Comment pouvions-nous imaginer, en 1979, qu'un cinéaste français allait réaliser un film noir de la même virtuosité et de la même splendeur qu'un Melville. C'est quelque chose tout de même!
La première séquence, celle du générique, est plutôt étrange. Le personnage principal, interprété par un Patrick Dewaere flamboyant, mime différents instruments, au rythme de la musique sortant de sa station de radio, posé sur le capot de sa voiture. Nous avons ici un avant-goût du personnage de la fille de 15 ans, toujours silencieuse, mais émettant un son et une parole par ses différents actes. Et le personnage de cette fillette est, justement, captivant, en opposition à celui interprété par Patrick Dewaere, vendeur de porte-à-porte étant à l'opposé du qualificatif d' "introverti".
La réalité est constante, la noirceur aussi. Nous avons le droit à de grands instants de beauté, mais finissant en grands instants de noirceur, mais constituant tout au long du film de grands instants de vérité. Tel est la vie. Mais l'étrangeté emboîtera régulièrement le pas, par cette opposition comportemental (et pas que) des deux amants.
De nombreuses scènes sont marquantes; Nous pourrions parler de la première comme dit précédemment, mais aussi de celle de l'assassinat, les différentes conversations entre Patrick Dewaere et sa femme, ou avec son patron (incluant la dernière). Et je me rends compte au moment où j'écris ces lignes que les scènes de dialogues ont pu être d'une grande puissance. Grâce à la caméra de Corneau, et ses moyens de capter l'authenticité de l'émotion.