Je n'aime pas le spring break. Ce ramassis de gros beauf, cette musique dégueulasse, cet étalage de chair et cette dépravation qui au final n’aboutit à rien. C'est une fête d'allumeurs et d'allumeuses, mais qui ne savent pas allez au bout, ne savent pas vraiment se lâcher.
Et c'est justement parce que je n'aime pas le spring break que j'adore Spring Breakers. Certains diront que c'est contradictoire, mais en fait non.
Tout comme Fincher avec son The Social Network qui m'a fait m'intéresser à un sujet que je n'aimais pas, Korine arrive ici à magnifier cette fête immonde.
De part sa mise en scène, psychédélique, son récit non totalement linéaire, on passe de scènes en scènes en revenant sur certaines, on entend en voix off ce qui est dit dans d'autre scènes. Korine use parfaitement de la redondance des dialogues, pouvant être en contraste avec ce qui est retransmis à l'écran, comme les scènes où Faith téléphone à sa famille. Tout ceci sert aussi à un peu perdre le spectateur, on est, comme les personnages, déconnecté de la réalité, c'est tellement irréel.
"Seems like a dream", comme le répète sans relâche Alien à la fin.
Spring Breakers est un très beau film, la photographie, le sens du détail, le simple mouvement de caméra de Korine, tout est fait pour être admiré, contrastant avec le côté glauque de l'histoire. C'est contemplatif, et à la fois c'est un ravissement pour les oreilles. Pareillement que pour le thème du film, la musique est assez immonde, à part quelques trucs qui peuvent s'écouter, mais ici c'est leurs parfaites utilisations qui les rendent belles. La scène avec Alien et les filles chantant du Briney Spears est d'une beauté.
Puis Korine s'est bien s'entourer. James Franco est un acteur que j'ai connu avec Spiderman 1, et depuis il a fait pas mal de trucs différents. mais alors qu'il aurait pu être l'éternel beau gosse, charmeur de dame dans les films, Franco arrive à se démarquer par son talent hétéroclite. Le voir la même année jouer dans Oz et Spring Breakers, campant des personnages totalement différents et pourtant arriver dans les 2 à être des plus convainquant, c'est pas donner à tout le monde, et heureusement qu'on a Korine en directeur d'acteur derrière.
Les 4 filles quant à elles m'ont presque toute plu, presque parce Gomez est chiante, mais d'un chiant, déjà que son personnage m'énerve à un point tellement elle est là à faire un constat de ce qui arrive et à pleurnicher, mais aussi que Gomez arrive moins à se lâcher que ses camarades.
Il n'y a pas à dire Vanessa Hudgens et Ashley Benson arrive très bien à se démarquer de leur ancienne image de fille bien sage. Et pas la peine de parler de Rachel Korine, son nom de famille parle de lui même.
Spring Breakers est un peu un soft porn avec des allures psychédéliques des temps moderne. Et le soft est bien le point noir du film. Ca manque de sexe, mais de vrai sexe, du sexe cru, pas juste montrer 1 ou 2 nichons, déjà que ça on le voit au début du film, pour casser encore plus avec l'image du Spring Break il aurait fallu aller plus loin que du simple érotisme. Après tout Korine a co-écrit Ken Park, on aurait pu s'attendre à ça.
Et même sans aller dans les actes sexuelles non-simulé, montrer plus de scènes de sexe après l'arrivé de Alien, je pense par exemple à la scène où Franco suce des guns, qui déjà est une scène d'un superbe érotisme, mais pour moi elle ne devrait pas s'arrêter là, c'est impossible que ça s'arrête là, j'arrive même pas à le concevoir. Ca devrait continuer.
Enfin je critique, mais ça ne veut pas dire que ça m'a gâché le film. Nan j'ai adoré.
Spring Breakers est le genre de film qui restera gravé dans les mémoires, que ça soit par sa mise en scènes, sa photographie, son utilisation des musiques ou son récit sur la déchéance de la jeunesse.
8.5/10