"Et si maintenant tu n'arrives pas à comprendre que des films peuvent réussir à coller à ce que veut faire le réalisateur en ayant de références choisies pertinentes et d'autres non… Ben je ne peux rien pour toi. "
Il ne fallait y voire de la malice, je régissais simplement -et peut être un peu vite- à quelque chose qui me trouble beaucoup chez la communauté cinéphile, c'est à dire le rapport avec l'art et la création.
C'est peut-être ma vision très pragmatique des ressorts artistiques qui parle, mais il y a un certain complexe chez les ciné -philes comme -astes vis à vis de l'accouchement artistique qui contraste tellement avec la création littéraire qui semble toute de suite plus naturelle (établissement d'un propos, expression et construction des couches narratives/ d'interprétation par-dessus, tout ça de façon presque instinctive). Un élément singulier et éloquent là-dessus, est la séparation de la conception artistique et de la mise en image (ou de sa restriction à la mise en image), avec la transparence quasi-totale des scénaristes et le nombre inquiétant de transpositions d’œuvres littéraires ou théâtrales.
Peut-être que le médium, beaucoup plus affectif, utilisé par le cinéma y est pour quelque chose (difficulté à concevoir une œuvre comme l'expression d'une pensée plutôt que la construction d'un divertissement à partir de ressorts affectifs et techniques plus ou moins triviaux). Ou peut-être est-ce purement générationnel.