"Car, dès la scène du procès une entreprise de déresponsabilisation des crimes commis par Hanna schmitz commence. Elle ne comprend pas ce qu'on lui reproche, et est illettrée. Puis à la fin, alors qu'elle apprend finalement à lire, elle se suicide et lègue son argent à la rescapée en signe de rédemption, ça y est, elle a compris. Et le fait qu'elle comprenne finalement, après avoir appris à lire, est encore plus grave. C'est une façon de dire "elle n'était pas en possession de tous ses moyens auparavant, elle a donc des circonstances atténuantes concernant les massacres auxquels elle à participé dans sa jeunesse".
Et on pourrait facilement y voir une déresponsabilisation des crimes nazis en général."
-Pas "en général". Peut-être une (amorce de) réflexion sur cette responsabilité : les soldats étaient-ils tous des bourreaux assoiffés de sang ? Ou alors des gens un peu simples et faciles à manipuler ? Bien entendu aujourd'hui que tout le monde sait que la Shoah a existé (à part une poignée d'abrutis), c'est "gnagnagna je suis pas d'accord tu pouvais pas faire semblant de pas savoir", mais j'aurais bien voulu nous y voir, si on nous avait dit qu'il y avait une usine à tuer des gens en bas de notre rue, je ne sais pas quelle aurait été notre réaction.
Le personnage d'Hannah est celui d'une femme fruste et manipulée (jusque par ses anciennes "collègues" au tribunal), elle ne comprend pas pourquoi on l'accuse d'avoir laissé les gens mourir dans l'incendie alors qu'elle n'a fait qu'obéir aux ordres, à savoir de "ne pas les laisser sortir". Était-il précisé qu'elles devaient rester en vie ? Ça paraît évident, mais ça ne l'est pas. Cette femme sans ressources s'est attachée à ces "ordres" qui étaient probablement la seule "vraie" responsabilité qu'on lui ait jamais accordée.