Année : 1911
Durant 1h10
Réalisé par : Francesco Bertolini, Giuseppe de Liguoro et Adolfo Padovan
Synopsis : Il raconte avec fidélité le premier chant, avec une série de tableaux inspirés d'illustrations de Gustave Doré. Dans la selva oscura Dante rencontre Virgile et avec lui débute un voyage dans les cercles et le Malebolge où ils rencontrent tous les célèbres personnages du poème: Minos, Paolo e Francesca, Farinata degli Uberti, Pierre Des Vignes, Lucifer, etc...
Mon avis
Je pensais que le cinéma commençait avec Naissance d'une nation et qu'avant c'était plus ou moins à jeter. Parce que le seul Feuillade que j'ai pu voir (un épisode de Fantomas) c'était pas l'éclate totale et c'était très sommaire.
Bon après je n'ai pas vu de Méliès (encore une chance d'aimer le cinéma avant Griffith).
Mais finalement on peut trouver des très sympas, comme ce L'inferno blockbuster italien reprenant l'enfer de Dante. Je ne sais pas si c'est fidèle ou non sachant que je n'ai pas lu le libre, bien que l'a divine comédie me tente depuis belle lurette.
Déjà j'aime beaucoup l'atmosphère du film (et sans doute du livre) ce mélange de mythologie grecque, d'auteurs grecques et latins le tout lié à une conception très chrétienne de l'enfer et du paradis. C'est un mélange qui me plaît beaucoup.
De plus le film est assez bien cadré, je veux dire on a de jolis plans avec de beaux effets spéciaux, bien que ça soit souvent statique. Le cadre grouille de vie, des corps mutilés, des bras, des jambes, des géants qui fourmillent, occupent l'espace.
Après le reproche que l'on pourrait faire c'est qu'on a l'impression que le monde commence et termine avec le cadre.
Mais néanmoins j'ai été assez troublé par ce film qui propose un réel univers dans lequel on éprend un étrange plaisir enivrant à vouloir se perdre avec Dante et Virgile.
Après le film je l'ai vu avec une bande son étrange, oscillant entre des compositions chantées un peu kitch et des chants plus lyrique. Néanmoins je dirai qu'on pourrait regarder ce film avec un album de Paysage d'Hiver en fond pour mettre encore plus dans l'ambiance.
Et j'avoue ressortir du film assez conquis. C'est un très bon film qui propose des choses très intéressantes et qui fait voyager avec une mise en scène uniquement composée de plans larges, il faut le faire. L'ambiance du livre n'y est pas étrangère je pense.
C'est un film magnifique, il est dans mon top 30. Il existe une version à éviter à tout prix, c'est celle dont la bande-son est composée par un groupe vraiment laid. C'est super moche, ça rend aussi mal que le final de 2001 avec la chanson de Pink Floyd.
Hein ? 2001 et Pink Floyd ? c'est quoi cette connerie ?
Mais je pense que je devais avoir la version dont tu parles.
Pink Floyd avait composé une musique absolument horrible, pour le dernier acte de 2001. Un morceau qui se synchronise avec le film. Certains disent que ça rend bien, je trouve ça affreux, irrespectueux de l'oeuvre de Kubrick, juste dégueulasse.
Ca ne t'as pas dérangé cette musique pendant le film ? J'ai trouvé qu'elle était déplacée, moi..
C'est vachement le fait qu'une de leurs chansons (Echoes ?) se cale sur les 20 dernières minutes du film.
Oui, ils l'ont composés volontairement pour ça.
J'étais pas au courant. En même temps Kubrick
Ben la musique à quelques moments ça faisait tache.
Et elle est pas horrible ![]()
Quoi Kubrick, quoi Kubriiiiiiiiick ?
J'ai trouvé les musiques originales bien plus adaptés à l'angoisse de l'espace, plus représentative du monolithe, en plus tu vires Also Sprach Zarathoustra, tu vires l'un des principal indice de la pensée de Nietzche.
Non mais oui c'est plus adapté, je dis juste que la musique des Pink Floyd n'est pas "horrible" ![]()
Bah, en elle-même, je la trouve dégueulasse...Mais j'aime pas Pink Floyd
En tout cas, oui, l'Inferno est vraiment un film fondamental, à voir pour tout passionné de cinéma !
Qu'entend-je ? "Echoes" une musique horrible ?
Hérétique
!
Il m'intéresse depuis longtemps ce film. Apparemment c'est très influencé par Gustave Doré.
