Je n'ai jamais vraiment considéré Dupieux comme un grand cinéaste, du coup, la sempiternelle problématique "arnaque ou pas arnaque ?" n'a jamais eu de poids pour moi. Il faut prendre Quentin Dupieux pour ce qu'il est, un des rares cinéastes français qui préfèrent à l'humour naturaliste beauf très en vogue chez nous, le pur goût de l'absurde. Un absurde jusqu'au boutiste et pince sans rire sur lequel Dupieux ne se prive pas d'insister.
La limite des films de Dupieux repose donc, non pas sur leurs concepts régressifs, mais plutôt sur leur structure. Parce que, surtout dans Wrong d'ailleurs, on sent vite la panne d'idées : à un moment, la machinerie inspirée du réalisateur finit par tourner à vide. Ca donne donc des films assez inégaux, avec leur lot d'imperfections, mais plutôt sympathiques malgré tout.
Wrong Cops fait partie de ceux-là. Et pourtant, le montage en saynettes entrecroisées n'aide pas forcément Dupieux, dont le film tend forcément un peu au bancal et à la redite. Mais quelle belle flopée d'idées jouissives (de la weed dans un rat, un flic borgne qui veut faire de l'électro ...) et de passages hilarants.