Jai pas dit ça, tas pas compris mais c'est pas grave.
Bon il est à voir ou pas ce film ? ![]()
Oui assurément. Une écriture intelligente, des scènes superbes où l'on reconnait l'excellent job de Benoît Debie en directeur de la photographie. Des personnages avec une profondeur étonnante et des jolis boobs, et ça c'est cool.
Bon je vais le voir ce soir. ![]()
Oui il est bien, il peut ne pas te plaire mais ce n'est pas de la merde.
Je suis dans la salle, le film a pas commencé mais y'a que des filles je me sent un peu pervers du coup. ![]()
Ahahah, bon film ;)
Et voila, je l'ai vu, et c'est parti pour ma deuxième critique sur ce forum après celle d' Oz.
Alors tout d'abord, j'admets avoir un sentiment étrange, j'ai du mal à savoir si j'ai aimé ou non, car autant certains passages m'ont dégoûtés de par leurs clichés sur les jeunes, autant d'autres étaient vraiment fantastiques. Dans ma tête je passais de "quelle daube ce film" à "il est vraiment incroyable ce film".
Tout d'abord au rang des défauts, je mettrai l'immersion. Bizarrement, je ne pensais pas que ce film ferait partit de ceux dans lesquels je ne rentrerai pas. J'étais en effet constamment entre le film et la réalité, et non dans le film. Je ne ressentais rien, pas de peur, pas de joie, pas de tristesse, j'ai été un simple spectateur, tandis que par exemple, dans Oz, que j'ai vu avant hier, j'étais complètement immergé dans l'univers du film, et avant de les avoir vus, je pensais que ce serait l'inverse.
Ensuite, je trouve la VF juste affreuse, hideuse. Mon dieu à chaque fois qu'un personnage ouvrait sa bouche, c'était un calvaire pour moi, la voix de Franco on aurait dit celle d'un vieux qui voulait se la jouer cool ("yo moi j'suis un bad boy yo"). Et je ne parle meme pas des autres. Alors je ne sais pas encore si c'est du aux dialogues qui sont pourris, ou aux personnages vraiment clichés, ou si c'est bien du à la VF et uniquement à elle, mais je m'éclatais bien plus quand aucun personnage ne parlait.
Voila, je dirais que ce sont les seuls défauts qui m'ont gâchés du plaisir, j'en viens maintenant aux qualités.
Ce film est bien, comme je l'espérais, une vraie expérience. Bien que je n'ai pas pu m'immerger dedans comme je l'aurais voulu, j'ai été frappé par son originalité esthétique, son rythme, son montage. Déjà le film ne dure pas longtemps, mais du point de vue intérieur, quand on regarde le film, on à vraiment plus de notion de temps. Personnellement, j'ai eu l'impression que le film durait 2h30, alors qu'il durait bien moins longtemps, et ce fait de casser notre perception du temps, j'ai vraiment aimé, et cela est sans doute du au montage de ce film, vraiment réussi.
Car honnêtement, c'est la chose qui m'a le plus bluffé. J'avais lu de nombreuses critiques sur le fait que ce film ressemblait à un rêve, et j'admets que j'ai ressenti la même chose. Le montage est tellement "désordonné", tellement de scènes, d'images se mélangent, avec des voix off, avec du présent mélangé à du futur proche, puis à du passé, avec les couleurs, les lumières, bref, un rêve filmé. C'est clairement pour moi le gros point fort du film, Korine à réussi à filmer un rêvé, ou un souvenir, ou une hallucination, je ne sais pas ce que c'est, mais ça ne semblait pas réel, pas logique, et ça, j'ai adoré. C'est juste vraiment dommage que je ne sois pas totalement entré dans ce film, car j'aurais aimé avoir l'impression de rêver, plutôt que l'impression de voir un rêve filmé.
Pour ce qui est d'une éventuelle critique de la société, d'une analyse ou réflexion sur les jeunes aujourd'hui etc., je n'ai rien ressenti, on nous montre en gros des jeunes tellement blasés par la réalité, bien fade (on le voit avec les couleurs qui disparaissent presque totalement quand :spoil: Faith et l'autre qui est blessée rentrent chez elles :spoil: ) comparé au monde du Spring Break, et même à leurs aventures au cotés d'Alien. En gros, des jeunes qui cherchent à s'enfuir dans un monde faux, factice, dans un rêve, pour fuir une réalité fade et banale, bref, rien de bien révolutionnaire de ce coté, ce film ne m'a pas apporté une piste neuve de réflexion sur la jeunesse.