Mais sinon il me paraît stupide de vouloir faire commencer le cinéma avec Griffith. Si je comprends bien que tout le monde ne soit pas fasciné par les 15 premières années du cinéma, il ne faut pas oublier que les longs-métrages de qualité sont apparus avant "Birth of a nation", notamment en Italie. Bardèche et Brasillach donnaient d'ailleurs dans leur "Histoire du cinéma" le "Cabiria" de 1914 comme point de rupture, pas le Griffith, et c'est en un sens plus logique de situer une rupture avec les peplums italiens qui ont été le vrai point de départ du film de long-métrage à grand spectacle. Griffith s'est placé dans leur lignée, tout aussi talentueux qu'il ait pu être. Cette place d'"inventeur du cinéma" lui était donnée dès la fin des années 20 dans des articles publicitaires américains, et elle a eu une postériorité trop forte, menant un peu à l'oubli de ce qui s'était fait avant. Et certains critiques l'ont facilement reprise, dans la nouvelle vague, trop heureux qu'ils étaient de pouvoir tracer l'histoire du cinéma comme celle d'un art avec des maîtres fondateurs par rapport auxquels ont pouvait se placer en rupture. Mais c'est surtout un poncif historiographique à oublier.
Je verrai bien.
Mais pour le moment (bon j'ai pas vu grand chose d'avant Griffith) je vois quand même bien un avant et un après.
Quais.. c'est vrai que le Griffith c'est beaucoup inspiré de "Cabiria" mais Griffith va beaucoup plus long je trouve. Notamment dans "Intolérance" qui est un de mes films favoris. Ces films sont beaucoup plus épique, il y a comme une impression de "grandiose", il ouvre une nouvelle porte au cinéma.
Echoes horrible... Woké ![]()
Echoes horrible...
Ok ok. ![]()
Je vais VRAIMENT me faire taper dessus, j'ai pas de goûts, j'aime rien, c'est bon je sais.
Non mais je trouve juste que cette chanson est mauvaise. Sûrement influencé par le fait que j'aime pas Pink Floyd.
On est d'accord 974, Griffith va plus loin, même si j'aime beaucoup "Cabiria" aussi. Mais il ne fait pas rupture non plus. Il explore une voie déjà ouverte, et même techniquement le film de Pastrone n'a pas à rougir par rapport à "Intolerance".
Je ne vois pas vraiment de rupture avant/après Griffith. Le cinéma évolue déjà beaucoup avant même qu'il ne rentre à la Biograph. Plus haut resolution parle de Méliès comme un autre exemple de film "pré-Griffith", mais justement c'est un non sens de regrouper un film comme "Le voyage dans la lune" avec un film comme "L'enfant de Paris" de Perret dans une même catégorie qui se définirait par rapport à Griffith, tout simplement parce qu'il y a bien plus de différences entre ces deux films qu'entre le dernier et "Birth of a Nation". Les films de 1914 ont peu à voir avec ceux de 1910 et presque plus rien avec ceux de 1905. En 1912, Méliès est déjà complètement dépassé. Et même aux Etats-Unis, Griffith n'était pas seul à développer la construction des films. Cf ce que font Ince ou Lois Weber au début des années 10. Les films de Griffith sont très bons, et Griffith utilise avec brio toutes les innovations de son époque, mais il invente peu au fond.
Sans oublier que pour qu'il y ait rupture, il faudrait que ses films aient été vus par suffisamment de personnes parmi celles qui composaient le paysage cinématographique mondial de l'époque. Et si "Birth of a nation" a été un gros succès aux Etats-Unis, personne ne l'a vu en France avant 1923. Feuillade n'a pas pu voir ses films pendant la guerre, et pourtant l'évolution entre "Fantômas" et "Vendémiaire" est incontestable. D'autres références ont pu servir, d'autres ont construit le cinéma sans Griffith. André Antoine, qui était un des plus grands metteurs en scène de théâtre de son temps, fait des films très éloignés de la production américaine de l'époque, et dont le style semble surtout influencé par ce qu'ont pu faire des gens comme Capellani (dont il a d'ailleurs repris un film) vers 1910 ou Feuillade avec "Vendémiaire". Et quand les cinéastes comme Delluc arrivent en se revendiquant explicitement de l'influence américaine, c'est d'abord le "Forfaiture" de Demille qu'il cite. Griffith a beaucoup influencé certaines personnes (L'Herbier il me semble), mais beaucoup ont fait sans lui. Ses films me semblent surtout s'inscrire dans un long processus, même s'ils étaient d'une très grande qualité; j'ai du mal à voir une rupture. Plutôt une excellente occurrence du cinéma de son temps.
Intéressant.
Je verrai bien si je suis amené à voir plus de ces films des années 1910.