je reviens du cinema et le film est magnifique
encore une tres belle musique
des moment qui donne des frisons
encore du grand Miyasaki
Après plusieurs années d'attente, le nouveau film de Miyazaki parvient enfin dans nos contrées lointaines. Comment émettre une critique raisonnable lorsque l'on vénère ce Dieu vivant de l'animation ? Y avait-il au final un réel enjeu en entrant dans la salle obscure ? Où tout était joué d'avance ? Pour ne rien cacher, l'enjeu était énorme. Il fallait réussir l'exploit d'ajouter un nouveau chef d'oeuvre à l'édifice déjà imposant construit par le cinéaste Japonais. Comment Miyazaki réussit-il un tour de force, ou plutôt, de poésie, à chacun de ses nouveaux films ? Le cinéaste se dope t-il ? On peut aussi se demander si le réalisateur n'a pas lui même connu un Totoro pour voisin au vu de son imagination débordante. Le tout sans jamais laisser une impression de redit, de répétition ou de facilité, tant sur le plan narratif que formel. Pour ne rien cacher, nous savions déjà, avant de pousser la porte du Cinéma, que ce film ne serait pas comme les autres. Que Ponyo risquait d'envoûter, d'enchanter. Oui, on le savait déjà... Miyazaki est un ensorceleur.
Le film s'ouvre sur un ballet aquatique qui, dès les premiers instants, séduit et émerveille par un véritable microcosme vivant d'une beauté stupéfiante. Miyazaki opte cette fois ci pour les pastels, et nous savions dès les premières minutes que ce choix était - encore une fois - judicieux. Les formes simples et arrondies alliées aux couleurs claires des pastels forment un tout cohérent et envoûtant. Rapidement, nous découvrons les aventures de la jeune Ponyo, assurément l'une des plus craquantes héroïnes de Miyazaki (les connaisseurs reconnaîtront l'exploit). Sa rencontre avec Sosuke, jeune enfant de 5 ans vivant sur une falaise au bord de la mer (comme le titre l'indique) plonge le spectateur dans une atmosphère joyeuse et insouciante. Cette rencontre particulièrement touchante demeure le pivot central du film. Mais afin d'éviter le spoil, je vais éviter de m'aventurer sur cette histoire.
L'intrigue se révèle en tout cas magnifique, comme pour les précédents films du cinéaste. Miyazaki a un don unique pour créer une sensation de plénitude chez les spectateurs que nous sommes. À travers ses oeuvres, nous redevenons enfants, le temps d'un court moment.
L'histoire mêle habilement poésie, messages chers au cinéaste (écologique avec la vue révoltante de ces fonds marrants souillés par la patte de l'Homme, pour la tolérance, pour la cause féminine entre autres), action et réflexion. À l'image de ses précédents films, Ponyo constitue d'abord un divertissement (redoutablement) intelligent pour les plus jeunes, un conte magnifique, ponctué de trouvailles visuelles et sonores impressionnantes. Mais il peut aussi représenter un objet habile de réflexion, de plaisir et de nostalgie pour les adultes. Miyazaki n'oublie personne, et pourtant ses films sont à l'exact opposé des superproductions destinées à séduire le plus large public possible. Ici, pas de discours démagogique ou simpliste, seulement une trame narrative exploitée de façon lumineuse et admirable.
Par ailleurs, le personnage de Ponyo résume à lui-seul l'approche de Miyazaki, notamment dans son refus de manichéisme. L'homme a beau être désigné comme un générateur de déséquilibres, il est aussi une somme indissociable de défauts et de qualités. Un discours très appréciable qui change des traditionnels rapports entre le Bien et le Mal présent dans la majorité des films Disney.
Comment ne pas évoquer en outre la très belle partition de Joe Hisaishi - cela n'étonne plus personne désormais, fidèle compagnon de route du cinéaste Japonais. Une fois de plus, Miyazaki utilise très intelligemment la musique, alternant moments de grâce et de poésie et moments de déluges titanesques (la scène d'une mer déchaînée, sur laquelle Ponyo semble courir plus vite que le vent est mémorable). À ce propos, les moments de pur enchantement ne manquent pas une fois de plus. Je n'en dirais pas plus pour ne rien gâcher au plaisir que ces courts instants provoquent.
Ponyo sur la falaise est d'autant plus touchant et bouleversant qu'il reste imparfait. Car il semble évident que le film n'atteint ni la grâce surréaliste du Voyage de Chihiro ou de Mon voisin Totoro, ni la dimension épique et apocalyptique de Nausicaä ou de Princesse Mononoké. Ses formes simplifiées le rendent à la fois beau et fragile, à l'image de la relation que vont nouer les deux enfants. Si le film offre ses moments de poésie et d'émerveillement, il ne rivalise pas avec les sommets poétiques et oniriques précédemment atteints dans les longs métrages du réalisateur. L'intrigue demeure elle aussi plus simple (quoi que, en apparence), ce qui ne manquera pas de la rendre lumineuse et réussie. Miyazaki a choisi de centrer son intrigue sur ces enfants, attirés l'un vers l'autre, au détriment d'une multitude de protagonistes variés et mystérieux (Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant). De fait, l'oeuvre perd en noirceur et en complexité. Enfin, on peut - en cherchant la petite bête - reprocher au film un démarrage un peu plus lent qu'à l'accoutumée, sans que cela devienne gênant.
