Ils ont réussi quelque chose de très fort, dans ce film.
Réduire la licence Ghost in the Shell (qui n'est jamais passée en dessous de l'excellence) au stade de complètement anecdotique.
Pris de manière indépendante, le film n'est pas si naze. Il est juste complètement anecdotique, avec un scénario déjà vu 200 fois, des tropes purement hollywoodiennes et une DA honorable. Le genre de truc dont on oublie les évènements quinze minutes après le défilement des crédits.
En tant qu'adaptation, c'est par contre un ratage absolu.
Le film est complètement à côté de ses pompes.
Sanders préfère consacrer la bonne moitié de son temps à enchainer les plans iconiques sortis des films d'Oshii (et j'en ai repéré deux ou trois provenant de la série de Kamiyama) en retirant tout leur sens et leur build-up, les ralentis dégueulasses (y a largement de quoi faire un magnifique jeu à boire avec ça) et a vraisemblablement l'air de penser que ça suffit pour en faire quelque chose de réussi, et commet l'immense erreur de conférer une origin story à Kusanagi, retirant alors soigneusement tout semblant d'iconisation dès le début du film.
Niveau écriture, c'est pas mieux. Le scénario est complètement à côté de ses pompes et loupe soigneusement ce qui fait l'essence de Ghost in the Shell en préférant passer par la méchante entreprise ultra Hollywoodienne et l'histoire d'amour complètement pétée avec une thématique qui est plus dite que suggérée ou montrée. (Ce qui est normal, toutes les scènes reprises d'Oshii n'ont aucun rapport thématiquement parlant)
Puis arrivé à la moitié du film on comprend l'immense tour de force méta du truc.
Ce film en fait, c'est la mort de Ghost in the Shell, et la mort de son héroïne iconique pour donner un film complètement dépourvu de Ghost. Une coquille sans âme dans lequel se mélangent bodysuit couleur peau, invraisemblances, ralentis dégueulasses mis partout pour rien, une section d'élite composée de 4 personnes et demi, Takeshi Kitano qui n'en a rien à branler et qui répond en japonais à des anglais, et un manque de cohérence absolu dans les choix d'adaptations. (Quel est l'intérêt d'avoir choisi de prendre Kuze pour retirer toute la dimension politique et sociale du personnage ?)