Je viens de le voir ce film, et je dois avoué que j'étais intrigué mais méfiant.
J'avais juste lu le synopsis vite fait, évité soigneusement de regarder la bande-annonce, et je connaissais vaguement le réalisateur.
Et bien les vingt premières minutes, j'ai douté un peut. De vrai qualités ressortaient déjà, mais j'avais peur d'un pur film de forme, qui s'astique pour nous faire oublier de chercher le fond.
Et bien quelle surprise!
Harmony Korine balance une avalanche de codes visuels et moraux gerbant de déjà-vu superficiels, clichés du "maintream", mais à sa manière. Et sans chercher à y désacraliser (ce qui aurait pu être intéressant certes mais très attendu, et facile), se contente de plonger totalement dedans, avec finesse et justesse, pour mettre toute cette imagerie face à ce qu'elle est: un vide sidéral qui représente la plénitude pour beaucoup de gens.
J'ai vu beaucoup d'avis négatif sur spring breakers (ici et surtout ailleurs) dénonçant le vide de film. Mais justement, pour moi c'est le thème de ce film, le vide. Bien plus que les classiques dénonciations d'une société superficielle à l'argent roi blablabla. Ceci n'est qu'un prétexte, pour un message plus général concernant le mirage que peut-être une vie chargée mais pourtant creuse.
Bon bon, je m'emballe un peut trop, ou pas assez, mais j'ai pas le courage de mieux développer le sens de mon propos là.
Ce n'est pas la révélation du siècle pour moi, mais ce film, tenant plus de la performance artistique que du récit, m'a vraiment surpris et interpellé. Il en dit peu, et nous laisse le choix de voir plus loin.