Mais finalement, ces quelques défauts (qui peuvent aussi représenter des qualités) se révèlent assez dérisoires. Le film touche au plus profond car il nous fait revenir en enfance, avec des mains et un regard d'enfant de 5 ans. La fragilité de la relation entre Ponyo et Sosuke n'a d'égal que la beauté avec laquelle elle est traitée. Miyazaki parvient une fois de plus à nous émerveiller du premier au dernier plan, et nous faire ressentir un bouquet d'émotions différentes.
Ainsi, à défaut de constituer sur le papier l'un des films les plus ambitieux du cinéaste, celui ci se révèle être l'un de ses plus touchants, car l'un de ses plus personnels et accessibles. Miyazaki dresse une société sous marine d'une richesse fantastique et d'une beauté constante, doublée d'une histoire d'amour bouleversante de simplicité et de sincérité. Ses formes et ses couleurs, en perpétuelle mutation, constituent un hymne à la vie, à l'amour, au changement. Miyazaki ne manque pas d'ancrer son récit et ses péripéties dans le contexte actuel (le Tsunami notamment). Son histoire reste à la fois hors du temps et très proche de nous. Ce qui permet une fois de plus d'amener le spectateur à engager une réflexion sur ce qu'il voit, ce qu'il entend.
À tous les niveaux, le résultat est d'une cohérence inouïe. Le cinéaste revisite son univers et les thèmes qui lui sont chers tout en sachant se renouveler suffisamment pour émerveiller et surprendre le spectateur. Si certaines scènes donnent parfois l'étrange impression de déjà vu (la scène du tunnel, rappelant une scène quasi similaire du Voyage de Chihiro), le film ne demeure pas moins bien différent de ses prédécesseurs, donnant l'agréable sensation d'une bulle d'oxygène, d'une bouffée d'air frais. Et dans le paysage cinématographique actuel, sans cesse dominé et rythmé par l'appât du gain, la surenchère visuelle et sonore ainsi que le soucis de réalisme et de perfection (à l'exception d'une poignée de films), Ponyo fait office d'eau de vie, de machine animée productrice de bonheur et de sourires.
Alors, si Ponyo ne réinvente pas le monde ni le Cinéma, s'il n'offre pas son lot de batailles épiques ou d'effets stylistiques employés sans concession dans la majorité des films actuels, il offre néanmoins 1h41 de bonheur à l'état brut. Bonheur enivrant et revigorant que très peu savent aujourd'hui donner, sans rien en retour. Un moment de poésie, perdu dans l'écume des vagues à travers le regard de deux enfants.
Et s'il existe un artiste capable de faire avaler ainsi une pilule salvatrice à des spectateurs traumatisés, il tient proprement du génie, c’est Miyazaki.
Note : 9 / 10.
vous conseillez de le voir en VOST ou en VF ?
Je ne sait pas pour la VOST mais la VF est très bonne en tout cas, les voix attachantes.
Moi je préfère le voir en VOST. Mais les Ghibli sont très biens doublés !
J'espère ne pas me faire lapider si je dis n'avoir vu aucun film de lui, mais en tout cas la critique de resolution donne foutrement envie ![]()
resolution ? ![]()
Ahem j'étais fatigué
Non ta sublime critique bien sûr ^^
enfin une bonne critique bien longue.
je l'ai vu hier…
c'était tout simplement magnifique, les 2heures du film, on en aurait dit 1h20 (c'est pour dire) on a juste envie de dire "encore une fois" sublime…
je dirai que dans le même registre Totoro est un peu meilleur, mais ça se joue pas à grand chose, c'est le genre de film "pour enfant" qui n'en est absolument pas, où l'on ressent vraiment les émotions, c'est beau, simple…
Ça va incité leprod encore plus. ![]()
N'étant pas de nature très loquace et ne sachant parler d'art, je vais juste vous dire que ce film m'a rempli de sourires et de rires.
Pour ceux qui l'ont vu, spoiler
J'ai juste trouvé chiant les passages avec la déesse des mers. En gros, les moments où le film se prend un peu la tête.
Je ne reproche pas à Miyazaki cela, mais je pense que ça dénote d'un manque d'inspiration évident...Après, lorsque l'on voit tout ce qu'il nous offre, je ne crache vraiment pas dessus, c'est juste une remarque.
Bye.
Chattur-gha
=>
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c'est ce que reproche aussi les cahier du cinéma à Ponyo, le manque d'inspiration de sa déesse que ça vaut pas mononoké ou totoro…
par contre de là à les trouver chiant…
Bah, disons que ce sont vraiment les passages qui sont en-dessous du reste. Ce n'est, à mon avis, vraiment pas terrible...Jolis aux traits et aux couleurs, mais avec un manque de profondeur qu'on ne devrait pas trouver dans l'incarnation de l'Océan, je pense ! ^^
Bon, après, je chipote. J'ai adoré le dessin animé et ce ne sont pas ces quelques passages que j'ai ressentis comme "des cheveux sur la soupe" (un peu) qui m'ont gâché le film.^^
C'est juste qu'à ces moments-là, j'ai tiqué, soit pour les conversations, soit pour un certain côté trop facile (à la limite de la niaiserie, presque !)...
