Il faudra vraiment qu'on m'explique ce qu'il y a de bien dans "Mad Movies" ... Des journaux centrés sur le genre étaient salutaires lorsque le genre était méprisé par les studios, lorsqu'on parlait de série B / Z. Aujourd'hui, c'est devenu la série A, la norme, il suffit pour cela de voir tous les films de super-héros. On est loin du temps où le genre était subversif.
Aujourd'hui "Mad Movies" se veut dans la marge mais est finalement quelque chose d'on ne peut plus banal. Ils aiment "Underworld 2" et ne sont pas capables de reconnaître un grand film de genre, et n'ont retenu du cinéma d'Argento ou de Romero que la surface, c'est à dire le gore et les éclairages baroques. Bien sûr, ils savent que "Zombie" et "La nuit des morts-vivants" sont de grands films virulents contre l'Amérique de l'époque, mais ils ne savent pas dire pourquoi. La preuve : ils trouvent un film comme "Frontières" engagé. Parce que "Frontières" surligne à la truelle un sous-texte engagé. Comme Romero. Ils n'ont rien compris. Ils n'ont pas compris que le zombie est par nature subversif. Enfin bref, je pourrais en parler très longtemps.
Le problème c'est que ces rédacteurs n'ont aucune cinéphilie. Idem pour ceux qui font du cinéma de genre aujourd'hui. Ils n'ont aucune ouverture. Ils revendiquent leur amour pour Carpenter et Argento, soit, moi aussi. Mais ils ne vont pas voir vers Bresson ou Resnais. Les grands maîtres du genre n'ont pas eu une cinéphilie de genre, vu qu'il était moribond dans leur jeunesse. Prenons Argento : son film préféré est "L'année dernière à Marienbad" d'Alain Resnais (chef d'oeuvre absolu - c'est aussi le film préféré de Peckinpah !). On est loin du film d'horreur ... Le cinéma de genre est condamné à tourner en rond et à copier les anciens, à ce rythme ... Les vrais films de genre de ces dernières années ont été faits par des réalisateurs pas enfermés dans ce milieu (Gaspar Noé, Philippe Grandrieux, Claire Denis, etc.)
Bref "Mad Movies" s'enferme à la fois dans un mouvement bêtement nostalgique et dans un mouvement pour plaire aux ados boutonneux (il suffit pour cela de faire attention au style, ou plutôt au non-style ; des articles pareils sur un forum, d'accord, dans un journal, non, je supporte pas ces expressions débiles pour faire djeuns). Un torchon qui fait honte au genre !