Je trouve donc que ce film est surtout intéressant pour son visuel, sa mise en scène, bref Harmony Korine à fait un travail majestueux, c'était mon premier film de lui, et je compte désormais me rattraper.
En début de critique, je disais ne pas savoir si j'aimais ou non, maintenant que je l'ai écrite, je dois admettre que oui.
7,5/10
Pour la question de la vf, je te le confirme, moi je l'ai vu en VO et ça passait très bien. Quand j'ai vu la BA en vf, j'ai fait caca un petit peu.
C'est clair, honnêtement je suis du genre (comme beaucoup de gens) à dire "il faut voir en VO, c'est quand même bien mieux, même si la VF reste relativement de qualité" mais ici, la VF est dégueulasse, et nuit réellement au plaisir du film, il faut impérativement le voir en VO, ce n'est pas juste mieux, c'est une nécessité.
La VF de Franco m'a partiellement pourri le film.
Mais j'ai préféré le voir en VF que ne pas le voir tout court.
"En début de critique, je disais ne pas savoir si j'aimais ou non, maintenant que je l'ai écrite, je dois admettre que oui."
Commencer une critique en ayant aucune idée de ce qu'on va dire par la suite : j'aime cet été d'esprit ! ![]()
Je préfère cet hiver d'esprit personnellement.
![]()
http://thelastpictureshow.over-blog.com/article-korine-harmonie-mortelle-116360119.html
La première fois que j’ai entendu parler de ce film, encore à l’état de projet un peu fou, ce fut par des fans de Korine. « Tu te rends compte, le mec qui a fait Gummo et Julien Donkey-boy va s’attaquer au Spring Break avec des héroïnes Disney ! » Eh bien non, tout ignorant que j’étais je ne me rendais pas compte, mais il faut avouer que l’idée même du film entre les mains d’un réalisateur doué et libre de ses choix était assez attrayante. Il était aussi évident que le marketing du film serait fourbe juste comme il faut, façon Drive, pour ratisser large quitte à décevoir (mais après tout les gens ont payé, même les parents qui emmenaient leurs chères têtes blondes voir leurs égéries Disney Channel au cinéma).
Ça n’a pas raté. Si la première bande-annonce se contentait de quelque chose de sobre et presque contemplatif, la seconde mettait le paquet pour ressembler le plus possible à un ersatz de Projet X, sur fond de basses ronflantes et de débauche « fun ». Ajoutons à ça les affiches joyeusement colorées avec pour seule citation presse «La température va monter d'un cran" par Première. Il devait vraiment être difficile de trouver plus intelligent et moins racoleur. Bref, je digresse, revenons au film. Comme beaucoup qui furent induits en erreur par la promo ou simplement curieux, j’ai découvert le réalisateur avec ce film, qui semblait être son plus accessible.
Tout dépendra de votre définition d’accessible, mais dans l’ensemble ça l’est, et ce fut d’ailleurs mon seul infime reproche au film, ne pas toujours pousser l’expérience jusqu’au bout, avec une légère impression de retenue. Forcément ça pourra choquer si on est habitué à des films relativement cadrés et structurés, mais la surprise de ceux qui ne s’attendaient pas à ça est loin d’un Tree of Life, par exemple.
Mais dès la scène d’introduction, impossible d’être trompé par la marchandise, presque tout ce qui va suivre est annoncé : un équilibre subtil entre racolage et approche frontale, entre dégoût et fascination, mais surtout entre simple constat et critique de la jeunesse actuelle, certainement ce qui fait le plus débat. Le côté « coquille vide » à première vue renforcé par l’utilisation de Skrillex en fond sur cette séquence (et il faut du talent pour que ça passe aussi bien que ça) n’est qu’un voile couvrant le second degré et le cynisme de ces ralentis dignes de mauvais clips de R’n’B. Sans chercher trop loin, on retrouve un peu le même regard qu’un Aja en plein Spring Break dans son Piranha 3D, même si la comparaison s’arrêtera là.
