Avec sa galerie d’accidentés de la route, accros au sexe, développant une obsession morbide pour la tôle froissée, le roman « Crash ! » ne pouvait que piquer la curiosité du cinéaste de la mutation des corps et de la fusion entre la chair et la machine. Excitante, en théorie, cette rencontre accouche, au final, d’un long-métrage bien peu passionnant, l’adaptation, pourtant rédigée par Cronenberg, en personne, réduisant l’ouvrage de J. G. Ballard à une enfilade de scènes de cul où s’encanaille une poignée de stars, désireuses de casser leur image. Entre deux coïts se glissent néanmoins quelques moments forts baignant dans une ambiance à la lisière du réel, à l’image de cet accident de la circulation que Vaughan (campé par un exceptionnel Elias Koteas) ne peut s’empêcher de mitrailler avec son appareil photo, nous rappelant qu’il y a à la barre, un grand réalisateur. Bien que plastiquement envoûtant, par moments, « Crash » n’a, au bout du compte, pas grand chose de l’œuvre majeure espérée, mais tout du film ouvertement provocateur, voir polémique, taillé pour choquer dans les festivals