A propos de Barry Lyndon :
"Comme jadis, il cherche à impressionner par la seule magnificence de ses tableaux, il se contente de photographier des objets d'art. La pièce pleine d'antiquités à la fin de 2001 : c'est là peut être où il veut qu'atterrisse sa propre machine à remonter le temps. Kubrick semble fasciné par la splendeur froide de ces grands manoirs, avec leurs riches intérieurs et leurs vues panoramiques. Les personnages sont corrompus de manière répugnante, mais le décor dans lequel ils évoluent fait l'objet d'un traitement plein de désir et de révérence. Le cinéaste pense simplement que ces gens n'en sont pas dignes. La vraie star du film, c'est l'habitat aristocratique. (...)
Ceux qui partagent la morale de Kubrick, selon laquelle les humains sont dégoûtants mais les choses exquises, s'y retrouveront certainement. Son oeuvre a toujours tendu vers plus de déshumanisation. Quand Barry et lady Lyndon s'adonnent à une cour on ne peut plus austère, puis se marient, cérémonie tellement inanimée qu'on croirait un arrêt sur image, le metteur en scène semble avoir enfin atteint son objectif : marier des robots."
(Pauline Keal, toujours)