voir ce que Vinterberg va pouvoir nous offrir sur son prochain film.
Pour moi le scénario s'égare du moment où Troy revient pour être tué par Boldwood. On élimine les deux prétendants qui rendent l'amour entre Everdeen et Oak impossible (ce qui le rend si beau et qui affirme la personnalité profondément indépendante d'Everdeen mise en place à partir de la première séquence).
Complètement d'accord, c'est pour ça que je critiquais la fin. Même si c'est pas vraiment la fin, plutôt l'élément de résolution.
Il est intéressant de constater à quel point Vinterberg a atteint l'opposé de ce qu'il prônait dans le dogme 95. Non pas qualitativement, mais bien en fonction des règles qu'il avait instruites. Mais Loin de la foule déchaînée n'en demeure pas moins magnifique. Dès le début, cette sublimation de la campagne nous accroche à ces personnages et cette photographie. Adaptant avec justesse un classique d'une oeuvre littéraire représentant l'émancipation de la femme dans la société, Vinterberg se démarque de toute forme d'académisme dans lequel pourrait tomber de nombreux réalisateurs.
Entre cette scène magnifique du rendez-vous dans les bois (m'ayant d'ailleurs grandement fait pensé à La fille de Ryan), cette musique enivrante, cette photographie scintillante, cet anti-manichéisme, ces acteurs somptueux (en toute hétérosexualité), et surtout Carey Mulligan bien entendu, Vinterberg crée l'une de ses oeuvres les plus profondes et les plus puissantes de sa filmographie.
À la fin du XIXe siècle en Angleterre, une jeune femme hérite de la ferme de son oncle. Courtisée par trois hommes, elle refuse pourtant de se marier tant qu’elle ne se sentira pas amoureuse… Adapté du roman éponyme de Thomas Hardy, Loin de la foule déchaînée, le nouveau long-métrage de Thomas Vinterberg (Festen, La Chasse), est l’une des révélations de 2015.
Formellement, il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Loin de la foule déchaînée. La photographie, à cheval entre Les Moissons du Ciel et La Prisonnière du Désert, est splendide (l’une des plus belles de 2015 à ce jour). Vinterberg a su tirer profit de ses diverses inspirations pour offrir au film sa propre identité visuelle, au cœur de l’Angleterre du XIXe siècle. La musique semble classique au premier abord, mais Craig Armstrong, déjà compositeur de la sublime bande originale de Ray en 2004, joue avec les normes du genre et contribue à créer cette atmosphère à la fois belle et mélancolique. C’est d’ailleurs cette volonté de conserver les codes du drame romantique tout en se les appropriant qui constitue l’un des principaux atouts du film.
Mais la véritable force de Loin de la foule déchaînée, ce sont les personnages. Les stéréotypes moralisateurs sont écartés avec justesse. Nous avons là trois satellites masculins (Matthias Schoenaerts, Michael Sheen et Tom Sturridge), représentant chacun une classe sociale dominante de l’époque (le riche propriétaire, le fermier et le soldat), qui tournent autour d’un soleil féminin, Bathsheba Everdene, interprétée de manière éblouissante par Carey Mulligan (Drive, Inside Llewyn Davis). Chacun convoite à sa façon la bourgeoise, mais celle-ci, pourtant perdue entre raison et sentiments, ne se laissera jamais faire, redorant ainsi le blason du « sexe faible » et brisant par la même occasion le cliché de la femme soumise du XIXe siècle. Une ode à l’émancipation donc…
À l’heure où l’industrie du cinéma américain nous pond chaque année une flopée de films romantiques plus niais les uns que les autres, Loin de la foule déchaînée fait figure d’exception, et Vinterberg tire une nouvelle fois son épingle du jeu en offrant une véritable leçon de cinéma à tous les opportunistes qui se sont essayés au genre. Le cinéaste danois nous prouve ici qu’on peut porter à l’écran une histoire d’amour classique sans pour autant tomber dans la mièvrerie et ajoute donc une nouvelle oeuvre plaisante à sa filmographie si particulière !
http://maze.fr/cinema/06/2015/loin-de-la-foule-dechainee-entre-raison-et-sentiments/
Vu hier et j'en suis encore tout retourné.
Cette musique magnifique (la scène du repas où Carrey Mulligan et Michael Sheen se mettent à chanter
), ces superbes images, ces personnages magnifiquement interprétés par de très bons acteurs et cette belle retranscription de l'Angleterre victorienne... bref, j'ai adoré !
Par contre, j'ai vu que plusieurs personnes ici l'avaient déjà il y a quelques mois. Vous l'avez vu en festival ou c'est juste qu'en Suisse on a été les derniers servis ? ![]()
Lt, est-ce que tu sais si le film est réalisé en pellicule ? Ou est-ce du numérique avec du grain "pelliculesque" ?
Il est sorti le 3 juin en France je crois.
Premier film que je vois avec Bob Lennon ![]()
Faut que tu te précipites sur le film de Benzaie alors, même s'il ne fait que doubler, grande carrière en devenir, ses apparitions dans les JDG promettaient déjà du bon. ![]()
C'est comme ça que j'aime le Cinéma ![]()
https://www.youtube.com/watch?v=0eD4kdrFTIQ
https://www.youtube.com/watch?v=HHo9o-qmz8I
Chaud quand même la ressemblance ![]()
Un des films de 2015 que j'ai le plus envie de revoir...
C'était juste magnifique
.