"The Shining" (1980), du talentueux cinéaste tragique Stanley Kubrick. Même s'il ne se classifie pas vraiment intégralement dans le genre de l'épouvante cinématographique, il demeure comme un véritable chef-d'oeuvre du suspense. Enigmatique, labyrinthique et affolant de terreur progressive, le réalisateur a choisit une oeuvre littéraire phare du romancier Stephen King, mais le métamorphose à sa propre idée, sa propre vision. Pour transmettre son véritable message avec une plus grande question et conclusion finale. C'est l'étude intime et personnelle d'un écrivain malade, incompris, en crise de créativité, s'isolant dans les coins sombres du monde. Puis, soudainement, avec une réaction irraisonnée mais surnaturelle, tente d'assassiner sa femme et son fils.
Kubrick joue avec le spectateur en donnant un théatre de folie immense et d'une très grande intensité, comme les espaces et les lieues diaboliques utilisés. Il prolonge le mythe de Frankenstein : la machine se retournant contre son créateur, ainsi que celui de Dracula, la possession abstraite et intimidante de la psychologie du personnage principal. Les plans, thermo-guidés et centrés sur les interprètes, partagent et cadrent les abîmes interminables qui les entourent. L'image de l'homme au plus bas de son image. La frayeur est donc mentale, et la tragédie est préprogrammée directement depuis son initiation, avec une séquence introductive quotidienne et simple, mais la musique effrayante et mécanique lui donne un sens : un vrai sentiment de regret et de dérangement.
Ce film m'a provoqué de réelles sueurs froides. Moi, qui est un habitué des films horrifiques, pour moi, c'est le seul à m'avoir vraiment fait peur. L'horreur pas maladroite, mais dérangeante, à la manière d'un "Silent Hill".