Une fois n’est pas coutume pour un film récent que je chronique, il est plus facile de parler de ressenti et de sensations que de décortiquer les différentes qualités (ou défauts) de l’œuvre en question. La photographie assez exceptionnelle se détache tout de même, pendant le film je pensais à un mélange entre celles de Noé et Lynch, et en effet c’était le directeur photo de Gaspard Noé, à savoir Benoît Debie, qui livre un boulot impressionnant. Pour les connaisseurs, j’ai eu la forte impression que l’oeuvre à laquelle cela me faisait le plus penser était le jeu indépendant Hotline Miami (que je conseille au passage), avec ses couleurs flashy toujours à la limite du mauvais goût, sa BO électro hypnotisante et ses délires à base de flashs troublants.
L’utilisation dès le début du film de phrases récurrentes en voix off, et de rechargement de fusil à pompe à chaque changement de séquence, instille un certain malaise, un sentiment de fatalité qui se confirme par les différentes étapes que vont rencontrer le groupe, une progression très similaire à celle qu’on peut rencontrer dans un film de gangsters plus classique (je ne spoile pas, il suffit d’avoir vu la tête de James Franco sur une affiche ou dans une bande-annonce pour s’en douter). Le film prend un virage logique à partir du moment où il rencontre le groupe de filles, lâchant un peu le Spring Break lui-même, sujet difficile à tenir sur 1h30, pour traiter de gangsters de pacotille. Il y a quelque chose d’assez fascinant à voir évoluer un Franco totalement dans son personnage, ridicule et touchant à la fois en blanc ayant grandi dans un quartier noir et ayant adopté tous les tics possibles pour s’intégrer.
La force du film reste surtout de raconter cette histoire qui tient sur un post-it de façon très détachée, en empilant des séquences plus ou moins contemplatives voire hors-sujet, sur fond de musique lancinante et de voix off qui se répètent, pour former un tout cohérent. Cette combinaison d’ellipses, de non-dits et de flash-backs permet de créer sur cette courte durée et avec des personnages qu’on connaîtra finalement peu un sentiment de nostalgie pour un instant précis dans lequel elles auraient aimé vivre, mais que l’on sait pertinemment condamné à être un fantasme.
La question de savoir si le film, et le réalisateur donc, porte un jugement acerbe ou non sur une certaine jeunesse actuelle qui ne sait pas où elle va se révèle peu à peu inintéressante à mon sens. D’une part, Korine a dit lui-même que ce n’était pas son but, d’une autre il semblerait plutôt que son film soit juste assez ouvert pour que chacun y voit ce qu’il veut.
La seule chose qui me semble importante en allant voir ce film est de savoir un minimum à quoi s’attendre un minimum (parents, nous le répétons, n’emmenez pas vos enfants voir Selena Gomez et Vanessa Hudgens) et ne pas emmerder vos voisins si ça ne vous intéresse pas. J’avais senti venir le coup façon Drive ou Tree of Life, mais rien à faire, la rangée de derrière qui s’interroge cinq minutes sur le fait que « eh mais le dealer c’est pas le type de Spiderman là ? » (OUI C'EST LUI), ça sort un peu du film. Sur ce coup de gueule gratuit, merci de m’avoir lu et si ça vous a donné un minimum envie foncez, vous ne verrez pas ça tous les jours au cinéma.
Une répétition pas jolie à "La seule chose qui me semble importante en allant voir ce film est de savoir un minimum à quoi s’attendre un minimum"
Chouette critique sinon, t'as pas envie de voir Gummo et JDB du coup ?
Euh le dernier "un minimum" était pas du tout intentionnel, merci
Et si je compte bien poursuivre !
J'ai lu la critique sur le blog c'est bien plus joli que sur CL avec les ? partout ![]()
Bonne critique, de tout ce que j'ai lu c'est la première fois que quelqu'un mentionne les fameux bruits de shotgun. Assez surprenant parce que ça m'avais pas mal marqué.
Il y a peut être un an de cela dans la shoutbox on avait fait un deal: je regarde Soy Cuba et toi Julien Donkey Boy (échange qui à bidé
)
Toujours partant ?
J'ai trouvé ça marquant aussi oui, c'est anxiogène !
Pour l'échange j'avais oublié, mais oui totalement partant
Après le festival pour ma part, mais je vais pas t'empêcher de voir le film.
Ah oui c'est vrai le festival
Tu avances avec tes deux films par jour ?
Je vais en mater un là
Si j'ai jusqu'à dimanche c'est bon, pas de souci.