Le cameo de Dreyfuss est assez décevant
je poste ma critique, sorry
Deux ans apres le regardable mais plus que dispensable Mirrors, Alexandre Aja revient pour son troisieme remake d’affilé. Apres avoir atomisé le survival avec la bombe « La Colline A Des Yeux », s’etre legerement rammassé avec Mirrors, dont la belle photographie ne rendait pas invisible le scénario trop léger achevé par un final bing bing, le bonhomme signe cette fois le remake du petit classique de 1978 réalisé par Joe Dante, à savoir Pirahna. Mais à force de signer remake sur remake, notre petit frenchie ne risquait il pas de se prendre l’étiquette du « copieur » ou pire encore, de boire la tasse ?
Autant le dire tout de suite, si Aja s’en sort avec honneur avec Pirahna 3D, il n’est pas aussi bon que Joe Dante. Le film originel du papa de Gremlins, comme tout l’ensemble de son œuvre, était une bande rigolote, sympathique,doté d’un humour noir, parfois cruel (ce moniteur de colonie de vacances, sadique envers les enfants, mais juste d’apparence, il suffit de voir comment il tente de sauver un enfant de l’attaque des poissons voraces, gosse qui mourra cependant dans ses bras) et surtout qui cachait en fait une certaine critique de la Guerre du Vietnam, comparant les monstres génétiquement modifiés par l’armée dévorant les « gentils » à la propre armée americaine deferlant sur les vietcongs sans aucune morale. Des themes politique qui sont donc chers à Dante (L’opposition Gauche/Droite dans Gremlins, l’absurdité de la guerre en Irak dans son épisode Vote ou Creve de l’anthologie Masters Of Horror, etc)
Hors Aja met de coté cet aspect pour le moins sombre du film, et nous livre une sorte de gros foutoir délirant, à base de boobs, de gore à gogo, de répliques cul cul, d’attaques massives de poissons voraces, de gags débilos-hilarants, et le tout en relief s’il vous plait !
Y a-t-il un pecheur pour récupérer le scénariste ?
Mais derrière tout ces superlatifs pour le moins réjouissants, Aja oublie le principal. Autant avoir de supers idées capable de faire baver l’amateur de films d’horreurs déconnants peut etre un excellent début, autant faut il avoir un bon matériel sur le papier. Contrairement à un certain Kitamura qui savait ce qui faisait avec Midnight Meat Train, une pure folie visuelle mais avec un scénario digne de ce nom, Aja raconte son histoire…. comme on a pu le voir un milier de fois au cinéma, ou dans les Z qui passent sur TNT.
On commence gentiment avec un pré génerique, un prologue avec un vieux péquenaud soulot qui peche (interprété par Richard Dreyfuss, dans un role hommage aux Dents de La Mer (le premier, le seul, l’unique)), un tremblement de terre, OH !, des pirahnas qui bouffent le monsieur, OH ! le titre qui s’affiche OH ! une main écharpé qui sort de l’eau pour appellé à l’aide OH ! Gros Son qui balance grave ! OH ! presentation cash des persos en 1min30 chrono OH ! sans oublier les gros plans sur les fesses des figurantes et je vous en passe des meilleurs…
Le scenario du film déçoit clairement d’emblée, trop prévisible, trop bidon, on sait parfois ce qui va se passer 3minutes à l’avance… A croire qu’hormis La Colline A Des Yeux, dont l’histoire bourré de rebondissements et de revirement de situations, Aja gere mal ses scénarios, suffit de voir le twist de Haute Tension (un film bien de nos contrées) ou le script poussif de Mirrors, qui a bien fait bailler l’auteur de ces lignes durant la salle, entre une scene d’arrachage de machoire (trop lol) et des apparitions de ghosts bien Z (trop flippant le coup de la téloche !)
Mais l’ami Alexandre sait cependant choisir ses acteurs, et ceux-ci parviennent à faire vraiment vivre leurs personnages, ils sont tous terriblement attachants, et parfois, en voir certains passer de vie à trépas laissent un arriere petit gout amer dans la bouche (désolé je l’aimais bien moi le scientifique noir qui raconte plein de métaphore sexuel avec sa collegue !)
Et pour le coup, le réalisateur s’est entouré de diverses « stars « pour faire des caméos innatendus et souvent fructifs : Outre divers porns stars que certains doivent connaître, on y trouve donc le déjà cité Richard Dreyfuss) le genial Eli Roth (réalisateur de Cabin Fever, de Hostel I & II, et interprete de « L’Ours Juif », le « batard » à la batte d’Inglourious Basterds) dans la peau d’un présentateur de concours de tshirt mouillés, le grand Christopher Lloyd (le doc de la trilogie Retour Vers Le Futur) dans le role de l’expert des bestiaux marins (capable de remarquer que les pirahnas n’ont pas d’organes de reproductions, il est fort le mec serieux…)… D’ailleurs, il serait peut etre temps de parler des vrais stars du film, ceux pour lesquels on a dépensés 10 euros !
A suivre 