" It was so beautiful I can't describe it ".
5/5
Je dis pas grand-chose de plus. C'est particulier ce film, il ne dure certes qu'une heure et vingt minutes, j'ai eu l'impression que ça a duré 3 fois moins longtemps. Alors soit c'est tellement bien qu'on ne voit pas le temps passer, soit ça ne " dit tellement rien " qu'on est toujours dans l'attente que ça dise quelque chose. Enfin, le film dit des choses, mais la manière dont il les dit est tellement discrète...j'ai eu l'impression qu'il ne cherchait pas à montrer ses actes, qu'il était à l'opposé d'une attitude ostentatoire. C'est d'autant plus touchant que tout paraît naturel et que le discours sur la mort, le deuil, les souvenirs, n'en prend que plus d'impact pour foudroyer le spectateur sur place.
La position de Huston paraît totalement scientifique et Gens de Dublin n'est rien d'autre qu'un film poético-anthropologique. Le réalisateur américain observe le moindre geste de ses personnages, leurs infimes réactions qui en disent beaucoup d'eux, et parvient par-dessus cette approche rigoureuse et plutôt froide à sublimer son film en lui conférant une poésie pure. La mise en scène est d'une élégance rare, tout en discrétion maîtrisée, et le fait que Gens de Dublin soit l'ultime film du cinéaste impressionne quand on constate l'humilité de Huston. On ne peut pas " juger " ce film sans penser à ce qu'il représente et à ce qu'il y a autour, sans lier ce qu'il se passe à l'écran et la carrière de Huston, et Gens de Dublin apparaît alors comme une sorte de testament, un film qui parce qu'il parle de la mort et du temps qui passe inexorablement ne fait rien d'autre que disserter sur lui-même.
5/5 donc, note quelque peu généreuse vu mon état de fatigue avancée au moment de voir le film, mais aussi à cause du contexte dans la carrière de Huston.