Le sujet était très sensible, casse gueule et c'est là finalement qu'est tout le problème.
Le film traite d'une gardienne SS pas comme les autres, illettrée et surtout qui ne comprend pas l'ampleur des meurtres auxquels elle a participé. Finalement la question qu'il faut se poser est, est-ce une bonne idée de parler d'une nazie pas comme les autres dans l'illustration des crimes nazis ?
Car, dès la scène du procès une entreprise de déresponsabilisation des crimes commis par Hanna schmitz commence. Elle ne comprend pas ce qu'on lui reproche, et est illettrée. Puis à la fin, alors qu'elle apprend finalement à lire, elle se suicide et lègue son argent à la rescapée en signe de rédemption, ça y est, elle a compris. Et le fait qu'elle comprenne finalement, après avoir appris à lire, est encore plus grave. C'est une façon de dire "elle n'était pas en possession de tous ses moyens auparavant, elle a donc des circonstances atténuantes concernant les massacres auxquels elle à participé dans sa jeunesse".
Et on pourrait facilement y voir une déresponsabilisation des crimes nazis en général.
A un moment un des étudiants demande "A quoi ça sert ?" en parlant du procès. Et un autre répond "A essayer de comprendre". Mais ce n'est pas en prenant Hanna Schmitz, un cas esseulé pour exemple qu'on arrivera à comprendre les crimes nazis ou qu'on synthétisera l'état d'esprit d'un SS à l'époque et c'est là tout le problème du film.
Finalement je pense qu'il y a dans le film un personnage qui résume bien tout ce qu'il y a à dire sur les crimes nazis. "Elles ont laissées 300 personnes brûler vivantes, qu'est ce qu'il y a d'autre à comprendre ?" (citation approximative).
Une remarque que j'ai trouvée très juste (ça résume bien ce que je dis en fait) sur le livre :
"product, conscious or not, of a desire to divert (attention) from the culpability of a normally educated population in a nation famed for Kultur."