Bizarre ce film. Un mélange de déception et de fascination, qui donne naissance à une expérience particulière. Déjà je trouve toute la partie " émotions " plutôt ratée, trop plate. Le personnage féminin est très beau, romantique, absolument sublime dans sa volonté d'aller au bout des choses. Mais ce qui est gênant c'est qu'on a l'impression que tout cela n'est pas très approfondi. Les séquences se suivent mais ne créent pas un ensemble cohérent et fort émotionnellement parlant. Vincere apparaît comme un film froid, trop distant du spectateur. Mais ses qualités parlent pour lui.
En second lieu - après le personnage principal et l'interprétation de Giovanna Mezzogiorno - une mise en scène audacieuse et surtout géniale dans sa première partie. Marco Bellochio s'inspire de l'opéra et propose de grandes idées de cinéma, qui stimulent constamment le spectateur. Il y a une richesse indéniable dans ce film, peut-être même une luxuriante profusion d'idées qui peut jouer contre lui : il y a tellement de choses, de discours, de propositions, qu'on ne peut certainement pas tout assimiler en une seule fois ( au mieux, c'est un bon prétexte pour le revoir ). Vincere est un gigantesque film qui en contient plusieurs autres : film historique, drame romantique, film sur la nature même de l'image et celle du cinéma, film politique, qui ausculte le fascisme...mais surtout Vincere apparaît d'abord comme un film de pure mise en scène, ce qui pourraît être péjoratif si le talent de Bellochio n'était pas sûr.
Le réalisateur italien se fait le chef d'orchestre d'une oeuvre dense et stimulante, mais malheureusement imbue d'elle-même, comme tout bon dictateur qui se respecte.
Et la musique est absolument formidable.
4/5
Ps : Giovanna Mezzogiorno est une beauté absolue 