"Chiant" n'était pas le bon mot, tu as bien fait d'me le faire remarquer !
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le truc c'est que c'est pas niais, c'est beau, simple, candide, pur… mais ça tombe jamais dans la niaiserie… ça aurait été super niais avec un autre réalisateur qui en aurait fait des tonnes mais là j'ai trouvé que c'était juste parfait… jamais trop, jamais pas assez…
c'est quoi les passages cheveux dans la soupe à par ce que tu as déjà décris ?
parce que franchement à par ce passage dont on a déjà parlé je ne vois rien et vraiment rien que l'on puisse critiquer
A mes yeux, même si j'adore les Miyazaki, je trouve que certains passages sont un peu niais.
En toute honnêteté, je suis incapable de comprendre totalement les oeuvres d'un artiste. Je ne m'en estime pas capable et je vois l'art à ma manière, faisant de ma position de spectateur celle de l'artiste qui appréhende, comprend et ressent.
Je vais spoiler un petit peu...
L'arrivée de la Déesse des Mers, je trouve ça simplement sans inspiration. La seule exclamation qui m'est venue, c'est "Mouais...". J'aimais juste l'idée que Ponyo (et les autres poissons rouges) en était sa fille. J'ai trouvé la conversation euh...Fujimoto/Déesse des mers vraiment, vraiment ridicule. J'avais l'impression que c'était là parce que Miyazaki n'avait pas trouvé mieux...De même, vers la fin, la discussion Lisa/Déesse (on ne la suit pas, mais elle est présente...Ca sonne faux à mon oreille)...
Miyazaki n'en fait pas trop, il sait se modérer...c'est juste que j'ai l'impression qu'il n'avait vraiment pas de meilleure idée, alors, il a pris ça.
Après, je n'ai pas totalement compris le film, ni ses personnages, peut-être. (Mais à part l'amour possessif d'un père, est-ce qu'il y a des sentiments cachés ? On peut en trouver, certes, mais sont-ils volontairement inscrits dans l'oeuvre, ou non ?)
Aussi, j'ai dit "à la limite de la niaiserie" et "un peu trop facile".
Miyazaki, j'adore, mais je ne peux décemment pas me jeter corps et âme dans ce qu'il fait. Y'a des trucs auxquels je n'ai pas spécialement adhérés (et que je t'ai cités, entre autres) et j'en suis bien content, d'ailleurs. N'empêche, je vais aller le voir en VOST et peut-être le comprendrai-je mieux, mais j'ai des doutes quant à mes appréciations futures.
Pour ma part, Miyazaki n'a rien d'un dieu. Ce n'est qu'un homme qui rêve et qui parfois, aussi...ne rêve pas.
Trop trop bien ce film
Mais je trouve pas que ce soit l'héroïne de Miyazaki la plus craquante.
Je reste sur la petite de Mon Voisin Totoro.
Je ne trouve pas également que ce soit la plus craquante.
Meï (Mon Voisin Totoro) et Kiki le sont encore plus. ![]()
Meï (Mon Voisin Totoro) et Kiki le sont encore plus.
=>ouais kiki
et son chat… et le petit garçon…
ce qui est génial c'est que c'est pur comme amour, c'est pas perverti ni rien… c'est l'innocence
(oui, grand habitué du forum musique, j'ai décidé de passer aussi sur le forum cinéma que je suis un peu sans y participer).
L'amour platonique est de toute façon une constante chez Miyazaki. Chacun de ses films ou presque (de ceux que j'ai vu, il me manque Kiki et Nausicaä + ceux non distribués en France) est orienté autour d'une histoire d'amour sans aucune évocation du côté charnel.
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Si ce n'est dans Le Chateau Ambulant qui voit apparaître le premier baiser que j'ai vu dans un film de Miyazaki. On pourra imputer ça au jeune âge de ses couples de héros (Ponyo/Sôsuke, Shiita/Pazu, Chihiro/Haku, etc), mais c'est aussi une vision de l'amour particulière.
Concernant l'inspiration, la tendance générale de Miyazaki a changé depuis Chihiro, plus de forme au détriment du fond. Le Château Ambulant par exemple, qui est d'une splendeur visuelle absolue mais avec des faiblesses scénaristiques et des personnages (comme à l'accoutumée très ambigus et non manichéens) mais avec moins de finesse que d'habitude (on n'aura probablement plus de personnage tel que Dame Eboshi). Mais qu'importe, la forme est si importante qu'elle avale tout le reste, et des films d'une telle densité visuelle que Chihiro ou Le Château Ambulant auraient presque pâti d'un scénario où chaque élément est chargé d'une signification ou d'une symbolique particulière (voir Mononoké). Les films récents de Miyazaki sont plus gratuits, mais il s'en acommode si bien qu'on ne saurait lui reprocher.