Je poursuis ma découverte du cinéma de Robert Bresson qui m’avait beaucoup touché avec Un condamné à mort s’est échappé. Et si sur la forme on assiste à quelque chose de relativement similaire ici, j’ai malheureusement été moins bouleversé ici malgré le fait que j’ai beaucoup aimé certains aspects de Pickpocket. Déjà je dois dire que ce film m’a happé d’entrée de jeu et que je n’ai pas décroché une seule minute tant il est fascinant. A l’image d’Un Condamné à mort s’est échappé, on retrouve ici une tension qui ne descend jamais réellement du fait que l’on suive incessamment ce personnage qui commet ses larcins au risque de se faire attraper à chaque scène. Et en ça la réalisation de Bresson est admirablement maîtrisée, toujours au cœur de l’action et avec un montage étonnant lors des vols de portefeuille. Un sacré sens de la mise en scène, tout en sobriété et en efficacité.
Le film aborde une quantité de thématiques notamment reliées à la misère humaine et à l’isolement social. Et il n’oublie jamais d’être lyrique et très beau bien que ça ne m’ait pas forcément chamboulé des masses. Le jeu (ou plutôt le non-jeu) des acteurs m’a convaincu mais ne m’a pas percuté émotionnellement. De ce fait je n’ai jamais été réellement touché par la relation entre le personnage principal et cette jeune fille malgré sa beauté et sa pureté. Je trouve que ce procédé de mise en scène rencontre quelques limites qui dressent finalement une frontière entre la scène et le spectateur, ce qui est bien dommage. Après cette diction particulière a par contre l’avantage de souligner les mots et leur puissance, ce qui peut les faire résonner dans nos têtes et rendre des passages marquants.
Je demeure toutefois légèrement déçu car j’aurais bien voulu être plus touché que ça, notamment par cette scène finale poétique au possible. En plus l’actrice avec son faux-air de Natalie Portman est juste magnifique avec un visage d’une pureté, d’une douceur… Capable de te faire tomber amoureux d’un simple regard. Et difficile d’y rester insensible de plus avec cette photographie somptueuse qui régale la rétine. Même si je n’ai pas adhéré à 100% au film, celui-ci m’a tout de même beaucoup plu et donné envie de continuer la filmographie de ce cher Robert qui avait une approche du cinéma aussi surprenante qu’intéressante.