Resococo posté le 4 décembre
" A part Lost j'ai pas vu de séries dramatique (enfin la première saison de Twin Peaks mais
faut que je le recommence).
Un film (sauf lorsque c'est Godard qui fait semblant qu'il improvise derrière la caméra) lorsqu'il est bon le réalisateur sait scénaristiquement où il va. Et je pense que plus un film est bref et concis meilleur il est (enfin il y a des exceptions), je vais prendre Lost par exemple, je ne vais pas parler de ce que je connais pas, mais les mecs ne savent pas où ils vont, cliffhanger sur cliffhanger etc. "
Ouais bon ne mate jamais 24 alors, tu dirais la même chose 
Sauf que c'est pas de l'improvisation non plus, et que ça peut pas en être. Tu fais pas 20 épisodes en ne sachant pas où tu vas. C'est juste la méthode d'écriture qui diffère puisque le résultat final va de 2H pour un film à une quinzaine d'heures pour une série. Mais sincèrement, et comme l'a dit The Go, tu peux pas dire ça de Mad Men ou de The Wire. Mais limite on s'en fout de comment c'est fait non ? L'important c'est ce qu'on voit, pas le making-of.
" Que tu mettes des moments d'intensités dans un film oui totalement, mais la suite tombe tout de suite, il n'y a pas cet effet pervers du "on va te faire attendre". Du coup ça permet aux bons films de se recentrer sur l'essentiel et d'éliminer le superflu. "
Bon tu le dis toi-même, à ta décharge tu n'as vu que Lost, donc difficile d'être plus global. Je pense, je l'espère, que tu changeras d'avis en découvrant Mad Men, The Shield, Six Feet Under, puisque ce sont des séries qui n'ont pas cet effet pervers que tu décris.
" Mais lorsque tu fais un film le réal sait quels sont les thèmes, ce qu'il va faire, etc. "
Pareil pour les créateurs de 24, Dexter...
" Bresson lorsqu'il filme Jeanne D'arc ou Mouchette il sait exactement où il va et comment il y va.
Et surtout le film soigne la mise en scène et lui accorde une signifiance. Le début de Citizen Kane avec le "no trepassing" et la caméra qui le franchi, il y a un sens à ce mouvement de caméra, les plongés contre plongés ont un sens etc. (pas partout je te l'accorde et c'est malheureux, j'ai de plus en plus de mal à supporter le beau pour faire du beau). "
Oui là c'est indéniable, la forme est plus affaire du septième art que des séries. Seulement - c'est personnel - je préfère une série mise en scène sans génie mais correctement, et qui développe profondément son discours, ses personnages, les relations entre ces derniers, plutôt qu'un film au travail formel cohérent qui établit à lui seul un propos sur l'univers qu'il met en scène. Ceci dit on a tendance à oublier que la mise en scène est aussi une mise en rythme, et donc de montage. Et dans 24, The Shield, Mad Men, le rythme est super important dans l'impression laissée au spectateur. Et puis la mise en scène dans ces séries est quand même pertinente et brillante ( la caméra épaule dans les premières, un raffinement très élégant dans la dernière ).
" Alors oui une série, je suis content aussi de retrouver Steve Carell dans the Office ou Tina Fey dans 30 Rock (par exemple), mais ça manque d'unité. Et je pense que c'est important. "
D'unité ? Dans quel sens ?
" J'aime que l'artiste sache exactement où il va. à part peut-être en peinture où encore une fois voir Picasso galérer à trouver l'équilibre de son tableau dans le mystère Picasso de Clouzot a quelque chose de profond. "
Mais comment tu peux savoir que l'artiste sait où il va ? Comment tu le perçois à l'écran autrement que par des a priori non-fondés ?
" Et je trouve qu'un réalisateur a d'autant plus de mérite de faire exister un personnage sur 2h et de le faire bien, que de le faire exister sur 5 saisons, là on peut bien s'attendre à ce qu'il soit un brin développé. "
Sauf que ça n'est pas la même chose, c'est tout simplement incomparable. C'est comme si tu disais à un athlète qui participe au 1500 mètres " Eh mais tu sais que tu peux courir sur 100 mètres, ça ira plus vite ". Ca ne nous viendrait pas à l'idée de vouloir Pierrot le fou en série, ça dénaturerait l'oeuvre ( ou alors, il faudrait la penser autrement ). De même que pour Six Feet Under en film. Je veux dire, ça pourrait marcher, mais si ça n'est pas la volonté de son créateur, la question ne se pose même pas.
" C'est peut-être pas pour rien qu'en ce moment je ne lis que des pièces de théâtre, car dans la pièce le personnage doit exister en 1h30 de spectacle tout en développant une intrigue, soignant la forme etc. "
C'est parce que tu recherches ça. Mais tu peux pas demander à une série de devoir se calquer sur ce format. Toi tu préfères un récit condensé, d'autres préfèrent la longueur. Je les comprends 