Personnellement j'ai beaucoup aimé ce film, même si il traîne un peu en longueur sur la fin.
Ce que j'ai apprécié par dessus tout, c'est ce basculement entre la première partie du film où Mussolini est incarné par un acteur, et la deuxième partie où non seulement il est remplacé par des images d'archives, mais où il est surtout remplacé par le film en lui-même, par sa mise en scène grandiloquente. A ce titre, la scène qui représente le mieux le film est celle où on voit un discours du duce, puis ce même discours interprété par son fils. La mise en scène découle de la personnalité du vrai Mussolini, amha.
C'est d'autant plus brillant que ce basculement s'insère parfaitement dans l'esprit global du film, mis en scène et monté comme un opéra (ie une succession de scènes qui nous font progresser pas à pas, plusieurs actes, et une omniprésence de la musique). Le montage est costaud, car mixer scènes jouées et images d'archives, sans compter que toutes les scènes qui se suivent ne sont pas explicitement liées entre elles, c'était pas gagné d'avance.
Etrangement, j'ai trouvé les prestations des acteurs ambivalentes: j'ai moyennement aimé Mussolini jeune mais adoré le fils, j'ai adoré Ida jeune mais moins une fois qu'elle est à l'asile. Mais je suis amoureux des yeux de Mezzogiorno et les acteurs sont une belle découverte pour moi. En plus, l'italien est une langue magnifique.
C'est dommage que j'ai eu une conjonctivite pile le jour où j'allais le voir, j'ai du détourner les yeux de l'écran plusieurs fois à cause des blancs un peu trop violents pour mes pauvres petits yeux, notamment dans les films d'archives.
Ca m'a empêché de profiter pleinement du film, mais même avec ça je trouve que Bellochio a fait parler toute son expérience et tout son talent, pas mal de scènes sont très belles et/ou très bien mises en scène et/ou très inventives.